
Après avoir fait monter mon taux de glucose à des proportions aux limites de l’humain (la tradition du petit déjeuner du jeudi matin se maintient), je me lance dans le remplissage des bulletins d’élèves. Exercice que je déteste entre tous.
Après les trois premiers bulletins, j’ai systématiquement l’impression de m’enliser dans les sophismes et les expressions toutes faites dont je me fous à longueur de billets de blogs. Les appréciations sont un paradoxe dont je ne vois pas la sortie : peu de parents les lisent à Ylisse, fixant leur regard sur les moyennes par matières (et je doute que la suppression desdites moyennes y change quoi que ce soit mais c’est un autre débat). C’est tarte, mais le seul bulletin qui me semble un brin valable est celui où l’on pose ses fesses sur une chaise de la salle 118 en espérant qu’elle ne va pas s’effondrer sous notre poids et où l’on parle. On parle de ce qui se passe dans la classe, oui elle a tellement progressé ce trimestre, oui c’est difficile mais elle va s’en sortir, oui c’est mieux en histoire mais attention, il va mal au collège en ce moment, il se passe quoi à la maison ?
On frappe à la porte de la salle des profs. D.
“Monsieur, il vous reste des papiers pour trouver un stage, là ?
– Vous ne m’aviez pas dit que vous les aviez, hier ?
– Si. Mais en fait, je me suis trompé, c’était un dossier de demande de bourse.”
… Surtout ne pas poser de question.
Latin : Grand débat autour de la façon de nommer les femmes romaines. (pour faire simple, on ajoute – a au patronyme du père). “Ça craint, genre on n’a même pas son nom à soi !” “C’est bien : comme ça on oubliera jamais son père, ni la famille d’où on vient.”
Je croise V. En fantôme depuis le début de la semaine. Ça m’énerve. C’est égoïste, je sais. Il est pressé, il a du boulot, il s’éclate probablement. Mais mon ami me manque. J’essaye de lui balancer un truc que j’espère sympa, réconfortant. Et plein d’esprit bien sûr. Mes mots retombent avec un petit bruit triste.
Message d’un lecteur, G. Entre autre, il dit qu’il a eu envie de faire une pause et de venir me parler. Ça me fait plaisir. Qu’à cet endroit, on puisse faire une pause et venir parler.
Demain on est vendredi 13. Dans mon petit calendrier, j’ai fait un voeu pour ce jour-là.