
Pas de collège le mercredi. Mais immersion dans les copies de rédactions des 3èmes. Visiblement, le message “je préfère deux pages vraiment bien travaillées que quatre écrites n’importe comment” n’est pas passé. Les copies sont tartinées d’histoires vacillantes à la syntaxe approximative.
On a le droit aux habituels anachronismes. Ils m’angoissent toujours profondément. Sans exiger de mes élèves qu’ils connaissent tous les développement technologiques du contexte de leur écrit (1910), j’avoue avoir un peu tiqué – lire, avoir fait une attaque – quand A. m’a demandé si “Monsieur, il y avait des chiens à l’époque ?” Je n’aimerais pas être leur prof d’Histoire Géo.
Les collégiens d’Ylisse vivent dans un présent perpétuel. Internet et les portables sont là de toute éternité. Ce qui précède leur naissance est un Avant dans lequel se télescopent dates, figures historiques et événements à recracher sur les copies. Josephine Baker dansant avec Cléopâtre est une image rigolote. Pour eux, le décalage n’existe pas.
La copie suivante, celle de H., le montre bien. Elle a tenté d’appliquer sa leçon sur les temps avec une telle rigueur que c’en est touchant. “On utilise les temps du passé pour raconter”, ai-je inconsciemment exigé. Du coup, l’imparfait et le passé simple sont placés aléatoirement, jusque dans les dialogues dans les personnages.
“Comment allas-tu ?
– Bien, même si mon père mourait il y a trois mois.
– D’accord salut je dus partir.”
Je passe le début de l’année à réviser. À redonner les règles les structures, à expliquer pourquoi. Parce qu’avant d’avancer, je tiens à rendre le temps à ces mômes.
Où trouver un TARDIS quand on en a besoin ?