
B. est le nouveau prof de techno. B. vient du monde du lycée professionnel (autant dire pour moi qu’il était l’un des fils de Minas Tirith au Mordor), B. a énormément de recul sur le milieu de l’Éducation Nationale.
Tous les deux, on programme en vingt minutes une sortie scolaire dont la simple pensée me faisait hyperventiler
Si l’année 2015 à Ylisse me fait tant de bien, c’est que j’ai l’impression que chaque collègue ne demande qu’à révéler son lot de trésors, pour peu qu’on prenne le temps de venir le voir.
4 heures sans cours. Je passe le plus clair d’entre eux à essayer de débrouiller avec des collègues et une direction de moins en moins souriante les arcanes de nos VS (ventilation de service : en gros le nombre d’heures durant lesquelles on travaille.) Des heures apparaissent, d’autres disparaissent “parce que si on les compte elles deviennent des heures sup’ et pas des heures postes”. Des options sont créées pour 0,01 heure “pour tromper la machine”. À côté, la maison qui rend fou d’Asterix est un centre de vacances quatre étoiles.
Cheffe conclut, après une énième vérification “de toutes façons, ce logiciel n’est plus du tout adapté à la réalité du métier d’enseignant.”
Ce logiciel nous fournit la seule preuve tangible de nos états de service.
Le soir. Avec M. et T. je vis une partie de mes années post-bac dévorées par la prépa. J’ai bientôt trois décennies et trois années. Pour conjurer le sort, je fume trois cigarettes. Pour la première fois.