Vendredi 15 octobre

C’était il y a un an. La douleur et la colère sont toujours là, et brûlent les veines de ce que l’on appelle l’Éducation Nationale.

Comme quelques-uns, rares, il est en permanence en ma mémoire. J’aimerais trouver les mots qui rendraient cette image supportable, pour ses proches, pour ses collègues, pour nous tous. Trois cent soixante cinq jours n’y ont pas suffi.

Juste, prenez soin de vous. Tous ceux qui portent, jour après jour, le souvenir de Samuel Paty.

Jeudi 14 octobre

Parfois, les élèves ont les questions les plus simples du monde :

“Monsieur, pourquoi vous êtes prof ?”

Parfois, je n’ai pas besoin de réfléchir

“Parce qu’il n’y a pas deux jours qui se ressemblent.”

Je pourrais développer. Expliquer, par exemple, qu’aujourd’hui j’ai découvert l’amphithéâtre du lycée Gallia (il était 8 heures, beaucoup trop tôt), où les élèves ont joué leurs adaptations d’Œdipe, et c’était doux.

Que les 1ères Tritox, pour la première fois, ont compris que je ne pourrai pas tout leur donner, qu’ils vont devoir chercher de leur côté le sens, dans les textes au programme, et que quand ils y parviennent, j’éprouve à leur égard une véritable admiration.

Que ces mêmes élèves ont subi en ma compagnie un exercice anti intrusion. Que pendant vingt minutes, on s’est bizarrement regardé sous les tables, et que quand j’ai lancé, en fin d’entraînement, “allez le troupeau de yacks, on s’y remet !” ils ont rigolé comme des collégiens.

Que, fait inédit, les premières Vulcanion se sont montrés respectueux avec moi, après que je les aies battu froid pendant une heure. Et que j’ai senti un soulagement. De la part d’énormément d’élèves écrasés par les mêmes grandes gueules, y compris des mômes que j’avais un peu trop vite étiquetés comme glandeurs.

Que j’ai enfin échangé quelques mots avec l’AED qui, tous les matins, joue merveilleusement du piano. Qu’on a discuté d’Ezia Polaris et qu’on doit aller prendre un verre à la sortie du boulot.

Je pourrais dire que chaque jour est un monde. Dans lequel j’ignore totalement quelles constellations je devrai suivre. Peut-être, sans doute, existe-t-il foule d’autres métiers similaires. Mais si, dans celui-ci, chaque nouveau matin m’offre de quoi étendre les frontières de mon univers intérieur, pourquoi devrais-je m’en lasser ?

Mercredi 13 octobre

Soyons honnêtes, la première Vulcanion est en phase de bolossage aigu du prof de français. Ils bavardent de plus en plus, se foutent de ce que je propose, sans jamais basculer dans l’irrespect – ce sont des lycéens – et à l’exception d’une poignée d’élèves hyper courageuses, ne participent que si l’activité est évaluée.

Mais ce qui hisse tous les drapeaux rouges, me concernant, est qu’ils salissent la classe. Ce n’est pas grand chose : quelques papiers par terre, ou ces petits bouts d’agenda que l’on peut arracher pour arriver directement à la bonne page. J’ignore pourquoi, mais ça a toujours été pour moi le signe que la classe déconne et qu’il faut agir.

Et cette année, je n’ai aucune excuse. Ce n’est pas une question d’inexpérience, de crainte – parce que oui, ça arrive que l’on craigne une classe, il n’y a pas de honte à ça, juste des interlocuteurs – ou d’obstacles matériels : c’est juste que j’ai la flemme. J’ai fini par apprendre, à force de taloches dans la tronche, comment reprendre en main un groupe qui part à vau l’eau et qui ne réagit ni à la rationalité, ni aux efforts du prof. Mais je déteste ça. Établir un protocole hyper rigoureux, mettre en place un plan de classe digne de Périclès, pour préserver les mômes au travail et isoler les relous, préparer des activités toujours plus précises, ne laissant aucune possibilité de faire semblant de bosser, ne pas marquer la moindre hésitation… Jusqu’à ce qu’ils aient compris que les quelques règles que j’ai établies en début d’année ne sont pas négociables.

Je déteste ça parce que ça me crève davantage que de préparer de chouettes cours, ou tenter de trouver la clé qui motive chacun d’entre eux. Mais je ne pourrai rien faire de cela tant qu’on n’aura pas la base : un respect des codes. J’espérais, enseignant à de jeunes gens, pouvoir m’affranchir de cette étape. Il faut toujours y passer, de façon plus ou moins stricte. Et plus j’attendrai avec les Vulcanions, plus il faudra insister. Alors autant y aller.

Mais ça fait vraiment chier.

Mardi 12 octobre

“Mais monsieur, on joue !”

Je ne pensais pas que cette phrase-là aussi me suivrait en Bretagne, et plus particulièrement au lycée. En plein milieu du hall, juste à côté du piano, devant une troupe indifférente – ceux sur leur portable, celles qui discutent du dernier cours, ceux qui s’apprêtent à rentrer chez eux… Deux premières jambes et bras entremêlés, le genou de l’un à quelques millimètres de l’estomac de l’autre. Et ma voix est sortie, en aboiement.

“Tu arrêtes !”

Cette voix n’est pas à moi, je n’ai ni la capacité ni les poumons pour la mobiliser. Cette voix, c’est celle de monsieur Vivi. Il me l’a prêtée un jour, près du canal du Collège Ylisse, alors qu’on rentrait tous les deux en voiture et que la même scène se déroulait. Ils étaient plus petits, mais rien d’autre.

“Mais monsieur, on joue !”

Et là aussi, Monsieur Vivi m’a appris a enfoncer ce dérisoire bouclier.

“Il a l’air de jouer, lui ?”

La victime du coup se recule, l’air gêné. Bien sûr qu’il ne prendra pas le parti du prof. Même au lycée, ça craint. Mais il en profite pour reculer et se perdre dans la foule. L’autre môme me fait face, un peu merdeux. Je le foudroie du regard. Lui administre les mêmes reproches. Même silence contrit, mêmes excuses, même “Non, tu t’excuses auprès de lui !” Voussoiement oublié pour le coup.

“Mais monsieur, on joue.” De tout ce que j’ai abandonné, j’aurais bien laissé ces mots derrière moi.

Lundi 11 octobre

Cher Léo,

Aujourd’hui, tout a été harmonie. Tu trouveras ça peut-être grandiloquent – et étrange que je te tutoie, alors que je voussoie tout mes élèves, toi y compris – mais je ne pourrai pas le dire autrement. Aujourd’hui, j’ai été, du début à la fin de la journée, le prof que je tente d’être, année après année.

Cette idée de commencer par vous raconter le conte du roi, de la princesse, du prince et du taureau m’est venue dans la voiture. Je ne sais pas pourquoi, mais cette pièce un brin puérile me semblait compléter comme il fallait cette aride leçon sur le commentaire composé. Et, pour une fois, mon intuition a visé juste. Ta classe de seconde et l’autre ont été réceptives. Partir de cette petite histoire, expliquer que oui, oui lire et interpréter c’est difficile, même quand tu es adulte, même quand tu es prof de français, c’était la clé. À partir de là, vous aviez l’air rassuré. En confiance.

Vous m’avez suivi dans mon analogie entre interpréter un texte et interpréter une partition. Avez eu l’air d’accepter que les exercices auxquels nous nous sommes livrés, ce sont les gammes qui nous feront entrer dans la musique secrète du texte. Vous avez accompagné Fabrice Del Dongo dans son périple à Waterloo, et, pour la première fois, j’ai eu l’impression d’avoir le temps de vous accompagner, tous, tandis que vous cherchiez à créer votre lecture du texte. Pour la première fois depuis que j’enseigne au lycée, toutes les portes que j’ai ouvertes ont réussi à vous mener vers le but que je visais. Ça te semblera sans doute étrange, mais pour un prof, il y a peu de chose aussi émouvantes.

Peu de choses. Comme voir Idris, Idris présent un cours sur six, t’accompagner jusqu’au bureau pour que tu me parles de ton genre. C’est la première fois que ça m’arrive. Et pour ça, je dois te remercier. Pas de m’avoir “initié” à quoi que ce soit. Pas d’avoir rajouté une anecdote à mon chapeau. Mais de m’avoir accompagné dans ce moment, plus que tu ne peux l’imaginer. En me montrant ton soulagement, un soulagement profond, immense et sobre, à la fin de notre discussion. En m’empêchant, par tes mots simples, de sortir l’immense connerie que je me préparais à sortir “Oh ben dis donc, je m’en doutais un peu, quand même !” J’aurais eu du mal à me le pardonner. En me faisant, enfin, comprendre, à quel point il peut s’agir d’un moment simple et serein.

Bien entendu, je me doute pourquoi tu es venu m’en parler. Mais ce n’est pas important. À tel point qu’on ne l’a pas évoqué. Que, lorsque tu es parti, je t’ai rappelé que si tu ne me rapportes pas ton devoir maison demain, tu risques une sanction.

Ce n’était pas l’apogée de ma journée. C’en était le point d’orgue. Pour une fois, j’ai réagi comme j’imagine le Samovar idéal le faire.

Et je sais que ça ne veut rien dire. Demain, peut-être la journée sera-t-elle épouvantable. Peut-être sera-t-elle encore meilleure. En attendant, on avance, pas à pas. Et on grandit.

Samedi 9 octobre

L’air de rien, je suis déjà à plus de la moitié de mon remplacement. Six semaines, en reste onze. “Non mais c’est pas vrai, vous allez rester, en fait.” m’a sorti un élève l’autre jour. Pas par flagornerie, je pense, ou incompréhension. Juste cette sensation qu’on a commencé l’année ensemble, que ce serait normal qu’elle se poursuive de même.

Sauf que non.

C’est en passe de devenir une blague, je dis aux classes que je m’apprête à quitter que je vais me montrer infect avec elles, histoire de ne pas laisser de regret. C’est une pirouette, pour moi autant que pour eux.

Parce qu’en attendant, je ne sais toujours pas comment gérer les aux revoir.

Vendredi 8 octobre

Trente-cinq élèves, dans une classe, c’est beaucoup. Trente-cinq élèves masqués, dans un nouveau bahut, quand tu viens du collège, c’est énorme. Habituellement, après un mois, je connais presque tous mes élèves, privilège du prof de français.

Là, c’est encore fort brumeux, notamment pour les élèves de Première Vulcanion, que je ne vois que trois heures par semaine. Ne pas connaître les noms d’élèves, ça désavantage, pour plein de raison. D’abord par fierté : je déteste être le prof qui passe son temps à redemander aux élèves de sortir leurs pancartes de début d’année, ou qui répète en permanence “Vous… Oui, c’est quoi votre nom, déjà ?” Et puis – mais ça je préfère me faire manger tout cru par un inspecteur plutôt que de l’avouer – c’est la honte pour moi, que les élèves se rendent compte que je ne les connais pas encore. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai la sensation que cette incapacité à mémoriser leurs prénoms porte atteinte à la relation que j’essaye de développer avec eux.

Du coup je triche. Par exemple en jetant un coup d’œil sur le trombinoscope, toujours ouvert, mais qui n’aide pas toujours : je ne suis pas physionomiste, et voir les mômes sans masque me perturbe.

Bien entendu, il y a des élèves que l’on repère tout de suite. Ceux qui participent, ceux avec qui on va avoir une conversation poussée, qu’elle soit agréable ou tendue, ceux qui ont un signe distinctif et… ceux qui ont des problèmes, quels qu’ils soient. Et ça me chagrine un peu.

Le premier prénom que j’ai fixé est celui de cette élève faisant très régulièrement des malaises en classe, que les médecins n’arrivent pas à identifier ou à soigner. Le second, le garçon en phobie scolaire, aux absences de plus en plus longues et fréquentes. Le troisième, celui du gamin qui risque une exclusion.

Et même si c’est idiot, je ressens un léger inconfort, à me dire que je retiens ces élèves par des trucs qu’ils préféreraient probablement passer sous silence. Et que, quand je serai parti d’ici un mois et demi, c’est sans doute ça qui me restera d’eux. C’est un paradoxe avec lequel je continue à lutter, en tant que prof : tenter de comprendre chaque élève dans sa complexité. Mais, en avoir tellement en charge.

Jeudi 7 octobre

Journée nulle. De ma part je veux dire. Je ne sais pas vraiment pourquoi : j’ai l’impression d’avoir préparé correctement mes cours, d’être prêt pour ce long jeudi, mais rien ne fonctionne, ou presque.

J’ai appris à reconnaître ce genre de journées instantanément : dès la première heure ma voix, habituellement peu agréable, va sonner encore plus faux qu’à l’accoutumée. Mes tics de langage se multiplient, ma pensée s’évade. Je ne suis pas dedans. Et si je n’y arrive pas, comment pourrais-je l’exiger des élèves ? Peut-être est-ce la fatigue, peut-être ai-je mésestimé ce que j’attendais des mômes. Mais le fait est que je ne les amène nulle part et j’ai la très désagréable impression de leur faire perdre leur temps. Forcément ça m’énerve, je deviens irascible et foncièrement désagréable, ce qui les braque encore plus.

Dans ces moments-là, il faut faire comme durant cette période où j’ai intensément joué à World of Warcraft : admettre qu’on ne finira pas le donjon dans les temps et juste essayer de le terminer le plus proprement possible. “Ça n’est pas grave, on apprend.” disais-je à chacune de nos défaites, essayant davantage de me convaincre que de réconforter les autres. C’est ce que je me dis aujourd’hui. Et comme à chaque fois, ce mantra ne fonctionne qu’à moitié ; dans ce cas-là une seule chose à faire : passer à une toute autre activité, devenir, l’espace de quelques heures, quelqu’un d’autre. Aller courir, se préoccuper de la santé de ses lapins, de la haie qui pousse trop, de Tales of Arise, auquel je n’ai absolument pas eu le temps de jouer cette semaine. N’importe quoi, mais ne pas être prof. Et oublier.

Mercredi 6 octobre

Note liminaire : ce billet me vaudra probablement des montagnes de protestations. Il est le reflet d’une pensée en cours de route, que je traduis histoire d’en garder une trace et de progresser à ce sujet. J’accueille le débat et la contradiction avec joie, l’insulte avec une batte de baseball. Bisous !

Très régulièrement, les médias mettent en lumière une enseignante ou un enseignant portant une pédagogie qualifiée de novatrice, et s’étant fait connaître pour un bouquin, une participation à un concours international ou que sais-je encore. Et invariablement, la réaction des réseaux sociaux est la même : moqueries et indignation du côté enseignant dans sa globalité, admiration et incitation à l’imiter du côté des politiques. C’est le cas, notamment, de Juline Anquetin-Rault, récente participante au Global Teacher Price, et faisant partie des cinquante finalistes.

L’article de 76actu relatant son parcours a fait pas mal de bruit dans le Landerneau éducatif, et je suis donc allé y mettre le nez. Mon instinct a été de brocarder cette collègue, tant j’ai éprouvé de la répulsion devant ce que j’ai lu. Mais en ce moment j’essaye – ne me demandez pas pourquoi, ce serait trop long – d’analyser les raisons de mes premières impressions. Et me suis donc posé la question : pourquoi ce violent rejet à l’égard des éducateurices présenté⋅es comme le futur de l’éducation au grand public ? Je précise une bonne fois pour toute que je ne parle ici qu’en mon nom, et absolument en celui de mes collègues.

Après tout, il pourrait sembler cohérent que je m’intéresse un minimum à des méthodes qui fonctionnent. Mieux, que je souhaite les appliquer. Or, dès que je vois un titre de ce genre passer, je sens mes intérieurs se tordre façon nœud marin par grand vent. Et si je pars du plus viscéral, je pense que oui, il y a d’abord une première vague de jalousie. Parce que je ressors d’une journée où tout ne s’est pas idéalement passé. Parce que je n’arrive pas à faire avancer Laya dans l’analyse des textes, parce qu’une classe m’a bolossé pendant une heure. Et l’idée du prof idéal me renvoie à mes insécurités. C’est un fait, et il serait malhonnête de le nier.
Ce malaise est d’autant plus désagréable qu’il fait écho à la mauvaise image dont souffre ma profession : on entend pis que pendre sur les enseignants, feignasses, surpayés et toujours en vacances et quelques élus sont portés aux nues. Et il y a quelque chose, là encore de très instinctif qui me tourmente : au fond, ces reproches ne sont-ils pas fondés ? Ne devrais-je pas bosser davantage plutôt que d’écrire un billet en ce moment ?

Mais très souvent, cette insécurité se mêle de déception. Parce qu’en lisant ces articles, j’ai toujours l’impression de lire un publireportage : je pense, notamment, à Céline Alvarez, très à la mode il y a quelques années, et qui vantait une méthode soi-disant révolutionnaire. Mais hormis quelques éléments de communication, on a surtout entendu parler de son bouquin, jusqu’à en placarder des affiches sur la ligne 6 du métro. Et c’est là qu’on touche à quelque chose d’essentiel, à mon sens : peut-être ces supers profs sont-ils si bien accueillis parce qu’il permette de convertir l’éducation en un produit.
La méthode untel, fonctionnant selon tel process, permettra de donner tel résultat. Et si ça n’est pas le cas, c’est que son exécutant est en faute. J’ai un peu tiqué, lorsque j’ai vu que les moqueries à l’égard de Juline Anquetin-Rault se fondaient beaucoup sur les quelques anecdotes rapportées par l’article, et notamment une carte de géographie en polystyrène. Bien entendu, dis comme ça, ça fait débile, mais la journaliste n’allait pas se lancer dans des considérations techniques. Mais cet exemple me semble aussi maladroit : il contribue à présenter les méthodes pédagogiques comme un ensemble de “trucs”, de tâches mises bout à bout et qui constitueraient, encore une fois, une mécanique. Sans compter que, bien souvent, on apprend ensuite que les méthodes montées en épingle ont bénéficié de soutiens non négligeables de la part de ministères ou des collectivités, quand on rame pour avoir assez de chaises par salle dans le bâtiment B.

C’est peut-être là l’insupportable, pour les profs comme pour les parents, ou les élèves : l’éducation est un foutoir monstre. On a voulu – à mon avis à raison, même si je sais que cette opinion me vaudra pas mal de goudron et de plumes – que l’enseignement se fasse au sein de l’éducation nationale, et non plus l’instruction publique. Et de fait, on a énormément complexifié la chose. “S’il existait une méthode qui fonctionnait à tout coup, on l’enseignerait.” doit être la phrase que je répète le plus souvent quand je parle avec des stagiaires. D’où mon agacement. Il existe des milliers d’enseignants qui se décarcassent loin de la lumière des médias pour mettre en place des méthodes qui fonctionneront à merveille une année, dans une classe. Qui sauveront des élèves. Mais il ne s’agit pas d’actions médiatiquement sexy. Il ne s’agit pas d’objets cohérents, que l’on peut résumer dans un article de presse.

En réfléchissant cet après-midi, je rigolais, et me demandait si les cuisiniers grincent des dents quand on leur parle de Top Chef. Partent dans de grandes tirades, expliquant qu’eux aussi, avec le matos et le temps, ils pourraient en faire autant.

Je reste insatisfait du point où j’en suis arrivé. Parce qu’une fois tout cela dit, je m’imagine un scénario : quelqu’un vient me trouver avec cette fameuse méthode miracle. Un procédé magique, qui fonctionne à tout coup, pour toutes les classes. Accepterais-je de l’appliquer, invariablement et sans me poser de questions ?

La fonction d’enseignant-chercheur existe, dans le milieu universitaire. Mais j’ai tendance à penser que nous le sommes tous un peu, dans ce boulot.