Samedi 2 janvier

Le logiciel de vie scolaire m’indique que dix élèves m’ont envoyé des messages pendant les vacances. Huit d’entre eux concernent le boulot. (et deux autres me souhaitent une “bonne anné”, ce qui n’est pas mal). L’insertion de cette fonction a énormément facilité la communication entre prof et élève, d’autant plus qu’elle se fait dans un cadre extrêmement simple et facile.

“C’est le paradoxe avec ce genre de fonctions ou les réseaux sociaux, soupire une responsable du site Média Éducation que je rencontre dans la soirée. Ce sont des outils extrêmement précieux mais qui leur sont toujours présentés de façon culpabilisante.”

De fait, chaque fois que j’ai assisté à des interventions l’e-identité, ou des emplois de facebook et snapchat en classe, les réseaux sociaux sont décrits comme une annexe virtuelle du Mordor, uniquement destinés à offrir un terrain de chasse aux nouveaux Hannibal Lecter. Et même si je ne nie pas le danger qu’ils peuvent représenter, je ne peux m’empêcher que ce discours est en décalage avec l’expérience qu’en ont les mômes. Comment réussir à apporter un peu de cohérence à cet énorme foutoir que sont les nouvelles technologies ? Le chantier est tellement gigantesque qu’il n’avance qu’à peine, paralysé par son propre poids et le nombre de problématiques soulevées à chaque nouvelle avancée. 
Du coup, comme pour beaucoup d’autres domaines, les profs et les établissements bricolent, chacun à leur façon. 

Soirée très joyeuse, très douce. Quand je prends congé, quelqu’un m’appelle “Monsieur le prof de français”. 

Sans m’en rendre compte, au milieu des rires, je le suis redevenu. Et ça ne me gêne pas.

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