Lundi 1er octobre

Première – et espérons unique – visite chez le médecin. J’aime beaucoup mon médecin traitant, et c’est peu de le dire. De tous ceux que j’ai vu depuis que je suis entré dans la profession, il est le seul à ne pas chercher à être un “médecin de prof”.

Je m’explique.

Comme vous le savez, le boulot de prof est à l’origine de bien des fantasmes. Et, dans mon expérience d’enseignant, je me suis rendu compte que c’est souvent le cas aussi pour le corps médical. Ainsi vous avez :

– Le médecin plein de sollicitude, sponsorisé par BFM :
“Vous êtes sûr que vous allez bien ? Certain ? La nuit vous dormez bien ? Je vais vous donner de l’euphytose.
– Euh non, mais ça va je…
– Si si si, je veux dire vous enseignez… là-bas (là-bas = au-delà du périphérique, autrement dit dans le Mordor), vous devez vous sentir mal, à vous faire insulter, voler… et encore vous n’êtes pas une femme !
– Non mais vraiment je vais bien, je…
– Allez, un peu de Lexomil aussi. Vous avez déjà entendu parler de La Verrière ?”

– Le parent d’élève :
“Et alors là, la prof de musique de ma fille, elle s’entête à la faire chanter ! Non, parce qu’il faut comprendre que ma fille, ça a toujours été un souci, l’expression orale, alors le chant… euh vous veniez pourquoi déjà ?
– J’ai avalé un couteau à huître et il ressort, là.
– Oui, donc, je dis à cette dame, “il est hors de question que…” vous m’écoutez ? Dites-moi si je vous ennuie !”

– Le suspicieux, aussi sponsorisé par BFM :
“… et donc, vous avez une laryngite depuis trois jours ?
– …
– Bon écoutez, je ne dirais rien quant au fait que vous soyiez venu un jour de travail – de toutes façons vous êtes déjà assez puni avec votre jour de carence, oh oh oh – mais vous ne me direz pas que demain, après un thé au miel, vous ne pourrez pas retourner au travail !
– … !
– Oh je vous en prie, vous n’avez qu’à leur donner du travail écrit, ne me dites pas que c’est compliqué !
– …
– De toutes façons, une laryngite, une laryngite… Me dites pas que vous avez attrapé ça dans votre établissement chauffé avec nos impôts, ce ne serait pas plutôt en allant faire une fois de plus la fête ?”

Autant dire que ouais, mon toubib je le garde… Et que j’espère revenir demain, pour de nouvelles aventures !