Jeudi 3 décembre

J’aime les transports en commun. Passionnément. Surtout quand je les prends à 7h00 et que ma première heure de cours a lieu à 16h. Mais les réunions obligatoires sont les réunions obligatoires. 

Je me venge donc – une fois de plus – sur les assiettes de délicieuses cochonneries sucrées et entame ma journée “papotons-avec-les-collègues-avant-d’enseigner-deux-heures.”

Journée qui prend un tour aussi chaotique qu’absurde lorsque la porte du garage du bahut décède, sur le coup de midi. Une dizaine de collègues se retrouve coincée, alors qu’ils ont terminé leurs cours. Les gobelets de café s’accumulent, ainsi que l’excitation. M. passe une bonne partie de sa pause à provoquer les malheureux captifs, ce qui lui vaut un gobelet – vide – lancé à la figure par l’habituellement impassible I. qui éclate d’un rire que je ne lui connaissais pas, avant de venir échanger sur les opéras qu’elle a vu en Autriche et les fourmilières artificiels de son fils.

“Ton monde s’arrête là où s’arrête ta connaissance des autres.”

Éclats de voix. Des collègues ont séché la réunion de ce matin. Il leur est sèchement rappelé qu’elle n’était pas dispensable. Casquette de représentant du personnel sur la tête, je tente de faire entendre ma voix à Cheffe Adjointe. Fin de non recevoir. Qu’elle est faible ma voix. Moche et tremblante. Je m’épuise à tenter de la faire vibrer.

Deux heures, deux minuscules heures de cours. Les 3èmes latinistes se coltinent une traduction de Plutarque. Ça réfléchit, ça tourne dans tous les sens, ça tente des choses. J’aimerais que ça dure tout le temps. Émerveillement devant les différences de productions, les nuances, les phrases regroupées ou séparées. 

Et déjà, trop vite, terminé.

Gare de Lyon. Au téléphone, je tente de réconforter quelqu’un.

Même ça, ce soir, je n’y arrive pas.

Journée pour rien. 

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