
Rencontre parents-professeurs.
Ce matin-là est de trop. Pas de spleen ou d’angoisse. Juste une certitude. Là, ça suffit.
Alors, juste, je fais le taf.
Les parents défilent. Ils sont nombreux cette année. Mais les entretiens sont brefs. Efficaces. Je dis ce que j’ai à dire, Pour une fois, mes phrases sont précises, sans franges ni chichis. Mon écoute posée et claire. Je fais du bon boulot, parce que je n’ai pas la patience d’errer.
Retour en salle des profs. Il y a des sourires fatigués. Et des visages que j’adore.
“On se fait un resto ?
– Non.
– Pourquoi ?
– Parce que j’en ai marre.”
Je n’ai jamais été aussi peu agressif de ma vie. Mais il n’y a plus, sous ma peau, un seul centimètre carré pour écrire prof. Alors, je m’enfuis en RER. Avec T. on parle de musique, de Le Corbusier, de menuiserie. À l’appartement, je ramasse doucement les blocs de moi qui trainent. Le soir, je pleure un peu devant le final de la saison 9 de Doctor Who.
La semaine souterraine est passée.