
L’un de mes gros défauts en tant que prof a toujours été ma tendance à surcharger mes cours d’informations. J’ai toujours peur de ne pas donner suffisamment de contexte, de précisions, toujours peur du vague et du vide.
Et donc je les perds.
Apprendre à trancher, à accepter qu’on sera forcément partiel et parcellaire, choisir ses combats didactiques. C’est un boulot auquel je me suis attelé ces dernières années et que je commence à maîtriser. J’ai découvert que c’était le cas pour une toute autre partie de ma pratique.
Ce qui me met en colère.
Cette année, j’ai décidé de ne plus vriller que sur deux problèmes. Les autres, je les traite au cas par cas, j’explique, je garde mon calme. Mais je n’affecte plus de péter les plombs que sur deux points : le matériel et leur respect les uns par rapport aux autres. Alors oui : je leur fais la guerre pour un stylo rouge, j’appelle les parents et l’assistante sociale pour leur fournir un cartable complet. Je colle pour un « imbécile » lancé en classe. Parce que j’ai la sensation que je peux construire tout le reste sur ces deux principes. Que chacun ait de quoi bosser, sans se faire la guerre. Après, qu’il y a des soucis de compréhension, que les devoirs n’aient pas pu être faits, que ça tente de mâcher du chewing-gum ou de filouter pendant une évaluation, ça m’est possible de le gérer au cas par cas. Choisir ses batailles et s’y tenir, être inflexible toujours aux mêmes endroits. Que les mômes sachent où ils évoluent, et aussi – c’est important – leur laisser quelques espaces de flou.
Drôle d’alchimie, celle des règles de classe. Mais essentielle, elle aussi.








