
La Nuit Originale parle ce soir des médias et de leur immense pouvoir. Plusieurs fois, le sujet virevolte : “Mais après tout, si tant de productions médiocres existent, c’est bien parce qu’il y a un public qui est demandeur non ?”
Question éternelle de l’oeuf et de la poule : le public créé-t-il des médias abrutissant, ou les médias abrutissent-ils le public ?
Je ne suis pas partisan de multiplier les domaines de savoir abordés à l’école. Mais hélas, je crains que nous n’ayions plus le choix. Je ne supporte plus que N. vient me voir en me demandant si j’ai vu le dernier reportage “à BFMTV”, terme qu’elle utilise en équivalence de “aux infos”. Je ne supporte plus le “On l’a vu sur Internet !” que m’oppose une classe en fin de non-recevoir. Je ne supporte plus non plus le “MonSIEUR, on peut pas utiliser ce renseignement, il vient de Wikipedia et on SAIT que c’est FAUX ce qu’il y a sur Wikipedia !”
Il y a dans ces phrases et dans ces comportements de vrais enjeux de pouvoir. Donner aux mômes les lignes directrices de cette technologie, plutôt que de les borner aux fonctions simplistes de quelques applis sur smartphones est essentiel. Peut-être faudrait-il donner le moyen aux profs documentalistes, les vrais experts sur le sujet, de former les mômes. Sans doute les ESPE devraient-elles appuyer sur cette part de notre métier qui devient de plus en plus preignante.
Une partie de l’avenir se trouve là-dedans. Et il est urgent qu’on y accompagne les mômes.