
Mauvaise journée. Je ne suis pas dedans, du coup les mômes non plus.
Il n’y a pas à chercher d’excuses : j’ai bossé correctement sur mes propositions aux élèves, qui ne sont ni plus agités ni plus calmes que d’habitude. Seulement je n’arrive pas à leur vendre le truc, à former le chaos pour qu’ils s’emparent du sujet. Et puis il me manque I. et son enthousiasme, sa curiosité. Sans lui, c’est beaucoup plus compliqué. Mais bon, le bilan tient en une phrase : sur ce coup-là, j’ai été mauvais. Du coup on retombe dans un pataud dialogue profs / élèves avec les bavardages qui vont avec.
À sauver de la matinée : E. vient au tableau pour la première fois depuis deux ans que je l’ai. “M’sieur, pendant les vacances j’avais oublié sa voix.” rigole L.
E. est un monolithe. Petit monolithe, mais monolithe néanmoins. Nombre de collègues se sont cassés les dents à tenter de lui transmettre quelque chose depuis qu’il est arrivé, moi compris. E. ne réagit pas, prend très peu les cours, ne se lance dans aucune activité. J’ai réussi à rencontrer son papa l’autre jour. La même version, mais souriante. Sentiment d’impuissance. Je n’ai plus qu’un trimestre pour trouver la clé et lui proposer un avenir à ce gamin. J’angoisse sévère.
Au moins, aujourd’hui, il est venu au tableau.
Latin, avec les 4èmes. Aujourd’hui, je les fais bosser sur un cours de 3ème génialissime. Et celle qui fait le plus avancer le bazar est O., élève de 5ème, qui suit les cours de latin de 4ème… J’ai quelques mômes mutants, quand même.
Le soir au spectacle avec C. 2 heures autour du thème de la frustration.
Approprié.