Samedi 23 décembre

« Mais ta gueuleuh !
– Valéria ! »

J’adore Valéria autant qu’elle me fait un peu peur. Ses habitudes de vous regarder très fixement pendant les cours et de poser une question systématiquement quand je traite un point de cours sur lequel je suis moins à l’aise me la rendent éminemment sympathique et me foutent les chocottes. En général, sa voix dépasse rarement le niveau ironie un peu blasée, mais là, alors que tout le monde bosse sereinement pour établir une synthèse du début de Thérèse Raquin, il y a eu un éclat de voix.

« Non mais j’en ai marre, elle m’a encore traitée de bonhomme. »

À côté d’elle, Maribelle hausse les épaules.

« De bonhomme ?
– Oui, à cause de mes vêtements.
– Avouez, monsieur… »

Maribelle pointe un pouce accusateur vers le sweat à capuche gris que Valéria revêt en effet très souvent.

« De toutes façons, soit je suis un bonhomme, soit je suis insolente, avec les profs.
– Insolente ?
– Ouais, au collège, je me suis pris je sais pas combien d’avertissements parce que je posais soi-disant des questions insolentes. Ou que je me tenais pas bien. »

Danger. Dans mon esprit, quelque chose se met en place, quelque chose qui a rapport avec mon histoire. Les vêtements, l’attitude, les remarques quant à sa façon d’habiter son genre. Ça prend moins d’un dixième de seconde, mais déjà, je me raidis en me disant que Valéria se prépare une période de sa vie compliquée.
Et le dixième de seconde suivant, je me le reproche. Parce que j’agis comme toutes ces personnes contre lesquelles elle a de la rancoeur. J’interprète. À partir de signes qui me semblent éloquent, mais qui ne veulent peut-être pas du tout dire ça.
Troisième dixième de seconde. Je tente d’agir décemment.

« J’aime bien vos questions. Vous savez que vous les posez à chaque fois que je parle d’une partie de cours sur laquelle je suis moins sûr de moi ?
– Ah ouais ? Moi je veux juste savoir.
– Oui. Et c’est vous qui avez raison. Et puis bon, pour les vêtements… Honnêtement Maribelle, on va vraiment se la jouer reines du shopping à chaque cours ?
– Roh bon, ça va, si c’est comme ça, je boude monsieur.
– Vooooilà. C’est exactement ce que je voulais. »

Elles se mettent à rigoler. Pour le moment, la veille des vacances de Noël, il n’est pas nécessaire de choisir qui on est. De lutter pour être acceptée. Pour le moment, la veille des vacances de Noël, on peut juste être un peu en paix.

Vendredi 22 décembre

Lors d’une représentation théâtrale, ma partenaire était une femme âgée. Elle était assise, j’étais censé venir à elle, la prendre par la main et l’entraîner dans une danse. Lors de la première répétition, je l’ai vue grimacer. Le metteur en scène est venu me voir. Pour m’expliquer qu’il fallait faire attention. Ne pas la tirer vers moi mais accompagner son mouvement, lui donner de l’amplitude, pour ensuite l’amener où je le devais sur la scène.

Ce jour là, quelque chose s’est mis en place.

Quelques années plus tard, je ne suis plus comédien, je rencontre Monsieur Vivi. Et je me rends compte que cette histoire d’accompagner le mouvement, ça ne concerne pas que le travail de la scène, mais aussi la pédagogie. Ne pas arrêter l’élève dans son mouvement, que ce soit l’erreur, une demande incongrue, un geste de révolte, mais réussir à rediriger cette énergie là où on le souhaite.

Je découvre une sorte de Graal. Je n’y parviens pas toujours. Rarement au début. Mais quand je réussis, c’est tout simplement miraculeux. Mes meilleures heures de cours adviennent grâce à ça.

« Monsieur, on peut faire un goûter ?
– Non. »

C’est aujourd’hui, le 22 décembre 2023, et je m’en veux d’avoir répondu comme ça à cette élève. C’est tellement, tellement plus facile de juste s’opposer. De juste imposer son mouvement. Parce qu’il est tard, que je suis fatigué, que je n’ai pas envie de me demander si la demande est justifiable, parce que…
Mais Tiana, qui a fait cette demande, grimace. La même grimace.

« Non parce que j’ai vraiment envie qu’on aménage un peu cette salle, elle est triste à mourir. Si vous avez des feutres, des crayons, on va se faire des cartes mentales, histoire de toujours avoir les notions sous le nez, mais de manière agréable. Après, si vous voulez grignoter en bossant, pas de problème. Je vous donne les sujets. »

Quelques carambars seront mâchouillés avec bonheur, mais l’énorme pot de Nutella trimballé dans le cartable depuis le matin est vite rangé (« Fais attentioooooon, tu fais une tâche sur ma définition du réalisme ! ») Il y a une très légère musique de fond et plein de pages compulsées pour créer un aide-mémoire qui tient la route sur les rue de Paris évoquées par Zola.
Et lorsque la sonnerie, enfin, retenti, ils se lèvent. Plutôt calmes, plutôt heureux. Je respire. C’était juste ça qu’il fallait.

Jeudi 21 décembre

(Ce billet divulgue des éléments importants du jeu Final Fantasy VII)

« Mais pourquoi vous vous donnez tant de mal ? » m’a demandé une élève alors que, un jeudi post-repas de Noël, je tentais, à 16h59, de convaincre une classe de seconde que la façon dont Zola construisait son récit était impressionnante d’un point de vue géométrique.

Il y a quelques années, la question m’aurait blessé. Aujourd’hui, j’ai la réponse simple, limpide, mais que je ne peux sortir à aucune classe sous peine de provoquer au mieux une vague de perplexité, au mieux des appels affolés de parents au rectorat.

Je me donne tellement de mal, parce que, en septembre 1999, Aerith est morte.

Aerith est une marchande de fleurs dans le jeu Final Fantasy VII, et un personnage majeur de l’intrigue. Dans la version originale, qui commence à remonter, elle est représentée par une bouillie de pixels aux bras carrés. Et à peu près à la moitié du jeu, elle est tuée par l’antagoniste principal.

Je ne me suis pas remis de sa mort. J’y pense chaque jour et la douleur reste aussi vive. Je me fous des jugements qu’on en fera éventuellement. Cette mort est inscrite dans un présent éternel. La seule autre chose qui se déroule comme ça, éternellement, c’est l’analyse du « Bateau ivre », qu’on m’a demandé de faire en fac il y a plus de vingt ans. Je continue aujourd’hui à l’analyser.

Il y a un rapport entre ces deux événements. Le poème de Rimbaud m’a rappelé tout ce que j’avais étudié en poésie jusque là. Que je n’avais pas forcément compris. Quelque chose s’est déclenché. J’ai enfin pigé ce qu’était la poésie.

Quand Aerith est morte, dans Final Fantasy VII, ce sont tous les personnages d’histoires que j’avais lues jusque là, toutes les décédées en peinture, tous les tombés en sculpture qui se sont révélés à moi. J’ai enfin compris comment la douleur pouvait exister dans l’art.

Et ça m’a changé. Ça a fait de moi quelqu’un de différent, de meilleur. Depuis Le Bateau Ivre, je suis quelqu’un de beaucoup plus patient dans mes explications. Je comprends qu’on ne puisse pas tout de suite saisir un texte, une œuvre, une idée. Sans Rimbaud, je serai encore moins pédagogue que je le suis actuellement.

Sans Aerith, la nécessité d’empathie ne me paraîtrait pas aussi évidente. Cette obligation de considérer l’autre comme totalement, absolument, irrémédiablement égal à toi-même. Et ce qui en découle : cette nécessité de protéger.

Mais le bateau et Aerith seraient respectivement une suite de mots indigestes et une effigie un peu grotesque sans toutes les fictions, tous les textes qui sont venus avant. Que j’ai considérés parfois avec intérêt, parfois avec indifférence.

Je me donne tellement de mal en espérant que mes élèves connaissent un jour un tel éveil. Et de ce jour, ils ne se sentiront plus jamais seuls. Dans ces livres qu’ils ne comprennent pas forcément, dans ces films un peu chiants, dans ces pièces de théâtre qu’on les force à voir, ils retrouveront d’autres mots, d’autres sonorités, d’autres visages. Ils ne seront plus jamais exclu, du discours le plus abscons qui soit.
Je me donne tellement de mal pour qu’ils ne soient plus jamais seuls.

Mercredi 20 décembre

Depuis le début de l’année, Myrdin va et vient en cours. Il lui arrive d’être absent des semaines entières, puis de revenir. Interdiction totale nous est faite de lui poser des questions sur ses absences. Myrdin revient toujours le visage impassible et placide. Ne demande jamais aucun détail sur ce que nous avons faits en cours auparavant. Il nous est également demandé de ne pas l’interroger.

Alors je dois le laisser seul à son mystère. Faire comme si tout était normal. C’est peut-être ce que je trouve le plus perturbant depuis que j’ai commencé à enseigner au lycée. On dirait que nombre d’élèves sont déjà figés dans leurs vies, dans leurs problèmes comme dans leurs réussites.

Et je n’ai pas le temps. Pas le temps, avec tout ce monde, avec ces allées et venues perpétuelles d’établissements en établissements, de me demander si c’est moi qui délire, ou si je me trouve en face d’une vision contemporaine du destin.

Mardi 19 décembre

Bien sûr que je vous vois. Je vous vois quand vous rigolez, amusés, de me constater un peu exalté, un peu ému, suite à un cours. « Le prof, il adore vraiment Zola. » « Le prof, ça le fait délirer la grammaire. »

C’est pas tout à fait vrai. Je ne suis pas assez lettré, assez érudit pour cela.

Ce que j’adore, ce qui me fait délirer, c’est vous.

C’est vous voir – parfois, pas tout le temps, vous avez tant à penser, tant à comprendre – comprendre, vraiment comprendre. Par exemple, ce matin, que si notre cher Émile écrit dans ce langage si poétique, c’est que finalement, même quelqu’un n’ayant jamais foutu les pieds à Paris comprendra que le passage du Pont-Neuf est un lieu dégueulasse et peu recommandable. Que son écriture, malgré le fait que « les descriptions, c’est chiant » (vos termes), « Thérèse Raquin, c’est pour tout le monde » (vos termes aussi).

Je ne suis pas un être de littérature, un mec qui « lit des gros livres quand il est chez lui » (vos termes toujours, on vous entend dans les couloirs). Je suis juste le mec qui se trouve à l’intersection de mots, d’idées, par centaines, par milliers, et de votre parcours d’élèves.

Et quand la rencontre se produit, alors ça fait une lumière qui promet plus de matins que je n’en verrai jamais.

Lundi 18 décembre

« OH LA VACHE. La semaine va être longue, ils ont l’air totalement crevés, les mômes.
– Les lycéens. Ce sont des lycéens.
– Ça reste des mômes, tu le sais très bien.
– Ouais bon, ouin ouin, ils sont fatigués. On est à une semaine avant les vacances, le syndrome du marathonien, tout ça. Tu radotes assez souvent dessus dans ton blog. On fait l’appel ?
– Non mais attends, laisse-moi réfléchir. Je dois commencer Thérèse Raquin avec eux, et après j’ai cette lecture linéaire à finir avec les premières. Ça va être intense, ils vont jamais tenir.
– Tough shit.
– J’aime pas quand tu parles anglais. Et j’aime encore moins le côté « la vie est dure, mais c’est la vie. »
– Tough shit quand même. Et c’est vrai, ton truc sur la vie. Ils sont grands, ils savent ce pour qui ils ont signé. Ce serait malhonnête de les traiter comme des sixième. Et puis quelle brillante idée de ralentir le rythme, avec le bac qui approche.
– J’aime pas ça du tout. Je vais forcément en perdre si je continue à avancer à ce rythme.
– Ils ne sont plus au collège. En théorie, ils savent pour quoi ils ont signé.
– En théorie.
– Mais tu es là pour quoi exactement ? Tu es leur prof de français ou leur coach ?
– Ben ouais, tiens. Balançons-leur des tartines d’analyse de texte bien coriaces dans la tronche, je suis sûr qu’ils vont vachement progresser, comme ça.
– C’est lâche, ce que tu fais. Il vont devoir en passer par là à un moment. Tu ne veux juste pas être celui avec qui ça arrivera. « Avec Monsieur Samovar, c’était mieux, on était tellement plus heureux. » Miss France 2023, c’est terminé, tu es au courant, j’espère.
– Oh, ta gueule. L’année dernière, j’ai prouvé que ça pouvait marcher. Quand je suis allé les revoir, au collège d’Alrest, ils étaient toujours aussi confiants, les sixièmes dont j’étais prof principal, toujours aussi heureux, et toujours aussi bons en classe, c’est leur prof qui me l’a dit.
– Tu n’as rien prouvé du tout, tu as eu de la chance. Et maintenant, tu es dans un lycée, tu as plein d’élèves, et tu assumes. Et ce serait bien que tu commences ton cours. Même si le temps se ralentit vachement quand on discute, ils vont finir par se demander pourquoi tu fixes le vide comme ça.
– Vivement que cette semaine se passe. Il est dur, ce métier, dans ces moments là.
– Tough shit. »

Vendredi 15 décembre

Je n’aime pas les cours du vendredi après-midi.

Le vendredi après-midi, le lycée est moite et sent la transpiration. Le vendredi après-midi, les élèves ont le regard plus veule, le rire plus agressif.

Ça n’est pas que l’arrivée du weekend. C’est cette impression que tout ce qui fonctionne dans mon boulot est tellement ténu. Ça tient à quelques phéromones d’harmonie, rien de plus.

Ce vendredi après-midi, on lit les mots de Zola, sur ce que l’on peut réprimer et ce à quoi il n’est pas possible de résister. Les élèves se marrent.

Et Zola hoche la tête, sagement.

« Eh attendez monsieur, Zola il parle de « rougir comme une jeune fille », proteste Mélissa. C’est n’importe quoi !
– Au XIXe siècle…
– Oui, oui, je sais, les moeurs, la société… Mais c’est pas le rôle des écrivains ? Des intellectuels ? De réfléchir un peu plus, plutôt que d’être bête comme tout le monde ? »

Le vendredi est laid. Mais pas totalement non plus.

Jeudi 14 décembre

Ce serait tellement tentant. Devant moi, se tient le texte que j’étudie avec les premières. Que j’étais bête, quand j’étais moi-même lycéen. De croire que commenter un texte, c’était de bêtement le disséquer, d’y plaquer des interprétations hasardeuses.

Je le vois désormais pour ce qu’il est : une gigantesque forêt de mots, de sens. Où se croisent, lumineux, des sonorités, des souvenirs de mes autres lectures, des idées, certaines rigoureuses et vérifiables, d’autres plus fantaisistes. Les mythes et les légendes que je porte depuis mon enfance s’y reflètent, et en deçà, comme une eau souterraine, la musique de l’autrice. C’est un monde offert, dans ces quelques vers. Des choses que j’ai vécues, et la promesses de tant de choses à venir.

Que j’étais bête. Que j’étais…

Non.

Je décille. La seule différence, entre aujourd’hui et ce temps où j’avais encore des cheveux, c’est que j’ai vécu. Que j’ai acquis quelques techniques, mais surtout tellement de mots en plus, de phrases et de possibilités de les combiner. Et j’ai face à moi des élèves qui n’ont, pour leur très grande majorité, pas eu ce temps, cette possibilité ou cette volonté. Et pour qui le texte que nous étudions n’est rien d’autre qu’un obstacle vers une libération. Celle d’une matière qu’ils n’apprécient souvent pas, d’un stress qui commence – je le vois – à les manger.

Ce que j’ai fini par considérer comme un espace de liberté, ils ne peuvent pas le voir autrement, pour le moment du moins, que comme une contrainte.

Alors quel est mon rôle dans tout ça ? Pas de les convertir à mes délires. De les accompagner jusqu’à cette foutue épreuve du bac.

Mais personne n’a dit que ce devait être douloureux.

« Posez vos stylos un instants, et regardez-moi ce mot dans le texte, « séisme ». Il va nous amener à Loki. Oui, ce n’est pas qu’un super héros qui porte bien les cornes. »

Je peux toujours essayer.

Mercredi 6 décembre

Ils sont en train de discuter dans le hall du lycée Keves, tandis que je sors de mon après-midi de cours, et m’apprête à me rendre dans mon autre bahut pour un conseil de classe. Une petite dizaine de premières Galopa, en cercle.

« Oh monsieur ! »

Il se passe quelque chose de très petit, de très simple, de très doux. Le cercle se dessert un peu. Et deux de ses maillons pivotent légèrement. Je n’ai qu’un pas à faire pour m’y intégrer.
J’ai appris, il y a quelques années, à figer le temps. Le tout, c’est de prendre une grande inspiration. Tout se ralentit, presque jusqu’à l’immobilité totale, et alors le fugace s’offre à toi. J’observe. J’observe les visages qui sourient doucement. J’observe les pulsations de mon cœur, un cœur de lycéen, d’un coup. Je sais pourquoi, je ne m’en cache pas. Ma scolarité n’est pas mon meilleur souvenir, mon intégration parmi mes pairs n’a vraiment commencé qu’une fois le bac passé. Et même si la théorie de l’enfant que tu portes en toi me donne envie de mordre des parpaings, je comprends parfaitement que le Monsieur Samovar qui a passé sa première à avoir l’impression que le monde était du 38 alors qu’il chausse du 42 se sente ému.

J’observe, mais pas trop longtemps. C’est beau, et il ne faut pas le faire disparaître sous les mots. Juste ressentir beaucoup de gratitude. Alors je décide de sourire et de relâcher la bride du temps.

« Désolé, je suis attendu à Agnus.
– À jeudi alors.
– À jeudi, et merci. »

Ils me regardent, un peu perplexe. Je grimace un geste, et tourne les talons. C’est tout, et c’est parfait.

Lundi 4 décembre

Les feuilles mortes s’empilent devant le lycée Agnus depuis le début de l’automne. Avec la pluie qui tombe désormais à gros traits, le sol est devenu poisseux, une patinoire dégueulasse sur laquelle s’étalent régulièrement élèves et professeurs en arrivant en cours. C’était peut-être pour ça, l’ambulance devant le bahut, ce matin, ambulance que tous les élèves regardaient, plutôt que de s’intéresser à l’extrait de Stupeur et Tremblements sur lequel je leur demandais d’inventer une problématique.

Le conseil de classe des secondes est passé, la prochaine échéance, ce sont les vacances de Noël. Pas surprenant que dans cette situation, l’attention soit en chute libre.

Alors je tente de compenser, de compenser leur lassitude, le fait que parfois, les gamineries et les rires bêtes ressurgissent. Je tente de compenser le fait qu’ils soient coincés derrière des bureaux trop petits et des chaises qui les forcent à se plier en deux. Je tente de compenser la laideur de ce début de mois – les portes des couloirs sont fermées pour cause d’aimants déficients, on se croirait dans une prison alien de Doctor Who – en bétonnant mes cours. C’est sans doute un peu futile, un peu ridicule. Mais je ne désespère pas, qu’à force de tracer des liens entre les mots et les œuvres d’art, entre la vie et la fiction, les feuilles et le sol aient l’air un peu moins dégueulasse.