
En fait, j’aimerais que les choses aillent trop vite. J’ai déjà envie de pouvoir plaisanter avec eux. J’ai envie qu’on puisse se faire confiance, qu’on sache que nous engueuler ne servira à rien. J’ai envie de déjà être capable de lire les signes qui me disent si elle est prête à participer, qu’il est fatigué, j’ai envie, que déjà, ils connaissent les codes.
Je sais que nombres de collègues sont capables de faire du début de l’année un chouette moment. Pas moi. Je démarre lentement. J’ai toujours besoin que les premières semaines, les premiers mois, soient carrés, rigoureux, un peu chiants, oui. J’ai besoin de cette sécurité pour avoir le temps de les connaître, non seulement de retenir leurs noms et leurs visages, mais aussi pour comprendre ce qui les fait réagir. « Ce qui leur fait faire tic-tac », comme disent les anglais.
Être patient. Comme un jeu vidéo, qui vous fait passer par d’obligatoires mais ennuyeuses phases de tutoriel, avant de vous ouvrir toutes ses fonctionnalités. Mais les griller, c’est aussi un risque de se retrouver coincé, parce qu’on n’aura jamais appris à faire le double saut ou a manipuler le grappin plus tard dans l’aventure. Avec les cinquièmes, c’est pareil.
J’aimerais le leur dire, évidemment : « Vous allez voir, ça va être trop bien ! » Je ne le leur dirai évidemment pas. Un pas après l’autre. Ils ne me feront pas confiance si je ne suis pas capable de me l’accorder. Donc respirons. Et prenons le temps de nous apprivoiser mutuellement, ce qui nous attend, possiblement, c’est une année belle, douce et enrichissante.
Sûrement… Peut-être.






