La seule force de caractère dont je fais preuve concerne les jeux vidéos.
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"Patti, you got famous before me"
Anna Paquin est la demie-soeur de Zac Efron
Parle plus bas
Am I going to Scarborough Fair ?
Vie et mort du quart d’heure de gloire de votre serviteur
http://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F5664287%3Fsecret_token%3Ds-LMtMv&secret_url=false Un jour tout neuf 29 sept by Jalk
Les gens n’aiment pas rire à Inaba avec Emilie Simon
1. Le bonheur agresse les autres.
2. La beauté n’est pas uniquement cet apanage de la superficialité, pour qui je n’avais que méfiance jusque là.
Développement du 1 : RER vers Paris du mercredi midi. Remonté comme un coucou suisse. Super séance de travail à G. Des images anarchiques plein la tête, en particulier celle de Chie, la si mal nommée, se lamentant sur l’état de son DVD. En bon geek, je me rejoue l’intégralité de la scène et remarques quelques détails nouveaux, je pouffe. Oh discret, un truc genre « snrk ». Un type placé deux sièges plus loin tourne la tête et me foudroie du regard :
« – Tu te marres ?
– Euh. Oui ?
– Pourquoi tu te marres ?
– Pour rien (mensonge).
– Arrête de te marrer ! T’arrête tout de suite ! »
Scène presque banale à un troublant détail près. Au vu de sa position et même de ce brillantissime échange, je me suis rendu compte que le type n’a pas cru un instant que je me moquais de lui. A la limite, là, j’aurais pu comprendre. Non. Le simple fait de me voir rigoler l’insuportait. J’ai quand même – faut pas déconner – terminé ma scène, mais en mode beaucoup plus autiste.
Le bonheur est donc signe d’agression. Pour le moment, je n’en suis qu’au stade du constat… Mais quand même. Ca me semblait suffisamment surprenant pour être noté.
Développement du 2 : hier à Taratata, était invité Mika, artiste qui ne me fait strictement rien. Pour paraphraser ce grand penseur qu’est Achille Talon, je trouve qu’on n’a jamais vu des chansons aussi pleines de rien. Il s’est cependant fendu d’un petit duo avec Emilie Simon que j’aime énormément, pour rester d’une sobriété qui m’honore et me fait mal aux dents. (La vidéo est à voir en cliquant ici, en allant dans vidéos et en choisissant « Comment te dire adieu »). Cette performance m’enchante. Pas seulement de par sa qualité. Je suis heureux. Heureux de cette simple image de deux beaux jeunes gens qui chantent une belle chanson. Et pour une trop rare fois, je n’ai pas éprouvé, tout au fond du fond, ce petit pincement de jalousie (« et toi ? Que fais-tu pendant ce temps ? 26 ans. Comme toi. »). Un simple moment de beauté. Donné, gratuit. Un truc qui, en un sens, lave de beaucoup de choses. Qui, lorsque c’est trop moche…. reset.
– Bande originale :
– Rainbow ( Emilie Simon, album The Big Machine)
– Nothing to do with you (Emilie Simon, album The Big Machine)
– Le Roi des Ombres (M, album Mister Mystère)
J’habite dans la télévision
Peut-être est-ce parce que mes années en prépa invitaient à la schizophrénie, mais très vite, je me suis mis à lire la vie en général à travers tout un tas de grilles, de plus en plus farfelues. C’est une addiction : je ne peux pas aller chercher le pain sans passer le trajet prisme d’un imaginaire.
(cet exemple n’est qu’un exemple. Je ne vais jamais chercher le pain. Passons)
Une grille de lecture a tout un tas d’avantages. Ca donne du sens, pour commencer. Remède de cheval contre toute velléité de nihilisme, laissez-moi vous le dire. Mais ça n’invite pas non plus à un optimisme béat. Essayez de voir le monde à travers les pages de Grass, ou de Yoko Ogawa, période Hôtel Iris. Pour rire.
Le plus drôle, c’est de ne pas les choisir. Ca implique un imaginaire bien fourni et je le dis sans rougir : je suis dans ce cas. Dans ces moments là, les visions s’imposent en pochette-surprise, hilarantes d’inutile.
Il y a un quart d’heure, je m’en suis prise une dans le coin de la figure. Pas de sens, encore du jeu vidéo. Je soupçonne la proximité des ados. Ben oui, j’ai enfin fait ma rentrée, figurez-vous. Bardé d’appréhensions, bien entendu. Ce qui fait que lorsque les loulous ont un peu élevé la voix histoire de connaître mon seuil de tolérance au bruit, je suis passé en mode commandant de bord face à une mutinerie.
Et ce fut le silence sur la steppe.
Cours calme. Evident, simple. Les heures qui s’écoulent sans les voir.
En noir dans un carré jaune en fait…
Collège rural
Distances réduites, comme pour juste les simuler
Sourire des autres, moi un peu en retrait, paroles muettes.
Presque de la brume.
Je passe des lunettes magiques… me voilà prof sur les rives d’Inaba. A regagner le soir mon petit logement, famille, chaleur famille.
Oui mais…
Dans Persona 4, grille de lecture adaptée, il y avait une toute autre petite chose. On affrontait tout un tas de pièges mortels dans un monde fantasmagorique !
Bon sang c’est vrai… Demain, je découvre mon deuxième collège, celui de G.
Per-so-n
On aimerait tous être consolés par Grégoire Leprince-Ringuet
Vu il y a quelques jours, Les chansons d’amour. Le film musical, je n’avais plus vraiment pratiqué depuis Les demoiselles de Rochefort et Dancer in the Dark, vu à peu près à la même époque, celle des sables mouvants (14-16 ans, R.I.P mémoire de ces années).
Je préviens tout de suite, Christophe Honoré va davantage chercher chez Demy que chez Van Triers, sauf à deux trois moments.
Un résumé quelconque du film ne servirait à rien, étant donné ses brusques revirements d’intrigue à deux ou trois moments. En plus ça m’ennuierait. Par contre, ce qui me fascine toujours, plusieurs dizaines d’heures après, ce sont les efforts démesurés du réalisateur et des comédiens pour réussir un tour de passe-passe plutôt gonflé : flatter l’ego du spectateur pour mieux le piétiner ensuite.
Au début des Chansons d’Amour, on se sent très intelligent. On renifle les failles, les facilités, on se félicite d’avoir senti les problèmes qui vont survenir dans ce film au demeurant pas trop mal.
Et puis non.
Les changements de ton, les virages scénaristiques et, surtout, la puissance de Chiara Mastroiani (qui est à mon sens le personnage par qui tout arrive) font qu’on se sent tout honteux d’avoir présumé, d’avoir sourit quand, en fait, ça n’était pas la peine. Mais Christophe Honoré ne semble pas en tenir rigueur. La preuve, c’est qu’il nous envoie Grégoire Leprince-Ringuet.
Et quand je dis en titre qu’on aimerait tous être consolés par lui, je dis bien tous. Pas parce que son personnage est beau, pas du fait de son innocence gauche et de sa perversité adroite – ouais, non, faut pas que je tente, les jeux de mots – pas même grâce à cette mythique scène de la fenêtre : juste parce que, pour une fois dans un film, on a un rôle totalement, entièrement et indéniablement positif. Sans fragilité cachée, mièvrerie filigrane. Aucune condescendance envers les sourires.
Et bon sang qu’est-ce que ça fait du bien.
Je ne cherche pas à faire une critique quelconque, un billet commentaire, juste à déclarer benoîtement mon admiration pour cette alchimie, ce moment privilégié, entre la fille de Catherine Deneuve, ce Grégoire dont je ne reprononcerai pas le nom, parce que j’ai des ampoules aux doigts, et Louis Garrel, qui forme un lien, et quel lien, entre les deux.
Juste un instant qui file entre l’oeil et la paupière, qui vous embrume le champ de vision, en rendant les angles un peu plus doux.
Juste pour cette fois.
Post-scriptum : Un blog qui n’a pas une marque de fabrique, un signe, un bidule récurrent, ça ne fait pas sérieux. Je me lance donc dans l’établissement d’un gimmick. Vous trouverez ci-dessous, et dans chaque post à partir de maintenant, la BO du billet, à savoir sur quelles musiques celui-ci a été écrit. A toutes fins inutiles, bien sûr.
Bande Originale :
– Maya’s theme (Persona 2 : Innocent Sin Original Soundtrack, Masaki Kurokawa)
– Zombies (In Living Covers, Jay Brannan, reprise des Cranberries)
– De bonnes raisons (Bande Originale des Chansons d’Amour, Alex Beaupain)
– The Seer (Single The Seer, Tarja Turünen et Doro Pesch)
Y a que
Ca s’est passé à table, pseudo-repas du dimanche, mode agréable ou presque. En face de moi, j’ai un fictionneur, un qui a réussi, un qui « vit de ça », selon la formule consacré.
Et qui s’étonne des gens qui lui demandent la suite de ses histoires. Parce que bon après tout « ça n’est que de la fiction ».
Reçu plein ventre, tordu de douleur depuis. Pas une douleur militante, non, pas une pointe d’indignation, je n’ai pas le sens du blasphème. Mais cloué au plafond par cette désinvolture.
Que de la fiction. Putain de conjonction. C’est le « que » qui ne passe pas. Sa longue fiche d’identité au dictionnaire est bardée de mots que je n’aime pas : « suspendre », « obstacle », « modaliser ». Un mur qui interdit tout.
Je ne serai jamais chantre ou barde. Je ne suis pas le bon petit soldat de la fiction. Mais quand même. Quand tu dis ça, fictionneur, ça veut dire quoi ? Que l’histoire est un à-côté ? Que, après tout, tu restes un grand enfant perdu dans les petits Mickeys ?
Ca n’est pas que. C’est de la fiction. Comme c’est le matin, c’est le tapis, c’est chiant, c’est demain. J’aime pas trop qu’on s’arroge le droit de faire obstacle à l’existence. Et le « ça n’est que », a vraiment été créer pour ça. Pour repousser. Hiérarchiser.
A la radio, il y a longtemps, un type genre Pivot avait demandé à chaque auditeur de prendre en charge un mot en voie de disparition dans la langue française et de l’utiliser, afin qu’il perdure. Je m’y suis tenu.
Maintenant, je crois que je vais faire l’inverse.
Ce n’est que justice.