
Les cinquièmes latinistes sont inquiets, les cinquièmes latinistes ont regardé la télé hier soir :
“Monsieur, c’est vrai qu’il n’y aura plus de latin ? Ils ont dit que c’était parce que c’était éli… él…
– Élitsite.
– Élitiste, plutôt non ?”
H. et E. me regardent avec de grands yeux. E. est totalement perdu, j’en avais déjà parlé, et H. a passé hier les tests de SEGPA. Ils s’éclatent pendant une heure sur l’activité que j’ai préparé et sont parmi ceux qui retiennent le plus facilement leurs déclinaisons.
Cours de cinquième, je joue les acolytes dans la classe de T. Moment de plaisir égoïste à n’être que celui qui aide, sans avoir à être celui qui impulse. Et privilège rare de voir un collègue en train de bosser dans le secret de sa salle de classe. Je crois fermement à la nécessité de venir se rendre visite les uns les autres. Ne serait-ce que pour dédramatiser les moments “cruciaux” que sont les inspections. Apprendre. Et, tout simplement, pour ne pas nous sentir isolés.
Boulot avec les 3èmes autour du texte de Juliette “Aller sans retour” : I lève la main.“Monsieur, la valise à la fin, c’est à la fois une valise mais aussi les souvenirs, c’est ça ? Donc ça peut être deux choses à la fois !
– Exactement.
– Comment c’est possible ?
– C’est possible parce que c’est de la poésie.
– Ouaaaaah !”
Repas du vendredi, les nerfs commencent à lâcher. J’aime bien quand I. est là et décide de péter un plomb. Voir la collègue la plus carrée du bahut balancer des vannes à côté desquelles les miennes paraissent bien sage me fait hurler de rire.
Et puis je me dis qu’I. est ultra solide. Qu’elle craque. Et qu’on a repris depuis deux semaines. De plomb.
16h, je rentre sans la moindre énergie au cours de latin des 4èmes.
“Monsieur, vous avez l’air épuisé ! On peut présenter à l’oral les exposés qu’on a fait sur les gladiateurs ? On en est super fier et comme ça vous pourrez vous reposer !”