
8h30 : entrent les cinquièmes latinistes. Ils sont trente-deux.
Trente. Deux.
Décidant qu’un prof bavant et écumant ne présenterait pas vraiment le latin à son avantage, j’accueille mes jeunes disciples d’un “salve” un brin trop enthousiaste, tout en courant chez le collègue de maths d’en face pour lui emprunter deux tables et une chaise. Moyennant quoi, le cours de déroule à peu près correctement, trois gamines s’étant entassées sur une table de deux et une autre prenant son cours à mon bureau.
Tel un Jupiter outragé, je descends l’heure suivante dans le bureau de la cheffe adjointe qui me regarde arriver comme la blonde dans un film d’horreur des années 90. Quand j’ai le front d’oser lui demander la liste exacte des élèves inscrits en latin que je réclame depuis la rentrée, elle se lance dans une explication mêlant un problème d’exeat, une maman coincée à Caen et un souci de base de donnée. En gros obtenir le document semble renvoyer la quête du Graal à un piqiue-nique dominical. Je repars avec ce conseil : “faites-leur un peu peur, que quelques-uns lachent !”
Découverte des Troisièmes Antigone. Je commence l’année tranquillement avec une nouvelle de Lovecraft. Lors d’une ellipse importante – comment les cambrioleurs de ce manoirs sont-ils morts – vague d’indignation. “On veut savoir ce qu’il s’est passé !” Ils accueillent la rédaction qui permet de répondre à la question comme un privilège.
Verre avant week-end en compagnie des collègues.
Ils sont très beaux.