L’histoire du boulot que personne ne connaissait

Aaaah la déprime du mois de janvier ! Moins élégante que la déprime du mois de novembre mais plus classique que la déprime du mois d’août. La déprime du mois de janvier est haute en couleur, excentrique, explosive et change vos nerfs en tire-bouchon modèle grand luxe.
La déprime de janvier se porte beaucoup dans le milieu enseignant et le truc, c’est qu’elle est hyper-partageuse, la coquine.
En ce moment c’est l’apothéose : les nerfs claquent à peu près autant que les portes, les voix montent, les larmes coulent… Un peu comme un épisode de Dawson sauf qu’on est tous moins joli que le casting principal. La raison à ça est super simple et s’appelle : fatigue.
Et là, je saisis mon double-fléau d’arme clouté (page 47 de la Vitrine Magique Médiévale, livré sous 72 heures, inoxydable pour des heures de rigolade en famille) à l’attention des inévitables qui vont nous ressortir le mantra « feignasses – vacances – 18 heures ». Et je précise ma pensée aussi parce que les armes rigolotes ne sont hélas pas assez éloquentes. La fatigue se situe au départ du côté des élèves. Elèves qui reviennent des vacances de Noël pas spécialement reposés, pour ne pas dire encore plus crevés qu’avant leur départ. Forcément entre le racket du Père Noël et, après l’essai extensif du dernier Tomb Raider, celui où les nénés de Lara Croft pointent sous son T-Shirt, ça laisse peu de temps pour le dodo, la réorganisation du cahier voir même l’achat de nouvelles fournitures scolaires. Donc on reprend les cours avec une audience surexcitée, à qui manque la moitié de son matériel, et à peu près aussi jouasse de nous retrouver que d’assister à 8 heures de débat à l’Assemblée Nationale.
Au début ça ne se voit pas. Parce que, quand même, la plupart des profs connaissent leur boulot et vont entraîner leurs ouailles par divers moyens, des projets-qui-déchirent-leurs-aïeux à une ditzipline en acier trempé. Seulement, mine de rien ça tire. Et petit à petit, ça craque. Oh, ça n’est pas grand-chose au départ. En salle des profs, ce sanctuaire aux effluves de café, d’encre et de blagues salaces, on se plaint un petit peu plus. Pas beaucoup. On raconte les dernières frasques de Geoffrey sur un ton à peine plus aigu que d’habitude. Pas grave, catharsis.
Tiens, un petit mail dans la boîte le soir en rentrant. Ca serait bien, quand même, d’arrêter d’exclure les élèves aussi souvent 🙂 (oui à ce stade là, il y a encore le :))
On va se coucher. On a travaillé moyen, mais on est un peu lassé… On a à peine deux jours d’avance mais bon, ça devrait aller. Et puis le petit mail revient en mémoire. C’est pour moi ou c’est pas pour moi ?  Non. Non sans doute pas. C’est sans doute un coup de sang de l’administration, de toutes façons, en ce moment, ils glandent, quelque chose de mignon.
Et c’est là que les choses partent en cacahuète. Quand on cherche un coupable pour cette fatigue, cette lassitude, cette colère lourde et écoeurante, type cassoulet froid.
On va y retourner au bahut rigoler de la colère cassoulet avec les collègues. Se rendre compte, aussi, que certains n’y arrivent plus trop à en rire. Il y a eu un truc en trop. Un gnard qui a découvert son pouvoir de chiantise et qui cherche à l’employer sur tout et n’importe quoi, enseignants compris. Une séance sur laquelle vous avez bossé comme Woerth sur le projets des retr…. comme David Guetta sur sa mu… comme un fou-fou et dont les gamins n’ont visiblement rien à foutre, tandis qu’ils vont copier dans un silence bovin et satisfait les terminaisons du subjonctif. 
Ca colle ce sentiment. Ca éloigne les uns des autres. Et tout prend des proportions insurmontables, photocopies en retard ou trousseau de clés égarés. 
Le bateau fuit et chacun dans son coin colmate comme il peut. Personne n’arrive plus à donner de consignes précises donc on cloue on visse en espérant que ça tienne au moins quelques jours.
Alors si, il paraît qu’il y en a qui savent comment faire. Bon hormis se payer deux minutes de poilade, ça ne fait pas avancer des masses le shmilblick.
Je pense que le souci est là. On travail trop longtemps avec trop de gamins. Garder un recul de folie finira par vous retomber sur le nez et trop s’investir (coupable, votre Honneur !) aussi. Je l’affirme haut et fort et le souligne trois fois en rouge : il n’y a pas de méthode idéale pour enseigner. Aucune. Alors les DVD de l’inspection académique d’apprentissage de gestion de classe vous… les prenez et vous vous en faites une jolie sculpture post-moderne. 
Il y a des trucs, des savoirs-faire, oui. Souvent du bon sens. Après quatre ans passés dans ce monde de bisounours, mon seul credo serait : TOUJOURS faire ce que l’on dit. Si on annonce le programme de la séance en début d’heure, s’y tenir. Si l’on menace de punir, punir. Si l’on promet de rendre les copies à telle date, le faire. Rien n’est plus intransigeant qu’un élève. Mais hormis ça, les curseurs sont trop vagues. Les humains en devenir devant nous trop divers. 
C’est pour ça que la tentation est grande de se refiler la patate chaude. Qui est responsable ? Tout le monde. Personne. 
Les deux semaines qui restent vont être dures au collège Criméa. Il y a des fois j’aimerais pouvoir prendre tout le monde entre quatre-zyeux, Principal, CPE, secrétaire, prof et élève et leur dire à quel point ils peuvent être géniaux. A quel point ça pourrait n’être la faute de personne. Juste des difficultés. Qu’on va résoudre parce qu’on est tous, huit à dix heures par jour membre de cette Cité qu’on n’a pas vraiment choisie mais qui est quand même la notre. Et que bon sang, il y en a peu que je regarde sans admiration pour leur boulot, leur charisme, leur humour… pour tout un tas de raisons.
Si seulement ils voulaient bien y croire.

"Patti, you got famous before me"

Journée de passager aujourd’hui. Les journées de passager sont toutes celles que j’observe. Elles appartiennent aux autres.
Elles appartiennent à Elincia, forcée de faire la promotion de sa matière de classe en classe pour assurer la pérennité de son poste, de ses voyages, de tout ce qu’elle a construit et que l’on peut effacer. La faute aux mangeurs de temps. Chaque année moins d’heures pour enseigner. Pour parler, pour apprendre. Des projets pour rien. Alors Elincia se bat, jusqu’au bout. Chose dont je ne suis pas capable.
Elles appartiennent à G. qui me brouille les yeux et les tripes quand il est triste, quand il a peur de ne pas avoir fait au mieux. Il fait toujours au mieux. Chose dont je ne suis pas capable.
Elles appartiennent aussi aux légendes. Aujourd’hui à la Cité de la Musique, lecture de Patti Smith autour de Robert Mapplethorpe. Le public – majoritairement cinquantenaire – hystérise, l’électricité est partout. Mépris d’abord puis je me rappelle. Toujours. On a toujours tous les âges, là, beaucoup ont vingt ans. Moi je ne peux pas les retrouver, ils n’ont pas ressemblé à ça, Patti Smith n’est pour mes yeux que la Légende.
Et elle ne démérite pas. Tout en elle est mythologique. Sa voix, si familière qu’elle en est surannée, sa poésie, forcément trop adolescente, ses postures, que je peux prédire dix secondes à l’avance. Patti gardienne d’une imagerie qu’on recycle à intervalle régulier.
C’est peut-être ça au font un monstre sacré. Assumer jusque dans ses derniers retranchements le génie, le ridicule, les afféterie d’une époque périmée. La faire vivre jusqu’au bout, jusqu’à ce que. Etre le héros de Warhol et Bowie. Pour des années.
Chose dont je ne suis pas capable.

Viens, dans ma maison…

… Ou : le billet dans lequel je montre qu’en plus d’être doté d’une culture musicale à faire pleurer Nagui, je réfléchis aussi. Parfois. Pas longtemps.

Drôle d’atmosphère au collège en ce moment. Vacances, Noël, Troisièmes en stage en entreprise… Je n’irai pas jusqu’à dire que les profs se retrouvent désoeuvrés (car je suis un fonctionnaire consciencieux qui profite de ces heures blanches pour réfléchir à ma pratique comme on me l’a appris à l’IUFM et JAMAIS pour tenter de contourner les boucliers administratifs qui nous empêchent d’aller honnêtement glander sur fesse de bouc comme tout un chacun… Ouah, vise la taille de la parenthèse !) mais disons que nous avons un peu plus de temps pour communiquer. Et donc partager des informations au-delà du strict minimum du genre : « Soren a encore écrasé les lunettes de Marcia » ou « Si Ilyana menace Sanaki avec son compas c’est normal, elle ne va pas très bien en ce moment ». Nous allons même jusqu’à parler de nous, nos vies, nos oeuvres et notre dernier high score à Civilizachion.
Seulement, j’ignore si l’on peut attribuer cela à mon pessimisme ou à mon légendaire sens de l’observation, mais je note un thème récurrent dans les conversations actuelles : les démissions, les changements de carrière, la retraite (ah ah) : bref, tout ce qui pourrait nous faire quitter, volontairement ou pas, le merveilleux monde de l’Education Nationale. Et bizarrement, je me sens mal à l’aise. Et je m’explique parce qu’il n’y a pas de raison pour que vous restiez dans une bienheureuse ignorance.
Ce n’est un secret que pour quelques ermites berrichons, mais le boulot de prof change pas mal en ce moment. Du coup, phénomène assez neuf, pas mal de gens ayant déjà « fait carrière » nous rejoignent actuellement. Ca c’est assez cool. Sortir du modèle « Tu seras un prof pendant 48 ans comme papa, mon fils », ça fait plaisir. Mais l’inverse est aussi de plus en plus vrai.
L’exemple le plus médiatiquement sexy est celui des nouveaux stagiaires qu’on balance sans formation digne de ce nom devant des classes de gnards qui en ont dézingués des mieux préparés. Et oui, même si ça reste mineur, les abandons à ce stade se multiplient.
Mais à côté de ça, on trouve aussi de plus en plus de profs confirmés qui commencent à se dire qu’il y en a assez de tout ce bazar et qu’on va peut-être aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs et fesse de bouc accessible dans d’autres professions. Les raisons sont multiples mais souvent excellentes et surtout, font comprendre qu’en ce moment, l’avenir des collèges est à peu près aussi immaculé que la conscience de Berlusconi :
– Avenir dans lequel des profs de langue qui se défoncent pour leur matière en organisant cours qui déboîtent, et PLUSIEURS échanges par an voient leurs heures se réduire sous prétexte que leur matière n’est pas populaire (si tu veux que Sigrud de Hambourg reste en lice tape 1, pour Calill de Madrid tape 2….)… et qui se demandent si finalement, ils ne seraient pas plus utiles ailleurs.
– Avenir dans lequel on demande à des profs de… hmm disons physique de, comme ça, enseigner les maths parce qu’il manque quelques heures de maths dans leur bahut et que c’est à peu près la même matière hein ? Après tout, des cours assurés n’importe comment, c’est mieux que pas de cours du tout, au moins ça fait garderie.
– Avenir dans lequel les postes fixes (postes dans lesquels les profs peuvent rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent) vont devenir aussi rares que le sérieux dans la météo de Charlotte Lebon. « Oui monsieur, on sait que ça fait six ans que, tous les ans, vous changez de bahut, d’équipe, de matériel, de manuels, de méthode de boulot, mais c’est comme ça. »
– Avenir enfin, tissé au gré de réformes faites selon les lubies du moment et défaites à peu près aussitôt. « Allez, on met le paquet sur l’enseignement des arts ! » « Seigneur, le sondage 21 908 a vu notre moyenne de maths descendre de 0.3 points, on change tout ».
Dans ces circonstances oui, je peux comprendre le ras-le-bol ambiant. Et la sacro-sainte sécurité de l’emploi, comme les Fatals Picards le chantent mieux que moi, commence à ne plus suffire.
Et puis…
Et puis surtout…
Et puis surtout ben il y a les élèves. Et je me pose de plus en plus la question des bases que nous pouvons leur donner.
Que les plus vieux se remémorent leurs années collège. Le collège, c’est un peu le grand self service du savoir, sauf que tu es obligé de finir tes plats. Tu jongles avec maths et français en passant par l’EPS, la physique et l’éducation musicale. Et à chaque fois, tu dois changer la configuration de ton cerveau, tes méthodes de travail et d’écoute. Ca jusqu’à huit fois par jours. Je ne pense pas que beaucoup d’adultes en soient capables.
Maintenant, rajoutons à ça ce fameux besoin de changer de carrière qu’ont certains profs, cette valse des remplaçants et des stagiaires. Ces réformes aussi claires que le code pénal thaïlandais. 
Et on obtient… plus rien en fait. Tout ce qui reste de stable dans le collège, c’est le béton. Les visages et les savoirs passent, à peine. On est dans un grand squat de la connaissance, où chacun grappille de petits bouts. 
Je ne me ferai pas sans doute que des amis en écrivant ça – au point où j’en suis – mais le collège pour moi a AUSSI vocation à apporter une certaine stabilité. Une sérénité dans l’enseignement. Pour certains élèves, la seule sérénité de leur existence d’ailleurs (coucou Sothe qui en s’interposant entre ses parents qui se castagnent, se prend des gnons au passage). Leur enlever ça, c’est proprement dégueulasse. Le personnage du Professeur, de l’Instituteur avec la majuscule n’existe plus. (La Maîtresse si, mais c’est autre chose). Ils sont des créatures polymorphes, qui changent trop vite de voix et de visage pour que l’on retienne quoi que ce soit.
La « Réforme » de l’enseignement passe aussi par là je pense. S’arrêter deux secondes, et voir ce que, à force d’enlever des briques, de casser des murs, d’agrandir des chiottes et de rajouter des escaliers, on a fait du collège. Dans quel quotidien les profs et les élèves évoluent. Pour qu’on puisse à nouveau, tous, occuper les lieux. Retrouver une place. Et avec elle une envie.

(NB (ou BN ?) : Les plus geeks d’entre vous reconnaîtrons les pseudonymes utilisés à la place des noms comment autant d’emprunts à Fire Emblem un jeu pour WII qu’il est bien. Et pouf je rajoute en plus une idée cadeau pour Noël. Je suis un type bien quand même…)

Et donc, parfois, je travaille

Ah oui, entre visions de séries américaines et lectures diverses, il y a aussi eu la rentrée scolaire. Et, comme des centaines de milliers d’étudiants j’ai, moi aussi, repris le chemin des classes. On ne se rend pas compte à quel point c’est régressif le métier de prof. Eprouver l’angoisse de la rentrée à presque trente ans, ou bien se rendre compte que l’on a oublié de finir ses devoirs, ça a quelque chose que ce cher Sigmund aurait sans doute trouvé fort intéressant. 
Or donc, ce nouveau chapitre d’une carrière aussi épanouissante qu’apte à provoquer des ulcères commence plutôt bien. Comme tous les ans en fait, je n’ai pas encore réussi à me débarrasser de cet indécrottable optimisme qui me faire croire que cette fois-ci, mes jours d’enseignement ne seront que calme et volupté, et que je dispenserai la connaissance de façon novatrice et efficace à mes ouailles qui boiront à la source de mes mots et deviendront ainsi des êtres humains heureux, des électeurs responsables (suivez mon regards), des parents aimants, j’en passe et des plus roses.
Mouais.
Si l’on oublie le filtre « j’enseigne-chez-les-schtroumpfs », il faut quand même reconnaître que ça aurait pu être pire. Après trois ans de pérégrinations dans divers collèges de la région parisienne, le rectorat a du se dire que j’avais suffisamment enrichi la RATP entre mes trajets en bus et en RER et m’a donc affecté dans un seul établissement, et pour une durée illimitée. En gros, jusque là, j’étais en CDD mobile renouvelable tous les ans, là je suis en CDI. Ce qui va avec son lot d’avantages : aaah la volupté d’être connu par son nom par les collègues après trois semaines, aaaah l’absence de stress lorsque l’on ne se demande plus comment aller de l’établissement A à l’établissement B en moins de huit minutes (enfin quatre parce-que-Cindy-elle-est-venue-se-plaindre-que-vous-lui-avez-oublié-un-quart-de-point-ah-non-il-était-là-hihi-elle-est-bête-au-revoir-monsieur), le fait de pouvoir manger tous les jours… Bref je suis à présent moi aussi un sale fonctionnaire privilégié.
En ce qui concerne le bahut qui a l’honneur et le privilège de m’accueillir en ce moment… Ben c’est pas trop mal. Mon arrivée a coïncidé avec celle d’un nouveau principal, accueilli comme le Messie par mes confrères. Parce qu’il semblerait que les années précédentes, c’était un peu le zouf niveau administration et donc autorité. Les élèves n’en demandant pas tant, il y a eu « quelques » débordements (je me demande ce qu’attend le Comité Olympique pour faire du lancer de chaises en salle de classe une discipline officielle). 
Mais tout cela a changé avec l’arrivée du principal qui lave plus blanc ! Super-principal – quatre ans d’expérience en enseignement carcéral – resserre les boulons, fait arriver les mouflets à l’heure, respecte le règlement intérieur, protège son équipe ET est efficace même à l’eau froide ! Super-principal, donc, fait tout ce que l’on attend d’un principal, et ça se sent. Du coup, je regarde d’un oeil attendri les collègues s’émerveillant de ne pas avoir à jouer des cordes vocales pour que les gnards sortent leurs cahiers… Pourvu que ça dure.
Je me suis donc retrouvé projeté dans ce petit milieu avec la responsabilité de faire rentrer les subtilités de la langue de Molière sous la caboche de quatre classes. Que je ne peux me retenir de vous présenter, après tout elles renferment peut-être la Nouvelle Star 2020 !
– La Cinquième Gaminous : Celle qui me donnera le plus de migraines, étant donné que j’ai été nommé PP (Prof Principal, hein, par Parturiente Poldave). La Cinquième Gaminous est composée, comme son nom l’indique, de Gaminous. Ils n’ont rien de particulièrement méchants, mais ils n’ont visiblement pas entravé ce qu’est le collège : une Géhenne de sangs et de lar… AHEM un sanctuaire paisible dédié à l’étude et au savoir. Du coup je montre les dents (mais pas trop) et surtout je recours au sarcasme à tout crin histoire de siffler la fin de la récréation… Jusque là ça ne se passe pas trop mal, malgré quelques « Mais poourquoiiii vous êtes méchant ? » de Blondie, et de « M’en fous jfaiskeujveux » de Pierrot.
– La Cinquième Plan Vigilance Orange : Houlà, hooooulà. Le genre de classe dans laquelle vous êtes aussi à l’aise qu’assis sur une caisse de dynamite par temps sec. Ca ne bouge pas, tout va bien… Mais mieux vaut garder un jet d’eau à porter afin d’éviter toute étincelle, parce que le potentiel de chiantise dans ce groupe est presque palpable.
– La Troisième Tékitoi : Alors là c’est très bizarre. A première vue on a affaire à la classe la plus basique qui soit : ils écoutent, bavardent un peu, font leurs devoirs quand on leur gueule un brin dessus… Seulement il y a cette impression étrange. Celle que c’est le prof qui est évalué. Et pour l’instant, le jury délibère encore. Suis-je un gentil rigolo, un sadique frustré ou un guide spirituel admirable (l’option 3 a été rajoutée par moi, et j’avoue qu’elle a ma préférence) ? Du coup, je ne me sens pas à l’aise à l’aise, avec tous ces yeux globuleux posés sur moi et guettant le moindre de mes mouvements, la plus petite de mes pensée (« Raaah, pourquoi ils me fixent comme ça, est-ce que j’ai oublié un bouton en sortant du pipi-room, non, ne regarde pas ils vont le voir, bon sang, c’est ça j’en suis sûr, non garde ton caaaaaalme »)
– La Troisième des Elus : Non sans déconner. Eux ils dépotent. C’est genre la classe qu’on vous ressort dans les téléfilms se passant dans le milieu de l’Educ Nat et les docus de France 2. La classe idéale quoi, celle qui participe un peu mais pas trop, qui bosse bien, qui sait quand plaisanter et quand s’arrêter… Même les chieurs sont plus adeptes de la vanne qui fait sourire que de la saloperie qui vous fout le cours en l’air. Je soupçonne la dette que le Karma a accumulé à mon égard d’être remboursée dans cette classe…
Enfin voilà pour la scène sur laquelle votre serviteur va interpréter cette année… Bring it on !