
David Bowie est mort.
Je suis triste pour sa famille. Mon égoïsme rage de ne pas m’être penché sur son oeuvre plus tôt, mon confort d’auditeur de ne pas pouvoir lancer une playlist nouveautés à l’effigie d’une nouvelle jaquette de plus ou moins bon goût.
Je suis triste aujourd’hui. Pour David Bowie, je ne le resterai pas.
David Bowie le “chanteur à la voix étrange”. Jusqu’à mes vingt-six, vingt-sept ans. Jusqu’au jour où j’ai compris Bowie. Mon Bowie.
Bowie le prêtre vaudou.
Bowie aux masques, Bowie trop arrogant pour se contenter du petit bout de réalité qui nous est attribué. Bowie merde à la sobriété, à la retenue, Bowie il faudrait s’en tenir à, fuck.
Et parce que j’aime ça, parce que j’ai pour ceux que le monde serre aux pieds une affection démesuré, j’ai surmonté mes appréhensions. Les mélodies qui ne me parlaient pas, l’univers, tour à tour grisâtre ou violemment coloré.
J’ai mis trop longtemps à comprendre : les vertiges de sa musique, l’immense envie de faire. De faire grandir sa musique en explorant celle des autres. Et surtout de ne jamais avoir honte, parce qu’on n’a pas le temps d’avoir honte. Perte de temps.
Je me réjouis de ça. David Bowie, sa musique et sa victoire sur le temps. Finir par Lazare, putain, Lazare, avoir ouvert ces centaines de mondes possibles. Parfois ratés, informes, parfois sublimes. Et un idéal.
Pour Bowie, en 2016, vivre en Bowie. Tenter, touiller, tripatouiller. Quel que soit son boulot ou sa passion. Courir très vite, prendre son élan, sauter.
Il y a un monsieur David Bowie qui est mort aujourd’hui. Il y a des parcelles de sa voix, sa couleur et ses planètes partout où je tourne la tête. Je le respire à pleins poumons, je foule ses terres inventées. Et j’ai le cœur qui pompe, les tempes qui battent. Qu’est-ce que ça vit.
Ok, David. Par où est-ce qu’on commence ?