Week-end de corrections, de préparation d’activités. Par la fenêtre, la lumière qui descend, la pluie, toute douce. Les lapins qui se baladent en silence. Ça n’est pas désagréable, mais ça reste ce travail invisible, permanent, que je n’arriverai sans doute jamais vraiment à faire comprendre à mes proches. Un samedi où le mur entre le prof et la personne se brouille. Comme souvent.
Au lycée Gallia, les projets abondent. Je craignais que, avec les échéances de la première, le programme gargantuesque de la seconde et le nombre affolant d’élèves, tout le monde se focalise uniquement sur les tâches immédiates.
En fait non.
Les professeurs-documentalistes – réactives et efficaces, à croire que ça vient avec le boulot – ont ouvert la salve et proposé tout un tas d’idées hyper enthousiasmantes, permettant au premières d’étudier des BD en plus de les préparer à l’oral du bac, le collègue d’anglais a déjà prévu d’amener les secondes à un festival du film anglophone, un journal du lycée est en préparation, des concours de poésies sont prévus…
Et on on m’y invite souvent. Mon statut de petit nouveau n’a absolument pas empêché ma boîte mail d’exploser sous nombre de sollicitations alléchantes. Des représentations théâtrales en lien avec le programme, des sorties me permettant de mieux connaître les mômes, de leur donner une autre vision du programme de français et…
Oui mais je vais devoir décliner.
Je vais devoir décliner parce que je ne serai plus là, le 6 décembre. Le 3 janvier. Le 18 février. Et non, je ne me suis pas non plus présenté au conseil d’administration, même si je suis syndiqué. Pas plus que je ne participerai à nombre d’activités que les personnels du lycée partagent depuis longtemps. Ma présence dans le bahut bug, parfois. Comme si mon image, l’espace d’un instant, se pixelisait. La voix décroche, toujours pour le même message d’erreur : “Je ne serai plus là.”
Ce que j’aime, dans ce boulot, c’est de me lancer dans chaque nouvelle année comme dans autant d’épopées. Une grande saga en plusieurs volumes. Mais là, l’aventure a plutôt le format d’une nouvelle. Et, déjà, à intervalles encore espacés, mais régulier, les lumières indiquant la fin de la course scintillent au loin.
Comme souvent lorsque la situation se présente, je suis gréviste aujourd’hui. Et comme souvent, l’avoinée que se prennent les personnels d’éducation qui arrêtent le travail est impressionnante. Bien entendu, les réseaux sociaux ont un pouvoir déformant qu’envieraient nombre de nos responsables politiques, mais je pense que l’excès des réactions ne vient pas de là.
Je pense que les métiers tournant autour de l’enseignement – CPE, AESH, prof, infirmières scolaires et j’en passe énormément – sont souvent perçus comme une sorte de sacerdoce. Et, pour les observer au quotidien depuis des années, je peux comprendre pourquoi : aucune autre expérience professionnelle ne m’a montré des gens aussi dévoués, sur le moment, à leurs métiers. Non pas que les enseignants ou les AED soient des êtres supérieurs : c’est juste que, durant une journée de cours, il n’est pas possible de relâcher la tension. Comme je le pouvais, par exemple, quand je travaillais en entreprise. À partir du moment où nous entrons dans un bahut et, souvent, même, quand nous en sortons, les mômes occupent toutes nos pensées. Savoir gérer ce poids est l’une des premières compétences que nous tentons d’ailleurs d’acquérir.
Et c’est justement pour cela que j’estime nécessaire de défendre les acquis de ma profession, et de lutter contre sa dégradation : oui je me voue à mes élèves. Oui, je suis souvent prêt à faire les pas en plus pour améliorer un cours, aider un gamin en difficulté, rassurer des parents.
Mais j’exerce un métier. Hors des murs du lycée, mon paquet de copies rangé, je m’astreins à me protéger. Professeur est un rôle, pas une partie de mon ADN. Je pourrais être quelqu’un d’autre. Faire quelque chose de différent. Et j’ai donc le droit, comme tous mes collègues dans le monde de l’éducation, que l’on traite ma profession comme toutes les autres. Si, parfois, et peut-être trop souvent, j’injecte de l’émotion dans mon travail, c’est un choix, pas une obligation.
Et peut-être, souvent, cette évidence est perçue comme violente. Parce qu’il faut “penser aux élèves”. J’y pense. Comme nombre de mes collègues, j’y pense souvent, et la lutte qui se poursuit aujourd’hui est avant tout menée pour eux. Mais ils ne sont pas mes enfants. Je me dois, par éthique et par sanité mentale, de me mettre à distance. D’observer d’abord le cadre de ma profession, de me rendre compte qu’il est bien malmené. Et que ce n’est pas à nous, personnels d’éducation, de le bricoler pour palier aux insuffisances de nos dirigeants.
Aujourd’hui je fais grève. Pour que mon métier reste un métier. Et que je puisse m’y consacrer, sans crainte et de toutes mes forces.
Pour des raisons qui n’importent pas dans ce billet, j’ai décidé de ne pas constituer d’emblée de plans de classe cette année. J’ai préféré attendre une semaine, ce qui m’a amené à rapidement réorganiser deux classes, sous peine de les trouver transformées en annexe du Macumba dance-club, et à en laisser deux telles quelles. En effet, les élèves y travaillent avec bonheur et semblent plus efficaces ainsi.
Et dans ces deux classes, s’est monté le mur des chouchous.
Il y a sans doute beaucoup à analyser dans la composition de ces deux fois quatre élèves, qui occupent l’avant de la classe et lèvent perpétuellement la main. Sept garçons et une fille allure gothique. Je me suis toujours mieux entendu avec les filles en général, mais mes coups de cœur sont presque exclusivement des garçons, et ce depuis le début de ma carrière. C’est pas faute de l’avoir remarqué, d’essayer de m’en prémunir, mais ça se trouve toujours comme ça. Toujours des mômes qui savent parfaitement jusqu’où aller au niveau de la familiarité. Pas forcément des têtes de classe, mais perpétuellement curieux. Malins. Les méandre de mon inconscient me restant un mystère qui feront un jour la fortune de quelque thérapeute, je me contente pour le moment d’observer ce phénomène.
Et de m’en méfier. Un mur, ça protège et ça isole tout en même temps. Particulièrement au lycée, où il est terriblement confortable d’aller à développer sa pensée, ou d’ouvrir un parenthèse culturelle devant les quatre paires d’yeux qui écoutent, notent, posent des questions, ou hochent la tête en souriant.
Mais cette année ils sont trente-cinq. Et il est hors de question que j’en laisse basculer dans le brouillard. Alors je m’astreins, plus que les autres années, à les laisser, à continuer à circuler, à leur retirer gentiment le bâton de parole métaphorique. À aller vers les élèves que je sens en résistance, de leur côté comme du mien. Juguler l’affect, ce foutu affect, tout en l’acceptant.
Et puis, le soir, envoyer à la classe un message concernant un documentaire qui passe sur Les liaisons dangereuses. Et échanger deux trois messages avec un des chouchous du mur qui l’a immédiatement regardé. C’est aussi ces petites gourmandises égoïstes qui nous rendent plus fort. Pour tout le monde.
J’en suis venu à redouter tous mes cours de Première Tritox, la Première Générale que j’ai en charge. Et je commence aujourd’hui à comprendre pourquoi. Ce n’est pas une question de didactique ou de pédagogie : je suis en train de me battre contre le programme.
De notoriété publique, les exigences de la matière durant l’année du bac de français oscillent entre le rigoureux (pour les plus optimistes des collègues) et le totalement délirant (pour les… disons moins optimistes). La préparation des vingt textes à présenter à l’oral, la méthodologie de la dissertation, du commentaire, les lectures d’œuvres souvent bien costaudes, le tout saupoudré d’une généreuse couche de grammaire : il y a de quoi perdre faire perdre son sang-froid à un prof aguerri. Alors un débutant…
J’ai connu cette lutte avec tous les programmes de collège. Une sorte de confrontation où on donne un coup par ici, on fait une concession par là, pour ne pas finir en machine à déballer du savoir ou en animateur de centre aéré. Et c’est exactement ce à quoi je me confronte actuellement, mais le niveau de difficulté est passé de normal à boss final de Drakengard 3 (une de mes ambitions de l’année est de terminer cette horreur. Oui, j’ai des rêves fabuleux.)
Les délais ultra-serrés de l’année de première mènent à toutes sortes de dilemmes. Aujourd’hui, j’ai passé une heure avec les élèves à les promener dans le prologue de Juste la fin du monde. Visionnage d’interprétations diverses, et mise en scène personnelle de l’extrait. Un cours “ludique”, même si cet adjectif commence à me flanquer de l’urticaire. La deuxième heure a été consacrée à une analyse bien plus aride, qu’ils ont franchie sans la moindre difficulté. Les mots de Lagarce au creux de l’oreille, et une envie bien plus forte de se confronter à son langage. J’ai investi une heure. Ai-je bien fait ? Était-ce trop, pas assez ? Dois-je systématiser cette approche ou était-ce un événement unique, qui a vocation à le rester ?
Parfois, juste parfois, j’aimerais avoir l’impression d’avancer sur de la pierre, et pas sur du sable.
“C’est votre dernier devoir de collégien !” ai-je rigolé, en déposant les sujets du contrôle sur les tables. Une évaluation sur le chapitre de début d’année, un chapitre de révision.
Les secondes ont le front baissé sur leurs feuilles, et ma crainte d’avoir bricolé une tâche trop simple se métamorphose quasi instantanément en son opposée : la concentration est intense, et, sur les trente-deux visages présents, peu ont l’air rassurés. Je me promène dans les rangées et les mains se lèvent. Comme au collège, le poing bien refermé, le doigt bien haut. Et exactement les mêmes phrases :
“Est-ce que le cadre, c’est comme ça qu’il fallait le faire ?” “Monsieur, je crois que c’est la bonne réponse mais je suis pas sûr.” “J’ai jamais été évalué avec des notes, si je rate, est-ce que ce sera grave ?”
Je passe la moitié de mon temps de parole à expliquer que non, je ne donnerai pas les réponses et l’autre à rassurer. Pendant ce temps, mon démon habituel rigole. Il y a eu double jeu de dupes. J’ai voulu me faire passer pour le prof de lycée aguerri, et eux pour les secondes déjà solides, en place dans leurs acquis et leurs méthodes.
Alors qu’ils sont encore, pour nombre d’entre eux, des collégiens qui craignent de rater un détail primordial ou de souligner de la mauvaise couleur. Rien d’humiliant à cela. Mais j’aurais dû le pressentir plus tôt. J’ai beau m’arrêter à chaque fin d’explications, multiplier les “tout le monde comprend ?”, proposer de reformuler, de répondre aux messages envoyés sur Pronote, je sais parfaitement qu’ils continueront à se cacher tant que je ne serai pas allé fouiner et pointer du doigt ce qui ne va pas.
Les corrections seront longues, et le travail les menant à l’autonomie plus encore. J’ai passé quatorze ans à donner un cadre à des mômes qui en avaient désespérément besoin, et je dois désormais apprendre à de jeunes gens à constituer le leur. Eh bien allons-y.
Il y a maintenant cinq ans, T., mon collègue de français à Ylisse, m’avait envoyé des morceaux de musique électronique sur lesquels il bricolait.
Aujourd’hui, il sort son deuxième album, dans ce qui est devenu un univers tant musical que littéraire. Alors je vous encourage très fort à aller faire un tour dans cette science-fiction musicale, où vous trouverez également les petits cailloux de mon prochain roman.
Dans sept mois, le grand spectacle des élections présidentielles connaîtra son vainqueur. Et déjà, la course a commencé. Le problème, comme beaucoup de séries qui durent, c’est l’incapacité de cette grande rigolade à se renouveler. On retrouve systématiquement les mêmes épisodes : les candidats qui se déclarent (avec les oooh et les aaaaah du public), les affrontements sur les plateaux télé – oui oui, le média qui devait être relégué aux oubliettes par YouTube – et, bien entendu, les débats sur les sujets de société.
Et parmi eux, l’indémodable classique, celui qui fédère les grands et les petits : le statut des enseignants. Avec une régularité qui pourrait remplacer une horloge atomique, on se demande entre journalistes aux mines sérieuses si les profs travaillent assez, s’ils ne sont pas un peu trop payés quand même, et s’ils sont si compétents ça, quand on vois que “le niveau baisse”. (depuis le temps, le niveau doit être perdu quelque part entre les abysses et le septième cercle des enfers).
Une collègue, connue sur Twitter sous le doux pseudonyme de Mahaut d’Artois pestait il y a peu, se demandant pourquoi ce sujet revient systématiquement sur la table, et pas le statut professionnel des croques-morts ou des fildeféristes. (J’ai rajouté fildeféristes parce que j’adore ce mot).
Je ne chercherai pas à me lancer dans une analyse sociologique, n’en n’ayant pas les compétences. Mais cette énième apparition du débat me fait penser à un gag de Mafalda, dans lequel sa copine Susanita prétend que son père gagne plus que celui de Mafalda. Quand cette dernière lui demande comment elle peut l’affirmer, Susanita a cette réponse géniale : “Il ne s’agit pas d’affirmer quoi que ce soit, mais de respecter l’idée que j’en ai.”
Je pense qu’une des racines de ce que l’on appelle vilainement et un peu simplement le “prof-bashing” vient de là. Comme je l’ai souvent écrit ici, presque tout le monde a longuement fréquenté des enseignants. Et a forcément développé des jugements quant à la profession. Or, ces jugements, parfois infondés, sont un carburant fabuleux pour alimenter des polémiques faciles, et donc télégéniques. Les choses iraient mieux si les profs étaient davantage présents dans les établissements scolaires, s’ils enseignaient plusieurs matières, s’ils étaient formés à Montessori, Freinet ou Dorothée. Les profs sont des privilégiés, qui passent leur temps à boire du café en préparant leur prochaine grève rémunérée. À croire que dès le CAPES passé, notre premier cours de formation consiste en une trépanation qui nous transformera en feignasses de compétition, dont le seul but sera de faire souffrir des élèves et d’en foutre le moins possible.
Je pense qu’il y a quelque chose de fondamentalement rassurant, dans ces discours agaçants. Parce que l’Éducation est un enjeu primordial et complexe. Un jeu auquel aucun candidat ne gagnera jamais. “S’il y avait un ensemble de méthodes qui fonctionnent à tous les coups, vous ne pensez pas qu’on l’appliquerait depuis des années ?” C’est généralement ainsi que je clos les débats lorsque je fais également face à ces questions. Parce que je sais que je ne pourrai pas convaincre un interlocuteur qui, comme Susanita, veut que l’on respecte son idée. Aimerait que les élèves et les écoles aillent mieux grâce à quelques mesures simples, qui avantageraient les gentils et puniraient les méchants. Mais, et c’est peut-être l’une des spécificités les plus importantes de ce métier, le succès ou l’échec d’une journée de cours repose sur bien plus que l’investissement et la conscience professionnelle.
Alors que faire ? Personnellement, je tente de ne rentrer dans des polémiques que sur des points précis, sur lesquels j’essaye d’être le mieux renseigné possible. Et puis j’écris. Je parle. Le plus possible de mes journées, de mon quotidien, afin de déconstruire cette image des profs de plateau télé. Ce n’est pas une croisade ou une quête personnelle. C’est juste tout ce que je me sens de faire pour l’instant.
Cette année, j’ai la chance de ne pas faire cours le vendredi. Ce qui implique réciproquement que le reste de la semaine est plutôt dense au niveau de la présence devant élèves.
Le vendredi est donc devenu le jour où j’arrache au temps. Durant l’année scolaire, je cours après les obligations professionnelles. Mais je cours également après tout ce qui me compose et n’est pas le boulot. La lecture, la musique, les jeux vidéo, les lapins, la vie sociale. Je me suis rendu compte depuis ma rencontre avec T. il y a maintenant six ans, que cette lutte-là serait primordiale. Aller chercher des moments qui me permettent d’être autre chose qu’un prof. De m’abstraire totalement et absolument de ce rôle-là. Et c’est lorsque j’y suis enfin parvenu que je me suis définitivement entendu avec mon boulot.
Paradoxe : c’est fatigant, de prendre du temps. De se ménager des plages de temps libre, de faire taire cette voix incessante qui déroule en litanie ce qu’il te reste à faire, le retard que tu prends dans des corrections de copies, des évaluations, des préparations de cours. Je passe mon temps à dépenser de l’énergie pour en retrouver. Mais la semaine qui vient de s’écouler, durant laquelle je n’ai presque rien eu le temps de faire, m’a rappelé à quel point cette “hygiène” de vie (j’insiste sur les guillemets) m’était essentiel. J’ai terminé les cours avec une sensation de vide et une boule dans la poitrine que je n’avais pas ressentie depuis bien longtemps.
Le boulot de prof est une succession de numéros d’équilibriste. Et au nombre de ceux-ci, trouver comment se préserver ne fait pas partie des moindres.
J’ai un immense problème de rythme. Quel qu’il soit. Je suis quasi incapable de marquer une pulsation correctement, je danse comme un pied. Jusqu’au mot rythme lui-même, dont l’orthographe me cause toujours une seconde d’hésitation.
Tout ça n’est pas bien grave. Mais c’est plus gênant quand le rythme s’applique à mon métier.
Jeudi, 15h. Les Premières Tritox sont épuisés. Grosse journée, grosse semaine. C’est le cas pour moi aussi. J’achève – presque littéralement – une semaine de vingt heures. Avec, qui plus est, la suite de leur première explication linéaire, qui s’avère, forcément extrêmement laborieuse. Leur concentration chancelle, ma patience aussi. Mais je persiste. Je persiste parce que je me dis que si je lâche maintenant, c’est mon statut qui est en jeu. Qu’un prof de lycée, parfois, doit forcer. Et surtout, je ne lâche pas parce que, dans ces moments-là, je suis sourd. Je n’arrive pas à comprendre s’il s’agit d’une simple crise de flemme ou d’une fatigue profonde. Et il me faudra vingt bonnes minutes de tentatives merdiques pour me rendre compte qu’ils sont juste totalement cuits. Que la première heure de français était déjà bien costaude et que là, ils n’ont plus l’énergie de se mesurer à un exercice nouveau pour eux et nécessitant une vigilance de Batman sur la piste du Joker. Alors je leur propose de ranger leurs affaires. Je termine l’heure en leur parlant de Juste la fin du monde, que l’on va bientôt commencer à lire. Ils écoutent d’une oreille. Je suis à contretemps, j’aurais dû faire ça plus tôt.
Fin de cours un peu amère, je suis passé à côté. Encore une fois. Le vieux défaut m’a encore coûté du temps. La seule chose que j’ai apprise c’est de ne pas trop m’en vouloir. De tirer le rideau et espérer que les choses iront mieux la prochaine fois. Chasser le gris, et accepter de recommencer.