
À peine la porte de la salle des profs poussée, ça bruisse.
“Tu fais grève, toi ?”
Depuis sept ans que je fais ce métier, il y a toujours dans la question, la même angoisse fébrile, le besoin de se rassurer. On peut avoir les raisons les plus rationnelles d’aller manifester, il y a toujours cette peur au sein de la poitrine. Le droit de grève ne va pas de soi s’il est solitaire.
Heure d’information syndicale. La parole monte en montagnes russes, ça oscille entre inquiétude, récriminations, rires et débats. Le débat revit à Ylisse cette année, et ça fait du bien.
Dans la cours, des élèves sans profs. Ils errent, les bras ballants. Pas vraiment d’explosion de joie ou de gros bordels. Laissés à eux-même, même dans la cours, l’autonomie leur fait défaut.
RER vers Paris. J’ai mal au dos. T. est mon jumeau de jeux vidéos, on a marché sur le même sentier à un point incroyable. “Et regarde ce que ça donne. Deux profs de français.”