
Cela va faire 17 ans que je suis passé par l’IUFM, l’un des très nombreux avatars de ce qui sert à former les enseignants. (Ça change tellement souvent de nom, de modalités et de programme qu’on pourrait en faire toute une saison de Pokémon). Ce qu’il m’en reste ? Des phrases, qui de temps en temps me reviennent en mémoire.
« Si vous voulez compter pour vos élèves, il vaut mieux être professeur des écoles. »
Je me demande quelle était l’intention derrière cette étrange sentence. Peut-être une invitation à nous protéger. La formatrice qui nous a dit ça avait un côté très maternant. Un avertissement : réussir à ne pas faire de notre rapport aux élèves un « enjeu personnel ». Un verdict un peu condescendant face aux collègues PE ?
Est-ce que je compte pour mes élèves ? Je n’en n’ai pas la moindre idée. Si ces années d’enseignement m’ont appris quelque chose, c’est que tenter de percer leurs pensées ou leurs attitudes est souvent peine perdue. Ils ne retiennent jamais ce à quoi on s’attend, leurs épiphanies arrivent à rebours de toutes nos attentes.
« Chanter c’est lancer des balles », disait une chanson que mes parents écoutaient souvent en voiture. Enseigner aussi. Ne pas savoir où vont retomber nos paroles, nos tâches que l’on a passé des heures à peaufiner. Mais continuer à lancer, sans arrêt. En espérant que quelque chose touche au but.
Et résonne. L’idée, ça n’est peut-être pas de compter pour eux. Mais de faire compter les moments passés ensemble.







