Samedi 4 juin

C’est un truc qui réussit, me concernant, une fois dans l’année.

“Monsieur, c’est quoi déjà le COD ?”

Je m’interromps dans les questions de révisions sur la proposition subordonnée relative et regarde Anya. Anya est parmi les élèves les plus performantes de cinquième.

“Vraiment ?
– Non mais c’est vrai monsieur, je comprends pas depuis la primaire.
– Moi non plus.
– Ni moi.
– Ben moi non plus.”

Il est donc temps de tenter. Le Grand Numéro. J’inspire dramatiquement.

“Je ne peux pas le réexpliquer à chaque fois, tous les ans !
– Mais monsieur…
– Bon. Je vous explique. Une fois, à l’oral. Je vous donnerai un cours dessus demain, mais là, vous lâchez tous vos styl… Vous lâchez tous vos stylos Nate ! Et vous écoutez.”

J’attends que le silence complet tombe. Magistral complet et absolu. Tous les yeux sont sur moi, je dispose d’environ quatre minutes pour expliquer. De ma plus jolie écriture, je note ma phrase exemple.

“Bilbo court. Où se trouve le verbe ?
– Ben… court.
– Exactement. Et la phrase a-t-elle un sens ?”

Quatre minutes, pas plus, d’explications concises et de silence complet.

“Tout le monde a compris ?
– Ouiiii !
– Sûr ?
– Ouiiiii !”

Et c’est le cas. Questions là-dessus le lendemain. Le surlendemain, la semaine d’après. Un mois. La question des COD et COI est réglée, par ce moment de cours magistral pur. Pas un mot d’écrit, pas un exercice de fait. Parce qu’il s’agissait de mettre de l’ordre dans quelque chose qu’ils connaissaient déjà à peu près. Parce que j’ai pu leur demander une concentration absolue. C’est une carte précieuse, qu’il faut savoir jouer au bon moment.

Là ça valait le coup.

Vendredi 3 juin

Pour la première fois au collège Hoshido j’ai vécu une de ces heures.

Celle que l’on grappille, que l’on passe à discuter avec des collègues qu’on ne connaissait pas, au lieu de remplir des bulletins ou de corriger les dernières copies.

Je crois que c’est l’un des aspects que j’aime le plus, dans ce métier. Quand on peut prendre le temps de parler avec ces gens avec qui on a sens doute peu à partager. Mais, à force de passer du temps avec eux, à force de tourner autour, un rayon de lumière vient frapper une facette.

Et tout devient plus chaleureux.

Jeudi 2 juin

Résumons.

Il est treize heures et en salle 56, quatre élèves s’entraînent à lire le Conte des deux sœurs jalouses : elles ont trouvé une bande-son qui va bien, deux peluches et un bout de bois (si vous avez lu l’histoire, vous comprendrez).

En salle 55, trois autres jouent la même, mais en se filmant. Elles ont crée un prompteur manuel dont elles sont très fières.

Et dans la salle 57, les sixièmes mettent les dernières touches à leur sketch historique. L’un d’eux s’entraîne à marcher en talons pour le rôle.

Je passe de l’une à l’autre, donnant conseils et recommandations, les applaudissant, et riant avec les mômes.

À l’extérieur, tournoi de foot : élèves, personnels du collège et profs. La cour résonne de cris de joie.

C’est tellement cliché que c’est drôle : je voudrais être dans un épisode de Glee que je ne me comporterais pas autrement. Est-ce que je ne m’enfonce pas un peu dans la caricature, en fuyant cet événement convivial ?

Je décide que non. Je donne une place à des élèves qui ont envie d’être heureux.

Mercredi 1er juin

Une fois n’est pas coutume : ce soir, je copie / colle un article que j’ai ébauché sur Twitter et qui a été repris par Mediapart. Bonne lecture :

C’est une nouvelle qui a énormément été reprise sur les réseaux sociaux : face à la pénurie d’enseignant·es, l’Académie de Versailles organise du “job dating” (les joies du langage managérial que l’on infuse par brassées de douze litres dans l’enseignement depuis quelques années). Le but : 30 minutes d’entretien pour te lancer dans l’aventure de l’enseignement ou de l’encadrement scolaire.

On a beaucoup ri de ces reportages où sont interviewées des personnes expliquant qu’elles peuvent enseigner pour des raisons parfois incongrues. Moi aussi j’ai ricané. Bêtement. Souvent, un candidat au CAPES a des motivations également naïves. La différence, est qu’un·e candidat·e au CAPES dispose – encore – d’une formation. Qui lui permettra souvent de réévaluer ses objectifs. J’y reviendrai, mais le problème principal n’est pas là. Le problème est que ce qui se passe est similaire l’enclenchement d’un piège à loups. Je m’explique.

Depuis plusieurs années – je dirais que ça a vraiment commencé sous Sarkozy, mais on m’a signalé que le gouvernement Chirac avait bien entamé le boulot – le statut de l’enseignant est attaqué. Violemment. Tâches qui se multiplient, précarisation (bon courage pour trouver désormais un poste fixe), et image de plus en plus dégradée aux yeux du public. 

Je pourrais aussi évoquer une perte de moyen horaires (j’enseigne le français 3h30 par semaine contre 5h quand j’ai commencé, et 6h30 quand j’étais élève), avec des exigences restant constantes, voir augmentant. Corollaire : la profession est désertée. 

Que fait donc le ministère ? Il recourt à des contractuel·les, plus précaires encore que les titulaires. Sans formation, et, comme c’est le cas à Versailles, avec des entretiens plus que sommaires. Tu connais 4 œuvres de Proust ? (Ou de Balzac, car on me souffle perfidement à l’oreillette que pour Proust, ça n’est pas si simple) : tu as le profil pour être prof de français.

On poursuit donc la mise en place donc un métier à plusieurs vitesses : les titulaires, au statut plus stables, mais brocardé·es et considéré·es comme des dinosaures feignasses, et des contractuel·les, au statut très start up nation et donc les compétences seront, par nature, hyper aléatoires. J’ai connu des précaires absolument extraordinaires et d’autres qui – anecdote 100% réelle – ont failli se foutre par la fenêtre pendant que des élèves défonçaient des murs en cours. 

« C’est également le cas pour des titulaires, qui sont parfois en perdition ! » pourra-t-on à juste titre répliquer. Sauf qu’un·e titulaire a des atouts : à commencer par une formation disciplinaire, d’au moins trois ans, jusqu’à cinq. Et cette formation disciplinaire, je l’affirme au risque de m’enfoncer encore plus dans un grand bain d’archaïsme, est un pilier essentiel du métier : la transmission du savoir se construit au jour le jour, c’est entendu. Mais elle doit reposer sur un savoir précis, actuel, qu’on a eu l’occasion d’exercer et d’interroger durant ses études. La fameuse posture de l’enseignant·e repose sur la maîtrise des contenus qu’il a à transmettre. Ce qu’un concours comme le CAPES permet de valider, du moins en partie.

Qui plus est, on peut vouer aux gémonies les INSPE, ESPE ou IUFM, sigles divers qu’ont revêtus les non moins divers instituts de formation des enseignants, mais ils fournissent, même de façon imparfaite, un lieu non seulement d’apprentissage mais aussi de regroupement, où des profs en devenir peuvent apprendre non seulement les bases de leur futur métier mais également leurs droits, leurs devoirs et leur éthique, qui sont essentiels et complexes. Et fort difficile à transmettre en salle des profs, entre la photocopieuse, le remplissage des bulletins et la gestion de la bagarre de la récréation de dix heures vingt. Être formé par ses pairs, de façon empirique, est non seulement bénéfique, mais également essentiel. Cependant, sans un apport théorique et, surtout, détaché des mille urgences de la vie enseignante, il sera au mieux bancal, au pire contreproductif.

Parce qu’un·e contractuel·le n’aura pas le luxe d’entrer doucement dans le concret. Une fois recruté, il est placé devant les élèves, et bon courage, camarade !

“Oui, mais au moins, il y a du monde devant les élèves !” Et c’est là le piège. De plus en plus, la société se scinde. Les enfants issus de familles ayant les codes scolaires s’en sortiront, presque quoi qu’il arrive. Il faut juste qu’ils reçoivent le minimum et qu’ils soient gardés pendant que les parents bossent. Les autres familles, elles, trouveront leurs enfants de plus en plus en difficulté devant un corps de profs de plus en plus volatil et peu formé. Disparités dans les bahuts, donc et entre les régions.  Mais tout ça c’est chiant, la preuve, les trois qui lisent encore ce fil ne doivent tenir que pour ma promesse de parler d’Andrew Garfield et Zendaya. Cet article était à l’origine un fil twitter, et je pouvais donc vous montrer une photo de ces deux merveilleuses personnalités du cinéma américain, mais je ne pourrai ici que vous inciter à regarder Dune et Tik Tik Boom, dans lesquels ils apparaissent et qui sont des films qui font du bien. Sur ce, revenons à la galéjade que je vous dépeins. 

Le plus préoccupant est que cette précarisation devient la norme (Versailles et Créteil ont TOUJOURS été le laboratoire glauque de l’Éducation Nationale, les projets qui me faisaient fumer par les oreilles quand j’y étais se retrouvent TOUJOURS appliqués nationalement plus tard). Elle joue sur le bon gros cliché PMU de l’image du prof (pardon aux proprios de PMU) : “Ouais, moi je pourrais être prof, ça filerait droit avec moi, et j’aurais 6 mois de vacances !" 

Elle crée des divisions entre les collègues : nul doute qu’en me lisant, on se demandera si je ne me contente pas de défendre mon statut de titulaire contre des contractuel·les sincères et volontaires, souhaitant réellement se lancer dans la profession. Or il ne s’agit pas de remettre en cause les qualités individuelles des collègues, mais l’état général des métiers de l’éducation : nous enseignons actuellement malgré un manque de formation, et ce problème est transmuté, par l’habituelle et obscure sorcellerie libérale, en norme. Et surtout cette précarisation affaiblit totalement la profession : si tout le monde peut l’exercer, la mission de prof n’est-elle par une arnaque ? Pourquoi encore de la formation, pourquoi encore un statut ? 

Et pendant ce temps, ce sont les élèves qui souffrent. Les mômes à qui j’enseigne actuellement et dont je suis le quatrième prof de français par exemple. Ils ont eu deux mois sans prof de français. On ne trouvait pas de titulaire, et les contractuel·les ne restaient pas. Heureusement qu’en janvier, j’ai terminé mon remplacement en lycée, avec entre autres des premières ! Premières qui, actuellement se retrouvent partagés entre quatre collègues parce que la prof titulaire est en congé maternité et non remplacée. Et bien sûr, à qui va-t-on s’en prendre, sinon, encore et toujours aux profs toujours absents ?

On a percé des trous partout dans l’Éducation Nationale, on nous demande d’écoper le Titanic avec des petites cuillères percées de trous de la taille de mon ignorance en matière fiscale, et de dépasser une navette spatiale. 

Scoop : ça n’est pas possible. L’enseignement nécessite un investissement, c’est ce qu’il est. Comme la santé ou l’écologie. Nous sommes le temps long. Et on nous présente, dans cette époque de la rentabilité, de l’immédiat, de la punchline, comme anachroniques. Il faut. Il faut mettre des profs devant les élèves maintenant, il faut régler le problème vite ; tout de suite. Peu importe que les solutions proposées temporairement empirent les choses à long terme.

Alors que c’est le contraire.
Lorsque j’apprends à un môme, je sais parfaitement que mon enseignement ne portera pas ses fruits immédiatement. Il faudra un mois, un an ou quatre. C’est normal. Pourtant je n’insulte pas l’élève. 

Au contraire, je lui accorde plus d’attention encore. C’est pareil pour l’éducation. Il faut en prendre soin. Revaloriser – oui, je parle d’argent – les métiers de l’éducation. Permettre une formation solide et cohérente pour entrer progressivement dans le métier. Et surtout, se demander quelles sont les ambitions que nous avons pour nos enfants : que souhaitons-nous leur transmettre ? 

Tant qu’on ne se sera pas posé ces questions, tant qu’on ne sera pas demandé, tout simplement à quoi sert l’éducation de nos enfants, le job dating aura encore de beaux jours devant lui.

Mardi 31 mai

“Monsieur, vous mangez à la cantine, aujourd’hui ? Il y a hamburger frites ! J’ai un copain qui m’a dit que le végétarien est super bon !”

Lelio est resté dans ma salle pour m’aider à ranger les ordinateurs portables que la cinquième Vulcanion a utilisés durant cette heure. Je lui souris.

“Ah ben je vais être obligé, si c’est hamburger frites.
– Je suis content alors. Bon appétit monsieur !”

Je me retrouve seul, dans ma petite salle très propre. La belle voix grave de T. me résonne à nouveau aux oreilles : “Tu vis peut-être juste une année scandaleusement normale.”

Et à nouveau, quelque chose bouge désagréablement en moi. Une pièce du puzzle que je mets en place en forçant juste un peu. Elle rentre mais mon intuition me souffle qu’elle ne doit pas être là. À la récréation, juste avant, avec J-M, nous avons parlé de nos expériences de professeurs en Essonne. “Ce que nous vivons n’est pas normal.”, c’est aussi T. qui me l’avait dit. Et il avait raison.

Est-ce cela, donc, la normalité ? Ranger sereinement des ordinateurs avec un gentil élève qui donne de son temps pour vous parler du menu de la cantine ? Pourquoi, alors, cette pièce, qui ne rentre pas ? Pourquoi, alors, cette très légère culpabilité, de ne pas tout à fait se sentir à sa place ?

J’ai sans doute déjà la réponse. Bien sûr que non, je n’aurai jamais l’impression d’être arrivé à destination. Bien sûr que je passerai mon temps à me demander si je suis au bon endroit. Bien sûr que j’aurai chaque année l’impression que c’est la première année. Lelio est d’une immense gentillesse et m’a proposé quelque chose de doux et de serein. Que je ne suis pas encore près à accueillir. Peut-être l’année prochaine. Où l’année d’après. Qui sait. En attendant, j’ai, étrangement, encore besoin de cette instabilité.

“And if it is my time to go,
I’ll give them one hell of a show.”

On écoute rarement en vain, et ces deux vers d’Anna and the Apocalypse sont parfaitement raccord avec mon état d’esprit du moment.

Il y a encore à brûler. À explorer.

C’est épuisant, mais je ne veux pas encore m’arrêter.

Lundi 30 mai

“Si vous ne devez retenir qu’une seule chose…”

Les cinquièmes Gardevoir se dressent sur leurs chaises. Je n’utilise presque jamais cette amorce. Trois fois dans l’année, environ. Alors oui, ça fait plus d’une chose, mais quand tu es prof, tu as le droit à un peu plus de phrases définitives que le commun des mortels, c’est l’un de nos supers pouvoirs.

“… c’est d’accepter de vous tromper. Je remercie vraiment ceux qui participent à la correction de ce devoir. Mais il n’y a quasiment que les élèves qui l’ont réussie. J’ai besoin de ceux qui se sont trompés.
– Mais alors on va savoir qui n’a pas eu de bonnes notes.
– Et donc ?
– Ben, c’est…
– Grave ?”

Petit silence. Et puis Henri lève la main. Ce qui est en soi un miracle un petit peu moins important que l’ouverture en deux de la Mer Rouge. Henri en lève pas la main. Ne se met pas en groupe, ne fait pas ses devoirs, à moins que je reste assis près de lui ou, dans mes jours d’impatience, que je le menace d’écartèlement.

“Je comprends pas ce qu’on fait.
– Bon. À quel moment vous vous êtes senti perdu ?
– Au début.”

Ça commence toujours comme ça. Alors, sans me soucier de ceux qui ont déjà compris, ceux qui sont en avance, sans individualiser du tout, je réexplique, juste à Henri. En cherchant les autres du regard. J’aimerais qu’ils comprennent ce que j’attends d’eux. Ceux qui ont pigé.

Et ils comprennent. Au fur et à mesure de mon explication, ils interviennent.

“Tu vois, Henri, l’auxiliaire, c’est celui qui aide. Genre ma mère elle est auxiliaire de vie. Sauf qu’en français, l’auxiliaire il aide le participe passé, donc il est jamais très loin.
– L’auxiliaire, moi, je l’entoure tout de suite, t’as essayé de l’entourer ?”

C’est un rebours sérieux de ce qui est habituellement recommandé. Ne pas singulariser un môme qui ne réussit pas. Mais juste une fois – et pour le coup, une unique fois dans l’année – compter sur la gentillesse de ces mômes. Les faire porter l’un des leurs. Fonctionner comme un grand corps, qui tente de s’articuler autour de ses membres les plus délicats.

Ça dure environ cinq minutes. Chacun y va de son explication pour Henri. Pour Fadwa, pour Solal. Pendant cinq minutes, juste, chacun échange comme il peut, son savoir. Anarchiquement, mais avec bonté.

C’est important, aussi.

Samedi 28 mai

L’un des derniers paquets de copies de l’année pour les cinquièmes Gardevoir – les notes s’arrêtent le 9 juin, autant dire demain – et les résultats sont catastrophiques. Éternelle perplexité. Là où les deux autres classes ont brillamment réussi, la quasi-totalité de ces mômes, plutôt enthousiastes et studieux, s’est plantée.

Qu’est-ce que j’ai oublié pour eux ? Est-ce parce que, leur faisant davantage confiance, j’ai été moins précis dans mes explications ? Que je leur ai accordé plus d’autonomie ? S’agit-il d’un hasard statistique, ou les responsabilités sont-elles partagées ? Je grince des dents à l’idée de terminer l’année scolaire sur des évaluations aussi décevantes.

Mais c’est aussi un apprentissage intéressant. L’échec. Au collège Hoshido, les élèves ont un rapport affectif à la note totalement démesuré.

Travail de fin d’année : désacralisation des nombres…

Vendredi 27 mai

Retrouvailles avec des collègues du lycée Gallia, l’autre soir, pour assister à un concert dans une serre encore employée pour l’agriculture, mais qui résonne de chants.

On me demande à quel point j’attends de trouver un poste fixe. De ne plus avoir à parcourir l’Ile-et-Vilaine, à m’adapter, et à attendre que les élèves aussi s’adaptent.

C’est vrai que c’est compliqué. Et maltraitant, pour nombre de profs.

Mais contre mauvaise fortune bon cœur, je parviens, personnellement, à me construire une constellation de visages dans tout le département. Qui me permettent notamment d’être là ce soir. Et ce n’est pas un réconfort au rabais.

Jeudi 26 mai

Je crois que ce petit bout de cours que je traverse pour amener les élèves depuis l’emplacement qui leur est dévolu dehors jusqu’à leurs salles de classe est mon endroit préféré de tout le collège. Parce qu’il y fleurit toujours ces instants improbables de conversation.

“Monsieur, vous avez vu, je sais faire la technique de Naruto, avec les doigts.

– Attendez, comment faites-vous ? Holà, je vais me faire des nœuds. Vous courez comme lui aussi, avec les bras en arrière ?

– Ah oui, je me demande pourquoi il fait ça.

– Pour l’aérodynamisme, peut-être ?

– Vous croyez ?”

Et voilà Inès partie, les bras en arrière, testant ma théorie.

“Tu fais quoi ?

– C’est le prof qui m’a dit de le faire.

– Genre on rentre en classe comme ça ?

– Oui !”

Et en chemin vers le bâtiment de français, six ou sept apprentis ninjas courent, bras en arrière, en rigolant.