Mercredi 2 septembre

Rentrée des sixièmes. Cette année, comme depuis sept ans, je ne suis pas concerné par les minipousses. Ce qui me convient parfaitement. Donnez-moi un ado en pleine crise, tourmenté par ses soucis ou ses hormones, on arrivera à s’entendre, à rire, à bosser. Devant un môme aux grands yeux, qui brâme “maaaaaaaaître”, la main levée, je sens mes réserves de bienveillance s’évanouir telle Geneviève de Fontenay devant un string. 

10h30 : réunion des profs de Troisième. Nous avons une semaine pour déterminer comment répartir tous nos élèves dans les différents ateliers mis à leur disposition tous les soirs, de 17h à 18h. Ça prend vite des allures de torture à côté les agaceries de l’inquisition espagnole passent pour une aimable plaisanterie. Après trois quart d’heures d’échecs répétés, nous demandons l’aide de la chef qui hausse gentiment les épaules en nous faisant comprendre qu’en gros, il va falloir qu’on se démerde. “Vous n’avez qu’à créer un algorithme avec toutes les options et obligations des élèves et pouf, c’est réglé !” rigole-t-elle. À ma gauche, je vois un léger agacement poindre dans les yeux d’I, dont la maîtrise d’elle-même n’a rien à envier à un bonze. OK. Je dois avoir Godzilla dans la pupille gauche et King Kong dans la droite. 

Après-midi : rencontre avec les profs des écoles (les instituteurs quoi). Afin de renforcer la cohésion entre les deux groupes, l’inspectrice a eu la lumineuse idée de nous faire faire une course d’orientation à travers tout Ylisse. Nous voilà donc en jogging à crapahuter le long d’un itinéraire qui tente désespérément de masquer les tours et les immeubles de la ville. “On nous met bien nos oeillères, là”, rigole T. le nouveau collègue de français.

Heureusement le remède est simple : faire cours. Vraiment. Demain.

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