
C’est reparti pour la rédaction des bulletins de troisième. À nouveau, impression d’être un interprète à qui l’on demanderait de parler simultanément dans une dizaine de langues différentes.
Il y a le bulletin des parents, dont le regard se focalisera bien souvent sur les chiffres de la première colonne. Le bulletin des futurs lycées, qui cherchera à déterminer si oui ou non, le môme peut intégrer leurs rangs. Le bulletin de la direction : sommes-nous dans les clous du projets d’établissement ? Parlons-nous bien la langue du bahut ?
Et bien sûr, le bulletin de l’élève, sorte de mélange improbable entre affect, envie de réussite et bien sûr de récompenses, ledit bulletin étant souvent la clé d’accès à la PS4 tant convoité ou à ce voyage à Disneyland.
Il y a de petits drames qui se jouent dans ces cases limitées en caractères que je remplis, un mug de thé posé devant moi. Et parfois même de grandes décisions. Rendre l’incroyable complexité de ces chiards en quelques centaines de caractères. Ce n’est pas dans ces feuilles de papier non plus que ce trouve la vérité de leur boulot.
Ou du notre.