Mercredi 23 juillet

Il y a deux ans de cela. Nous nous trouvons dans la très grande salle que j’occupe, dans ce tout petit collège. C’est l’heure de midi et nous avons rapproché les tables. Je n’arrive plus, moi, le maître de jeu aguerri, à poursuivre la partie du jeu de rôle avec le club qui s’est formé un peu par accident. Les courageux investigateurs perdus dans une forêt ont, depuis le début de la partie, raté TOUS leurs jets de dés, et actuellement, le personnage de Yann est prostré derrière un muret, s’est pris une balle dans la fesse et psalmodie : « c’est pas très très juste, quand même. »
Nous pleurons tous de rire devant cette avalanche de malchance, et cinquante minutes, ça n’est pas assez pour toutes ces aventures géniales.

Une semaine plus tôt, Yann jouait le Comte, dans Le Cid. Il parlait trop doucement, mais avait dans son attitude sur scène, tout le mépris nécessaire à ce personnage. Il connaissait son texte par cœur, n’avait pas la moindre hésitation. « C’est dommage qu’il meure si vite », m’avait soufflé Louann-Chimène, dans les coulisses.

Présent de vérité générale.

Yann est mort hier. Message d’une collègue via WhatsApp. Il avait seize ans.

Je ne comprends pas. Ça ne m’est encore jamais arrivé. Ça n’est pas possible, pas concevable, ces lettres que je viens de taper sont obscènes. Les élèves nous disent au revoir, on a le cœur un peu serré, et puis, de loin en loin, on a de leurs nouvelles, ils deviennent des adultes, parfois ils vous recontactent sur les réseaux sociaux. On se dit qu’un jour on aimerait bien se voir.

Mais pas comme ça. Pas ça.

Les images d’une famille que je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer, de ses camarades, de sa place, à côté de sa copine Layla. Comment peut-elle aller, Layla ? Cette pensée ridicule qu’il n’aurait jamais fallu qu’il sorte de la salle C12, que là, au moins, il était en sécurité.

Je ne sais que faire avec ce message arrivé ding, comme ça. Je ne sais que faire de ce chagrin en vagues. Je pensais avoir fait le tour, avoir tout vécu en tant que prof. C’est jamais fini. Parce qu’être prof c’est suivre la fluctuation de milliers de vies.

Et aujourd’hui, Yann me l’enseigne, de plusieurs morts.

Vendredi 11 juillet

Aujourd’hui j’ai la haine.

J’ai la haine parce que je suis en mémoire dans le 35m² du 12e arrondissement de Paris. C’est le confinement, le premier, le grand, le chaotique, celui où personne ne comprend vraiment. Mon ordinateur me sert à deux choses essentielles : jouer à World of Warcraft et faire cours. Lorsque je démarre les sessions sur l’affreuse interface dédiée, il y a des mômes. Plein. Souvent les trois quarts de la classe. Quand ils activent le micro, larsen et bruits fugaces, j’entends des voix, des sons. Soeurs et frères, bruit de vaisselle. Leur appartement est moitié moins grand que le mien et ils sont cinq, six, neuf à se partager l’espace. Ils ont emprunté l’un des deux portables disponibles, et se galèrent sur l’interface microscopique.

En mémoire, je suis dans la salle informatique du collège de Renaïs, cette année. Ces mômes futés, capables de comprendre l’implicite d’une œuvre en quelques minutes se galèrent devant un logiciel de traitement de texte. Parce que l’ordinateur, c’est une machine qui n’existe qu’au collège, pour eux. C’est pas de la bêtise ou une limitation d’intelligence.

C’est un obstacle social et financier.

J’ai la haine aujourd’hui, parce que je tombe sur la couverture d’un bouquin écrit par deux mecs qui prétendent enseigner : « Ne faites plus d’études : Comment apprendre à l’ère de l’IA. » J’ai la haine parce que c’est l’écume d’une vague bilieuse et glauque, rots d’autosatisfaction. Les énièmes représentants d’une caste pour qui l’accès à la technique, aux connaissances et aux codes sociaux – oui, ça en fait partie – nécessaires pour utiliser le dernier Frankenstein à la mode ne sont même pas des questions. Des personnes qui ne comprennent pas à quel point leurs quelques pages d’autosatisfaction puérile abîment. Nos deux compères dénoncent, selon la quatrième de couverture « l’illusion des diplômes ». Là où je travaille, le taux de réussite au DNB est inférieur à 70%. Pourtant les collègues s’arrachent, pourtant l’intelligence des élèves brille. L’obstacle, il est social, l’obstacle, il est dans l’incapacité de la société toute entière à faire comprendre l’intérêt de ce premier sésame aux mômes.
Cette année, j’ai beaucoup parlé à mes élèves de discriminant social. Ils étaient en sixième, ça a dû être compliqué pour eux. Pourtant je continuerai. Le passé simple, le DNB, centrer son texte sur Libre Office. Que dis-je ! Sur Word, le logiciel libre, c’est un peu crasseux.

Et le discriminant social, il s’affiche aujourd’hui sur mon écran sous la forme de cette couverture. Ce petit satisfecit répugnant à pomper des tétrachiées d’eau et d’électricité pour permettre à une classe dominante d’ajouter une corde à son répertoire de privilèges.

J’ai la haine en me disant chaque année qu’avec un peu de chance, mon travail, associé à celui de dizaines de mes collègues, permettra peut-être à certains mômes de le voir, ce piédestal sur lequel des gens comme Olivier Babeau et Laurent Alexandre vomissent leur mépris d’un système dont ils sont au sommet. Peut-être même, soyons fou, que ce piédestal, ils finiront par le faire craquer, ces mômes. Tandis qu’au sommet, ça s’extasie, yachts de croisière, ChatGPT et néonicotinoïdes, de tous les artefacts de pouvoirs qu’on peut se forger, quand on a la naissance et les thunes.

J’ai la haine, brûlante comme cet été breton qui vient chauffer à blanc mes occultants de fenêtre en déroute. J’ai la haine pour celleux qui arrivent, sans couronne de privilèges, et dont je refuse de voir la condamnation qui s’écrit déjà sur leurs fronts.

Mercredi 25 juin

C’est un dernier jour de cours à l’image de l’année. À l’image de celui que je suis devenu, dans un interstice très profond entre 2024 et 2025.

Jusqu’aux dernières secondes, les cinquièmes Astronelle se seront insulté « Monsieur, il a dit que j’étais une vache ! » Jebediah m’accuse de racisme en des termes terriblement cruels. Il y a quelques mois, ça m’aurait atteint en plein ventre. Cette fois, je le regarde en secouant la tête. J’ai les épaules larges et la voix posée quand je le gronde, ce petit enfant qui veut attaquer en paroles d’adultes. Ils sortent sans un au revoir. Beaucoup voisent un « à lundi ! » par contre. Éternel présent.

Les sixièmes Evoli parviennent à bien s’entendre l’espace d’une dernière heure où l’on fait le bilan de l’année. Pas besoin de faire la moindre activité. On discute. Iels mangent des bonbons en pensant que je ne les vois pas – je les vois – et rient beaucoup. Ça fait du bien. Ils partent apaisés. Mission accomplie pour cette heure.

Les sixièmes Feunard veulent faire un Loup-garou. J’essaye de soigner l’ambiance. Musique de fond, rideaux tirés quand c’est la nuit. Ma voix de Maître de jeu de rôles. Les mômes adorent, pas un ne triche, et chacun est à fond dans son personnage. Lorsque Grahf éclate d’un rire sardonique en révélant qu’il a manipulé tous les loups-garous depuis le début, ils éclatent en applaudissements, il est limite porté en triomphe.
Et ils me remettent de petits cadeaux, modestes. Des cartes impeccablement calligraphiées, un cyanotype minuscule et délicat. De gentils aux revoirs « On est tellement heureux de vous connaître. On sera heureux si vous revenez. » Des enfants avec une mesure de jeunes gens.

Et voilà. Ils sont partis. Sur mon bureau, repose aussi la lettre de Filia, de cinquième, la seule à m’avoir offert quelque chose dans sa classe. Un message dans une langue qu’elle a inventé pendant notre étude de Tolkien. Une énigme, sur laquelle elle a posé un papillon en papier. J’aime les métaphores, celle-là ressemble tellement à cette année scolaire.

Reste le chaos de la fin à traverser. Je ne l’évoquerai pas en ces lignes. Comme chaque année, c’est le moment où Prof en Scène devient intermittent, jusqu’à la rentrée scolaire. Il y aura des billets, de ça de là. Des aventures qui seront tues. Et probablement un retour.

Et comme chaque année, énormément de gratitude pour vos lectures. Pour votre présence et votre patience. Cette saison a été plus tourmentée et intime que les précédentes, merci d’en avoir été les compagnons. J’ignore toujours autant où me mène cette profession, mais je sais enfin à quoi ressemble le bateau sur lequel j’effectue cette traversée.

À bientôt. Je vous aime.

Mardi 24 juin

Demain, dernier jour de cours.

Dans la chaleur qui s’étouffe, résonnent les hachures de la voix du chanteur de Model/Actriz. « Vespers over. » Dans la chaleur moite, je regarde en moi-même. Là où se trouve le sternum anatomique, là où tant de décharges et de tristesse se sont accumulées dans cette vie d’adulte.

Et j’y vois comme de l’or qui vrille et s’évapore volutes. Cette année, si riche de voix et de fracas, cette année qui ne m’a pas laissé un instant de répit. Cette année durant laquelle je me suis mis en pièces pour tenter de me reconstruire.

Lundi 23 juin

« C’est quoi ce sac de gay ? C’est un truc de gay ! »

Valentin n’est même pas encore installé qu’il hurle déjà en désignant du doigt un sac Ikea flocké aux couleurs de l’arc-en-ciel, qui servait d’emballage pour les cadeaux de Noël offerts par mes parents et que je trimballe souvent pour porter des trucs lourds au bahut. Impossible de faire taire le môme une fois qu’il est parti dans une phase de provocation. Il se contentera de répondre « Non » à tout, jusqu’à ce qu’il soit calmé ou exclu. Il fait tellement de bruit qu’il rend impossible toute tentative de retour au calme.

Seulement, cette fois, il se passe deux choses.

La première, c’est que les 6e Feunard se tournent vers lui en roulant des yeux. « Mais qu’est-ce que tu racontes ? » lance Belinda, qui joue mieux que tout le monde des scènes de théâtre. Elle a un sourire et un aplomb qui, l’espace d’un instant font taire son camarade. Tino embraye « C’est un sac, faut doser. »

Valentin tourne la tête, et il s’aperçoit des sourires autour de lui. Pas moqueurs, juste amusés. Les sixièmes Feunard gardent dans leur dentition quelque chose de gosse.

« Truc de gay, truc de gay ! »

Excédé, M. déploie son mètre quatre-vingt dix d’AESH et va attraper l’objet de la discorde derrière mon bureau. Puis il se retourne vers Valentin, sac au bout du bras.

« Attention, je vais te toucher avec. »

Débute alors une course poursuite entre un adulte de vingt-quatre ans et un môme de douze. On dirait la parodie de Buffy contre les vampires la plus perchée du monde. Valentin finit par disparaître dans le couloir en panique, avant de réapparaître, penaud, quelques secondes plus tard et d’aller se rasseoir. M. agite les doigts dans sa direction.

« Attention, j’ai touché le sac, c’est contagieux, si ça se trouve. »

Éclat de rire général. Il sera temps, après le cours, d’expliquer à Valentin. Encore une fois. Mais pour le moment, apprendre à ces gentils mômes que parfois, on peut défaire l’obscurité par le drôle. C’est pas souvent, c’est quand, en fin d’année, les adultes arrêtent d’être sages, c’est quand deux amis se retrouvent dans la même salle de classe et que le vent souffle dans la même direction.

Mais n’empêche. Ça arrive.

Samedi 21 juin

Et donc, en ce dernier weekend, où je devrais préserver mes forces, je pars à l’aventure. Avec un ami, un frère, quelqu’un de primordial, je ne sais pas. Je pars dépenser ce qu’il me reste d’énergie, en pure perte, à danser tard et parler à des inconnus.

Et tandis que je tape presque en rythme la pulsation du DJ sur le sol d’une île minuscule, je me rends compte à quel point cette année scolaire m’a changé. J’ai traversé le pire pour atteindre, non pas le meilleur, mais quelque chose de stable.

C’est un besoin, c’est un rythme, c’est une passion.

Vendredi 20 juin

Cette année, j’ai commencé à aller voir un psy.

Il n’est pas anodin que j’en parle dans ce blog qui relate mon expérience d’enseignant. Depuis pas mal de temps, je me targue d’être capable de « baisser le rideau » à la fin de la journée de boulot, un peu comme les commerçants quand ils ferment leur commerce.

C’est bien entendu illusoire.

Nos fatigues et pensées sont immatérielles, elles se foutent du métal que l’on croit mettre entre notre pratique professionnelle et nos vies. Tout comme je ne parviens plus à exiger mes élèves qu’ils « laissent leurs problèmes hors de la classe » quand iels arrivent, j’ai fini par accepter que même s’il me fait désormais rarement obstacle, mon psychisme est totalement présent dans mon boulot de prof.

Pousser la porte d’un soignant des pensées n’était pas que d’ordre privé. Ça l’était avant tout, mais pas que. Je ne sais pas si ça fera, si ça fait de moi un meilleur prof. Mais ça me permet parfois de faire ce pas de côté plus aisément. Celui qui fait que je ne me focalise pas sur un môme, pour quelque raison que ce soit, souvent parce que je suis exaspéré. Celui qui me permet de ne plus sentir vidé de toute énergie, ou assombri, du collège. « Docteur, prends soin de toi », dit le proverbe. Ce n’est pas un manuel de développement personnel. C’est aussi une pratique d’hygiène intellectuel. Et plus que tout, c’est prendre soin de soi, dans ce boulot aux angles souvent tellement aigus.

Jeudi 19 juin

Ça n’est pas tant que j’assume, que je refuse les résistances.

« On n’a pas à parler de sa vie personnelle en cours. » Cette phrase, je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai entendu. Et elle me fait toujours autant grincer des dents. Celles et ceux qui la prononcent ce sont les adultes qui ne se rendent pas compte que la « vie personnelle », elle émaille le contour de nos phrases, de la traversée de dix mois par an que l’on effectue avec les élèves.

« C’est un texte que j’ai découvert en le lisant à mes enfants.
– Quand je suis allé en Angleterre avec mon mari, on est passé devant une vitrine et j’ai pensé à vous.
– Ce que je fais pour les vacances ? Je pars avec mon fils à Marseille. »

À la sonnerie, quand on sent que les mômes ont beaucoup travaillé, ou quand soi-même on veut jouer la montre. Des temps en temps. Des pas grand-chose.
Mais quand on est un peu dans la marge, quand on n’est pas tout à fait dans la norme, ces souffles imperceptibles deviennent des bosses. Des ornières, des chausse-trappe, que beaucoup d’entre nous contourneront, l’air de rien, syntaxe un peu plus lourde.

« Je pars avec des amis en Belgique.
– J’ai visité le musée qui contient cette statue avec avec la personne avec qui je vis. »

Jusqu’au moment où on trouve le courage. La lassitude. Jusqu’au moment où on en a assez. Et alors ces riens du tout deviendront un sujet.

« Oui j’ai dit avec mon copain, Luka, fermez la bouche s’il vous plaît. »

Je ne plaisante pas. Il avait la bouche ouverte. Comme dans les cartoons. Et si c’était marrant, il y avait quand même cette peur qui refuse de céder, à l’arrière de mon esprit. Luka peut avoir la dent dure, et le sourire cruel. Luka en parlera à ses amis, qui ne sont pas des rigolos, et pour qui l’homophobie est une donnée. Est-ce que, pour des respirations infimes, ça vaut le coup, de faire vaciller ce que l’on s’est construit d’autorité auprès des mômes ?

Quelle question. Bien entendu que ça vaut le coup. Pour les collègues qui nous ont précédé ou qui viendront, pour les élèves qui savent et ceux qui découvrent. Pour ce monde qui continue à faire saigner aux entournures. Refuser de contourner, foncer, pied au plancher, sur cette bosse, prêt à cahoter. Ne plus mentir, cacher ou s’excuser.

Que ma colère serve à ça.

Mercredi 18 juin

Quand il avait dix-huit ans, Fanfan a percuté un mur en scooter. Sans casque, on en portait peu à l’époque. Mon grand-oncle a vécu le reste de ses jours dans un lit plus ou moins médicalisé, tétraplégique mais conscient. Il pouvait s’exprimer, mais très péniblement. Chaque syllabe lui était laborieuse, un travail patient pour constituer un mot ou deux et l’articuler.

C’est pour ça que Tyr m’émeut autant. Il a une diction très voisine de celle de Fanfan.

La ressemblance physique s’arrête ici. Tyr est parfaitement valide. Il ne parvient à lire que quelques lettres et ne peut presque pas écrire. Comme mon grand-oncle, aussi, il est doté d’un humour ravageur et d’une imagination folle. Quand son AESH a du temps pour lui, ils écrivent ensemble des histoires de fantasy géniales.

Comme Fanfan, Tyr me rend tellement triste. Mais pas pour les même raisons. J’aimerais tant prendre du temps pour lui. Poli et agréable, il patiente, tandis que les cinquièmes Astronelle s’insultent, négocient, protestent. Se moquent aussi, très méchamment. Avec Tyr, ils n’osent pas. Ils ont vaguement tenté une fois, en classe, et je pense que c’est l’une des rares fois où je leur ai fait peur.

Aujourd’hui, on enregistre un mini livre audio. Chacun lit un passage de Bilbo le hobbit. Tyr également. Ne pouvant lire, il a appris par cœur un passage. Je n’ai prévenu personne et les mômes clignent des yeux, médusés, en le voyant s’installer. Il y a un début de ricanement.

« Dehors.
– Je
– De-hors. »

Amady ne proteste pas. Il sort sans le moindre bruit. Et Tyr commence sa récitation. Les sons s’entrechoquent, les phrases brisées s’inscrivent en données. Je ne respire plus et, j’en ai l’impression, les autres élèves non plus. Au bout de ce qui me semble une éternité, Tyr me fait signe qu’il a terminé. Il déploie sa grande carcasse. D’habitude, il est à trois rangs du fond, sur le côté. Là, il leur fait face, à tous. Il se marre en les fixant.

« Ça vous a fait bizarre hein ? »

Et il regagne sa place. Un roi.

A la sonnerie, il revient près du bureau.

« Merci pour cette année monsieur, j’ai aimé. »

Bien sûr que je chiale. Je chiale parce que mon oncle Fanfan me manque. Parce que j’ai peur de ce que ce monde va réserver à Tyr. Je chiale parce que j’aimerais l’amener dans la Comté, et que Gandalf le prenne comme apprenti. J’aimerais me dire qu’il y a des lieux préservés où subsiste la mémoire des disparus, et où on trouve le courage d’aider ceux qui ne se conforment pas à nos règles.

J’aimerais.