
Hier, j’ai appris à une élève de quatrième – que je connais depuis la cinquième, et qui est loin d’être mauvaise en français – que la terre tourne autour du soleil et sur elle-même. « Mais c’est pas la nuit en même temps, tout le temps, pour tous ? »
C’est marrant comme on change.
Aujourd’hui, quand un élève sort une dinguerie, je m’autorise à en rire intérieurement, et à en parler avec mes proches. Il y a quelques années, je me refusais ne serait-ce que d’y prêter attention, et encore avant, je postais des perles d’élèves sur twitter. Je regarde ces réactions, parfois, comme celles d’une autre personne. Donc oui. Ils ont des réactions, des ignorances totalement incongrues. Alarmantes ? Sans doute. Mais pour lesquelles je me suis trouvé une explication.
Celle de l’univers mental.
J’ai grandi dans un milieu relativement privilégié culturellement et économiquement. Toutes les évidences que l’on m’a apprises sur le monde qui m’entoure, elles sont arrivées soutenues par des illustrations, des histoires, des conversations. J’étais en disponibilité de les accueillir, d’y réfléchir et de les intégrer.
Je pense que pour des raisons très diverses, selon la sociologie et le contexte de vie actuel, cette disponibilité peut être extrêmement réduite, chez beaucoup d’élèves. L’étonnement d’Yvana, lorsque j’ai fait un schéma du système solaire au tableau, m’a rassuré. J’essaye de me dire qu’il montrait que, justement, les portes étaient ouvertes pour qu’elle intègre correctement l’information. Je l’espère, en tout cas. Mais combien d’univers, combien d’angles morts, chez celles et ceux à qui l’on enseigne quotidiennement ?







