
Attention, ce billet comporte de très très légères révélations sur le dernier film de Miyazaki, Le garçon et le héron.
Cinéma cet après-midi, retrouvailles avec l’univers toujours changeant, toujours familier de Miyazaki. Pendant deux heures, je ne sais pas trop ce que je suis en train de regarder. Ça me fait du bien. Beaucoup moins à la petite fille à côté de moi, qui ne cesse de poser des questions à sa mère. Alors, quand on parle au cinéma, ça me donne envie de cracher de l’acide, mais il paraît que c’est mal vu, alors je tente de rationaliser. En fait, ce que cette môme essaye de faire, c’est de comprendre. Et ça me frappe. Qu’est-ce que ce verbe est lourd.
Il n’y a pas de hasard ; au même moment, apparaît dans l’intrigue un frontispice frappé de ces mots « qui tentera de comprendre mourra. »
C’est ce que je demande à chaque cours ou presque. « Tout le monde comprend ? » C’est ce que je tente d’expliquer aux élèves à qui j’apprends le commentaire « Voyons ce que vous avez compris. » Mais dans cette histoire un peu folle, cet après-midi, comprendre n’est pas l’essentiel. Non. Il est davantage question de se l’approprier. Et c’est compliqué pour cette petite fille parce que ça nécessite de l’attention, de l’observation, des codes, des références. D’être une spectatrice un peu avertie.
S’il n’était pas là, l’enjeu, dans les salles obscures et les salles de classe. « Faites de ce texte le votre. » Peut-être que c’est ça, qu’il faudrait que je dise.
Il ne s’agit pas de faire de nos élèves des exégètes. Mais de leur permettre de faire de textes biscornus et tarabiscotés une part d’eux-mêmes.








