Vendredi 16 février

Discussion avec L. aujourd’hui. Elle est TZR – remplaçante – comme moi. La conversation tourne autour des mutations, de ce que nous allons demander l’année prochaine (pour nous faire rembarrer, la chose est entendue). L. me confie qu’elle ne participera pas au tour de manège.

« J’aime bien cette liberté. J’aurais trop peur d’arriver dans un établissement qui ne me plaît pas. »

Et en effet, il y a quelque chose de grisant. De romantique, presque, qui fait du bien à l’ego. On est le prof qui débarque. Qui peut enseigner comme il veut. Nouveauté perpétuelle, aventures à travers le temps et l’espace. Si les choses se passent bien, ce sera beau et lumineux, ça n’aura pas le temps de prendre la patine du quotidien. Et si ça se passe mal, ça ne durera pas bien longtemps.

Mais je me dis que ça n’est pas si simple.

La précarisation du métier me fait considérer les choses sous un angle plus politique, dussé-je être taxé de prétention. Accepter d’être un nomade, quand notre gouvernement, chaque année, recourt à davantage de contractuels baladés au gré des besoins, supprime des postes, c’est risqué. Le romantisme est beau – et il est essentiel dans cette profession de vivre de belles choses – mais il ne doit pas fendiller un peu plus ce métier que je tente, bien maladroitement, de défendre.

C’est pour cela que ces conversations m’intéressent autant qu’elles me mettent mal à l’aise. Mon destin d’enseignant est-il encore entre mes mains ? Tout à l’heure, un collègue dont je ne connais pas le nom est venu me montrer un casier en plastique. Ils seront bientôt jetés et remplacés par des placards.

« Tu as vu ? On n’est plus que deux à en avoir des comme ça, ils ont été mis il y a trente-deux ans, je vais demander si je peux le garder. »

Trente-deux ans. C’est devenu inconcevable, à mes yeux. Le vents souffle trop fort. Dans ma tête, sur nos statuts. Et tandis que je réponds à une banalité à ce professeur anonyme, je me pose une question que j’ai encore du mal à mettre en mots précisément : comment être stable face aux élèves, quand on est à ce point brinquebalé ? Où sont-ils, mes appuis ?

Et, ça me vient alors que j’achève ce billet, sans doute ce journal en fait-il partie. La preuve que, d’établissement en établissement, j’ai été prof.

Jeudi 15 février

À force, j’ai appris à les reconnaître. Ces élèves – il y en a beaucoup – qui aimeraient ne pas m’avoir comme prof. Ça n’est pas par méchanceté, hein, ni par irrespect. Seulement, ça ne colle pas. Je ne le vois pas forcément. Ce sont généralement, d’ailleurs, des élèves polis, respectueux et silencieux. Des élèves consciencieux, qui font le boulot demandé. Mais que je vois se raidir un peu quand je propose un projet un peu incongru. Dans les yeux desquels je constate un très léger reproche lorsque je commence ma phrase par « Alors, attendez, on va changer l’ordre des activités. » Qui ne s’arrêteront pas d’écrire quand je demanderai « Je vais vous demander de poser vos stylos, je vais vous donner une informations supplémentaire pour ce travail. »

Je suis notoirement foutraque. Pas au point que mes cours soient désorganisés ou impossibles à suivre. Mais ils se déroulent rarement en ligne droite. Il y a souvent des embranchements. Ça en motive certain, elles adorent ça, la surprise, ils trouvent ça chouette, de tisser des réseaux de sens imprévus. Et il y a ceux qui acceptent. Mais qui serrent les dents.

On peut difficilement être le prof de tous ses élèves, en tout cas, le prof qui convient à la totalité. Ce seront des années sinon de souffrance, du moins peu agréables. Alors bien sûr, on tend la main vers eux, on tente de s’adapter. Mais c’est ponctuel. Il y aura toujours l’année prochaine, où ils auront la chance de tomber sur un enseignant qui convient davantage à leur cartographie mentale ; ils diront même gentiment au revoir à la fin de l’année. Et puis, tout au long du collège et du lycée, la moyenne s’établira, en profs qu’ils auront suivi avec plaisir et les autres. On le sait, c’est comme ça, l’école est à l’image de la vie.

C’est juste, certains soirs, un tout petit peu regrettable.

Mercredi 14 février

Aujourd’hui, échange un peu tendu sur Pronote avec Kieran, qui exige que je lui augmente l’une de ses notes. Kieran est un élève bonhomme, qui n’intervient jamais en cours en temps normal. Mais, à la veille du premier conseil de classe, et donc, désormais à quelques jours du second, il devient un ado hargneux, exigeant que je justifie ses résultats jusqu’au quart de point.

Très envie de renvoyer ce petit malotru dans ses cages. Et puis, respirer un grand coup, et se dire que, décidément, le souci avec les notes reste un immense problème. J’ai suivi nombre de formations sur la motivation intrinsèque, et j’en suis arrivé que c’est comme les licornes ou un gouvernement ayant à coeur l’intérêt de son peuple : un rêve génial, mais un rêve néanmoins.

Et Kieran me le confirme. Il veut « monter ses notes ». En dehors de toute rationalité. Peu importe qu’il n’y ait plus d’évaluation d’ici vendredi, que je lui ai proposé de l’aide tout au long du trimestre, c’est là qu’il veut « des notes ». Impossible de lui faire entendre raison.

Et il est loin d’être le seul. On fait quoi, avec ces notes dissonantes ?

Mardi 13 février

Les semaines s’allongent, s’allongent. En ce moment, pas une journée sans un lycéen qui pleure, une lycéenne qui demande à rester parler à la fin du cours. Des bleus à l’ego, des bosses à l’affect. Les options à choisir, les résultats plus ou moins en berne, la fatigue.

Alors oui, les faire rire, ou se rendre compte que Rabelais, c’est accessible, qu’Aricie est une guerrière, que leur pensée s’affine.

Mais quand ils sortent de cette cabane de mots, que reste-t-il ? Et ceux qui, malgré tout, galèrent, me regardent, submergés par les oxymore et les épanorthoses ?

« Tu vis dans le monde des Bisounours. » me sort-on quand je m’attriste que le monde leur soit si difficile. Un Bisounours qui a bien envie de botter des culs, quand il entend ça. On ne peut pas changer le monde, on ne peut pas empêcher ceux qui viennent dans le monde de souffrir.

Il me reste quoi, avec mes bouquins ?

Lundi 12 février

En fait, comme l’a justement et perfidement fait remarquer un anonyme sur Twitter je sais juste « faire genre ».

J’étais arrivé gonflé comme un coq au lycée. Cinq élèves ayant fraudé à Chat GPT sur un commentaire de texte : j’allais rédiger une engueulade sur Chat GPT, faire étudier des extraits de copies aux élèves pour montrer que c’est bête, j’allais préparer un grand discours à la Robin Williams, j’allais.

Passer les portes du lycée. Et tout change.

Parce que c’est exactement comme pour les réseaux. Les images d’élèves s’incarnent. Leurs actions, bonnes ou mauvaises, prennent place dans toute leur complexité. Et surtout, surtout, il y a cette espèce de guide que je tente de muscler depuis des années, depuis qu’un événement mineur, ridicule, stupide, m’a convaincu que la douleur, physique ou morale, ça n’apporte jamais rien, ce guide, donc, qui me rappelle à l’ordre. C’est quand je suis contrarié, quand j’ai envie d’être odieux, que je dois me montrer fidèle à mes principes. Fidèle à ma conviction que la gentillesse a des dents. Que les générations à venir grandissent par imitation.

Alors autant qu’elles imitent quelque chose que je crois estimable.

« Bon. Les secondes il faut qu’on parle, cinq élèves ont utilisé ChatGPT pour faire leur commentaire. »

Évite les regards appuyés, du style « je sais qui vous êtes. » C’est pas ça l’important. L’important c’est que :

« Évidemment ça se voit. Ça n’est pas fait pour ça. Donc je vais rendre les autres copies. Ceux qui ne les auront pas, je vous propose de venir me voir à la pause, ou de m’écrire un mail si ça vous embête trop de vous afficher, et je vous réexplique. Et vous me rendez le devoir pour mercredi, parce qu’en attendant, vous ne vous êtes pas entraînés et je ne peux donc pas vous donner les conseils que j’ai indiqués sur les autres copies. J’en profite pour vous expliquer ce qu’il y a de spécifique au commentaire, qui empêche les IA d’être performantes. »

Je tente d’être précis. D’avoir des phrases qui ne soient pas trop longues. Et surtout de transmettre ce que je ressens vraiment : de la préoccupation. Je ne suis plus en colère, un dimanche après-midi à débattre souvent inutilement sur les réseaux sociaux m’a vidé de toute agressivité. Je suis juste inquiet de voir mes cinq fraudeurs faire du surplace.

Et angoisser pendant qu’ils regardent, les yeux droit dans le vide, la mâchoire serrée. Je n’ai donné aucun nom, pourtant.

C’est la pause. Ils viennent à mon bureau, du pas du condamné.

« Bon. C’était quoi le souci. La flemme ? Un oubli ? Vous n’avez pas compris ? »

Prendre chaque problème, l’un après l’autre. Sans commisération, sans agressivité. Le placer sur la table d’opération, lui ouvrir le bide, et montrer que souvent, dedans, il n’y a que du vent. Les protestations qui allaient fuser s’arrêtent. Ils repartent, une fiche méthode à la main, encore un peu de travail à faire à la maison. Mais lèvent la main à l’heure suivante, participent, sans flagornerie. Il y en a même un qui tente une blague sur le plagiat : « Trop tôt. Beaucoup trop tôt. », lui balance un pote.

Je me fais sans doute des idées. Peut-être sont-ils juste heureux de s’en tirer à si bon compte et recommenceront-ils à la prochaine occasion. Tant pis. J’ai ce que je veux, eux aussi. Voilà la scène que je veux qu’ils retiennent. C’est ça un adulte : quelqu’un qui sait, qui recadre, mais qui n’a pas le temps pour des trucs futiles comme les engueulades ou les sanctions. J’ai un objectif, je sais que c’est le bon, je sais leur donner les moyens pour l’atteindre. C’est tout.

Gonflé comme une outre de vanité, je pars en me disant que c’est ça, mon monde idéal : dégonfler les conneries comme les vastes baudruches qu’elles sont, se concentrer sur l’essentiel. Les faire réussir, leur faire prendre confiance en eux.

Ils ont retenus, aujourd’hui, ce qu’était l’Honneur, chez Racine. C’est le plus important. Leur intelligence qui brille.

Samedi 10 février

Je suis prof de français. Cette année, prof de français en lycée. Mon but, notamment pour les premières, est d’aider les élèves à se retrouver dans les méandres d’un texte. D’en déchiffrer les runes étranges, figures de style, effets sonores, tournures grammaticales. Mon but est « d’aller loooooooin ! » comme disent les élèves en rigolant.

Et pourtant.

Et pourtant, la première question que je leur pose, que je leur demande de se poser, c’est la suivante : « De quoi est-ce que ça parle ? »

Juste, voir le texte. Le voir vraiment.

Oublier les conceptions, le fait que ce soit un roman réaliste ou de la poésie symboliste. Ne pas penser au parcours d’étude. Juste, que dit ce texte ? Réussir à oublier ses préconceptions, ses envies de plaquer ce que l’ont sait déjà. Être naïf.

C’est peut-être ça, devenir lettré.

Vendredi 9 février

Aujourd’hui, les élèves qui le souhaitaient ont plaidé à l’oral la cause de personnages de roman. Une note bonus, pour ceux qui aiment ce genre d’exercice.

Et c’est chouette.

C’est chouette parce que nous sommes vendredi, que c’est la dernière heure de cours. Qu’ils ont le crâne bombardé d’informations, d’évaluations, de consignes. Les volontaires arrivent, leur texte en main. Et, dans l’immense majorité, c’est bien. C’est vraiment, vraiment bien.

Et je ne suis apparemment pas le seul à le penser. Je vois de nombreux regards de spectateurs s’arrondir, des murmures bruisser : « Je pensais pas qu’elle pouvait faire ça. » « Il est doué, je suis choquée ! »

Les oraux se terminent par des applaudissements. Par énormément de sourires. C’est de ça dont ils avaient besoin, en cette fin de semaine : de s’admirer mutuellement.

Pourquoi il faut (re)-jouer à Persona 3

Persona 3 Reload est sorti il y a quelques jours, disponible dans toutes les bonnes crèmerie. Il s’agit du deuxième remake du jeu Persona 3, sorti en 2007, et mettant en scène un groupe de lycéens luttant contre des créatures maléfiques, les Ombres, qui apparaissent durant une période de temps cachée au moment où minuit retentit, l’Heure Sombre. Pour les vaincre, nos héros recourent à des manifestations de leur psyché, les personae. Et le reste du temps, ils vivent leur vie d’adolescents. Un synopsis devenu assez classique dans le monde du jeu vidéo japonais, et qui, à première vue, n’a aucune raison d’attirer un autre public que des amateurs du genre.

Et pourtant, Persona 3 Reload est peut-être l’une des œuvres les plus en phase avec son époque, et le discours qu’elle porte à son sujet.

Il s’agit de la nouvelle itération d’un jeu vieux de plus de quinze ans : sa construction a vieilli. Mais bien vieilli. Contrairement aux volets suivants de la série, qui propose une foule d’activités annexes aux joueur, le fil directeur de l’aventure reste ici au centre : chaque soir, le petit groupe que nous rencontrons au fur et à mesure doit monter les étages d’une immense tour, le Tartare, renfermant peut-être le secret de l’apparition des Ombres. Le décor en change parfois, le principe non. Trouver le chemin vers l’étage suivant, en compagnie de ces ados, qui ne peuvent s’empêcher de discuter, de parler de sujets parfois superficiels. Ce sont de jeunes gens après tout. De jeunes gens qui n’ont pas demandé à crapahuter dans ce purgatoire, mais qui y sont contraints par les erreurs d’adultes qui les ont précédés.

Et c’est là le point névralgique, le coup de génie de Persona 3 : ce discours à la fois doux et intransigeant sur le passage de témoin entre générations. Les adultes ont déconné, ont déconné sérieusement. Et ils n’ont plus la force, l’énergie et le pouvoir de réparer leurs erreurs. Tout au long de l’histoire, on croise multiples figures d’autorités : enseignants, tuteurs, policiers. Toutes et tous font au mieux. Se révèlent souvent des alliés, il y a peu de méchants, dans Persona 3. Mais ce sont des alliés peu fiables. Ils sont cassés, englués dans leurs regrets et leurs erreurs. C’est à cette nouvelle génération, non seulement de porter le poids de ces erreurs, mais aussi de consoler ceux qui les ont précédés. Sans mépris ni morgue.

J’ai quarante et un ans, et me retrouver à contrôler un groupe de lycéens, surtout vu mon métier, me faisait peur. Je craignais de me sentir ridicule ; j’ai été ému. Ému de voir, même de façon maladroite et naïve, cette histoire qui a foi en des êtres à la frontière entre adolescence et âge adulte. En ces personnes encore capables de donner des impulsions fortes à leurs choix.

J’ai été ému de me rendre compte que les doubleurs des personnages ont changé, mais que de très nombreux comédiens de l’équipe originelle font des apparitions : eux aussi ont vieilli, ils prêtent désormais leurs voix à des adultes. Et la seule personne à reprendre son rôle incarne une créature sans âge. C’est peut-être une coïncidence, c’est terriblement touchant.

Persona 3 est un jeu triste et mélancolique, ce n’est pas pour rien si la couleur bleue y domine, que ce soit dans l’interface ou les paysages. Persona 3 est un jeu qui rappelle que le poids de nos erreurs pèse sur ceux qui nous suivent. Mais qui nous invite aussi à être doux, à être indulgents avec eux. Et c’est parce que je suis désormais un vieux joueur que j’ai pu y lire ce discours. Persona 3 me rappelle le poids des ans, le temps qui passe, et que le seule antidote à cette tristesse, c’est de tenter, maladroitement, de rendre les jours à venir un peu plus beaux. Même, surtout, si c’est voué à l’échec.
Et à chaque fois qu’un peu de cette beauté survient, de la remettre entre les mains de celles et ceux qui marcheront dans nos traces.

Jeudi 8 février

« Non mais ce prof-là il est trop gentil de toutes façons, faut être charitable avec lui. »

L’une des innombrables phrases qu’un élève prononce dos à son prof. La copine de Deborah, elle, m’a vu arriver, elle lui faisait face. Et s’est décomposée. Comme Deborah, j’imagine, quand elle m’a entendu dire bonjour.

« Allez, vous pouvez entrer. »

Elle s’assoit, baisse la tête, fuit mon regard. Pendant que je réfléchis, durant ces quelques secondes que je suis capable d’étirer en heures, sous mon crâne. « Trop gentil », j’ai l’habitude. Tous les ans, depuis seize ans, je l’entends au moins une fois. Mais charitable, c’est une première. Dans la bouche d’une élève, et à plus forte raison de Deborah, c’est incongru.
Parce que Deborah n’est pas une personne que l’on pourrait qualifier d’agréable.

Depuis le début de l’année, elle s’en prend à plusieurs collègues, avec une insolence passive. Apparemment, elle met régulièrement les pieds sur la chaise d’en face, sort son téléphone, et, reprise, se défend d’un « je ne comprends pas pourquoi vous êtes pas content. » En français, elle est loin d’être une élève modèle, mais ne se montre jamais agressive ou négligente, rend un travail correct dans des délais raisonnables. Apparemment par charité.

Charité, nom féminin :
1. Amour du prochain.
2. Bienfait envers les pauvres.

Je pense pour le deuxième sens. Deborah ferait acte de charité envers son prof de français, pauvre de trop de gentillesse. Je ne suis pas naïf, je sais ce qu’il y a derrière. Manque d’autorité, probablement. Propension à ne pas se montrer ferme. Cassant ?

Il y a quelques années, ça m’aurait fait mal. Plus maintenant. Des élèves m’ont guéri de ces doutes. Des réussites personnelles aussi. Comme dans cette classe de seconde. Dans laquelle je n’ai aucune discipline à faire – pas étonnant, vu le lycée où j’exerce cette année – mais où tous, petit à petit, ont commencé à s’investir. A bosser. Où tous, maintenant, ils arrivent en souriant.

Et surtout, bien sûr, je repense aux sixièmes de l’année dernière, dont j’étais prof principal. « Etre gentil, c’est être le plus fort. » Ils ont appliqué cette devise toute l’année. Me l’ont rappelé quand je suis revenu les voir, cette année. « On n’a pas oublié, monsieur. » Des cinquièmes qui, de l’aveu de plusieurs collègues, se comportent presque comme des troisièmes.

Deborah est charitable avec son prof de français, pauvre d’autorité.

En attendant, sa moyenne est vachement montée.