Vendredi 9 septembre

Fin de la première semaine. Comme souvent, depuis que je suis redevenu prof itinérant, j’ai l’impression d’avoir construit une première cabane. Quelques habitudes (le bingo littéraire en début d’heure, les dosettes de café fort dans le casier et le jeu de grammaire quotidien) qui perdureront ou auront disparu d’ici quelques mois. L’impression d’avoir repris depuis des mois, et qu’on ne tiendra pas. On tiendra.
L’autre jour, A. m’a écrit un message auquel je n’ai pas encore répondu – je suis nul pour répondre aux messages – me disant qu’il était heureux de deviner, dans ce nouveau collège, des élèves choux, d’après mes premiers billets. C’est là tout le truc. J’ignore s’ils le sont. Mais j’aimerais qu’ils le soient. J’essaye de m’en convaincre. Et de les en convaincre. Parfois, j’ai l’impression d’être débile, à cultiver leur part d’innocence un peu enfantine, un peu démunie. Mais j’aimerais, avant qu’ils s’en départissent, avant qu’ils “s’endurcissent” qu’ils “deviennent plus matures” qu’ils accèdent à ce moment de transition magique : celui où l’on a encore l’innocence des débuts, et suffisamment de jugement pour comprendre ce que cette innocence peut avoir de puissant. Et que des fragments peuvent en être conservés.
Mais tout cela, il sera temps d’y repenser lundi. Ce soir, je veux m’occuper de Tartelette, elle a été opérée, elle a le menton ouvert, a besoin de soins et de câlins. C’est tout aussi essentiel.







