Mardi 1er décembre

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Résumons.

Une heure de cours.
Une heure de conseil de discipline.
Une heure de trou.
Je ne sais pas combien d’heures de conseil d’administration.

Bref, ce mardi moins que jamais, je sais quel est mon boulot. 

Les 3èmes Orphée continuent à bosser dans un climat utopique. Nous avançons à pas de géant, désamorçant les pièges de la rédaction de brevet un à un. Il suffit. Il suffit qu’ils soient quinze. “On apprend masses de trucs en ce moment.”, soupire I., émerveillée. 
J’essaye d’oublier les futures réunions. Celles où l’on nous expliquera avec un sourire entendu que ce n’est pas une question d’effectifs ou de moyens. Que tout est question de mo-ti-va-tion. Si vos élèves ne réussissent pas c’est un manque d’en-vie. 
Non. Parfois, la réponse est la plus simple. Dussé-je passé pour un gros con rétrograde.

Il faut croire que c’est la journée. V. s’enlise dans la mythologie de sa 6ème option lourde musique. La 6ème Musique de V., ce sont des élus. Sélectionnés pour apprendre à jouer d’un instrument, chacun le sien. La 6ème Musique se sait spéciale. Et construit sa légende. Et dans toute légende, il faut des monstres. Cette année, ce sera l’un des profs. Désormais le moindre de ses cours, le plus petit conflit est un épisode supplémentaire dans la Bataille qui l’oppose aux vaillants 6èmes. V. tente vaillamment d’éteindre l’incendie. D’écouter les partis en présence, de laisser la parole aux uns et aux autres. Chaque mot supplémentaire complique le problème.
J’aimerais attraper les mômes par la peau du cou. Leur dire qu’ils sont là pour apprendre. Et que le reste est accessoire. Notre altruisme, notre bienveillance, notre foutu complexe du paladin n’est que decorum. À la fin de la journée, de l’année, tout ce qu’il restera, c’est ce qu’ils auront appris. Intégré. Eux, rien qu’eux. Elle est là, la limite de notre pouvoir.

Limite que je heurte de plein fouet durant le conseil de discipline de Z. Z., venue quatre jours en cours depuis le début de l’année, durant lesquels elle a quand même réussi à insulter deux surveillantes, une élève et une prof. Z. dont la maman est venue au collège pour voir si, par hasard, on n’avait pas aperçu sa fille qui découche depuis deux semaines.
Mais qui ne s’est pas pointée pour le conseil. Ni elle ni Z.
Parodie procédurière. Nous excluons Z. en espérant que ça fera bouger quelqu’un. Qui que ce soit. Le rectorat, le juge, les autorités compétentes. Parce que, comme le soupire Cheffe “Le collège Ylisse ne peut rien pour elle.”

Bières d’après boulot. Retrouver un peu d’envie et de pouvoir dans les mots échangés. 

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