Mercredi 20 janvier

Cette année, j’ai la chance, l’honneur et le privilège d’être coordonateur de l’équipe de français du Collège Ylisse.

Ouais.

Bon en fait, je dois avouer que ma motivation numéro 1 pour accepter la fonction a été que j’ai pu, pendant un après-midi, hurler d’une grosse voix dans les couloirs “Viens donc là que je te coordonne !” (je sais, j’ai des motivations d’une complexité démentielle). La motivation numéro 2 est qu’absolument personne d’autre ne voulait de la fonction en question. 

Jamais en reste d’une idée débile, j’ai proposé à plusieurs reprises de mutualiser les cours de l’équipe via une dropbox. L’idée est simple : tu prépares ton cours, tu crées un répertoire à ton nom, et tu y flanques tes fichiers, sans ordre précis, l’idée étant de fournir une base à des collègues que ça intéresserait.

Jusque là, il s’agit de l’un de mes échecs les plus retentissants. Et je pense en être le seul responsable.
À bien y réfléchir, la préparation de cours est un boulot extrêmement personnel, j’irais même jusqu’à dire intime. Parce que chacun le fait avec ses méthodes de travail, son langage et bien entendu ses défauts. Je suis le premier à admettre que mes prépa sont un bazar monstrueux. Une fois la “ligne de basse” construite, j’improvise en permanence en fonction des élèves et de leurs intérêts, ce qui fait que la ligne de basse s’enrichit de notes de post-its, de copier/coller améliorés péchés ça et là et de tableaux cryptiques. 

Mon sens de la honte étant cliniquement décédé depuis 1983 (quand je suis tombé de ma chaise haute et que ça m’a dévié la cloison nasale, grosse vente de classe), ce n’est pas le genre de chose qu’il m’angoisse de dévoiler aux yeux du public. Mais je peux comprendre que ce soit le cas pour des gens plus pros que moi.

Il n’empêche. Je pense que l’une des pistes pour une vrai réforme du système scolaire serait une possibilité simple et “non-complexante” de partager le boulot fait chez soi. Parce que quand je vois les cours des neuf dixièmes des collègues, je suis dans un état d’admiration total.

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