
Les quatrièmes sont partis en voyage en compagnie d’Usbek et Rica. Avec les deux Persans de Montesquieu, ils se sont moqués des parisiens, et se gaussent désormais des caprices de la mode. Que j’ai accompagnés, c’est mon petit plaisir personnel, de la scène du bleu céruléen du Diable s’habille en Prada.
C’est le moment de l’année où les classes deviennent, faute d’un meilleur terme, patinées. Les mômes ont fini par comprendre comment fonctionnent la plupart de leurs enseignants, les bons comme les mauvais côtés. Ils savent qu’en français, ça commencera toujours par des bredouillements bizarres qui, petit à petit prendront sens. Pour certains, ça a été une joie toute l’année, pour d’autres, une vraie torture de suivre les méandres alambiqués.
Aujourd’hui, ils comprennent. Celles qui, d’emblée motivées, suivent déjà en demandant aux autres, qui bavardent un peu, de se taire. Ceux qui patientent, en attendant de pouvoir intervenir, ou de comprendre ou mène ce texte parlant de mouches et de portes que l’on élargit. Cela fait huit mois, sur les dix que compte l’année scolaire, que nous cheminons ensemble. Et quelque part, nous nous sommes apprivoisés. Ça peut sembler long. Mais il y a beaucoup de classes avec qui ça ne fonctionne pas. Avec qui nous cohabitons, inconnus les uns aux autres, et où chaque heure de cours est une pénible traversée.
Encore deux mois où nous allons nous fréquenter. Usés et apaisés des tempêtes que nous avons traversés.






