Samedi 5 septembre

Premier week-end. Dans ma boîte mail, un encouragement de la direction “Nous espérons que cette semaine laisse présager du reste de l’année.” Texto de T. “Si le reste de l’année ressemble à ça, on est MORT.” Le fait est que je me sens dans un état de fatigue comparable au lendemain d’une nuit blanche, passée à me trémousser sur des tubes que la morale réprouve en ingérant des substances bizarres. 

Coup d’oeil sur le cahier de texte en ligne. À la réunion de début d’année, il nous a instamment été demandé de le remplir scrupuleusement, sous peine de sévices divers et variés (genre réunir les 5ème Pampa de l’année dernière et nous forcer à leur faire cours deux heures d’affilée). Il est tellement fourni que c’en est drôle, d’autant plus qu’après sondage, moins de la moitié des mômes de la classe dont je suis prof principal disposent encore de leurs identifiants.

Peu importe. Pendant 48 heures, je met au défi quiconque de faire un lien entre ma personne et le métier d’enseignant.

J’allume la console. Final Fantasy XIV : mon équipe de joueurs bloque devant un adversaire particulièrement coriace. Je me rappelle la stratégie, l’explique dans un anglais que j’espère précis. En face, le crabe mutant se fait ratatiner. Un guerrier tout en muscle et en métal lève les bras en l’air : “Dude, well explained ! Are you a teacher or something ?”

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