Dimanche 10 avril

Et le dimanche on s’évade.

Hitsujiko et Touta sont les enfants du désastre. Par un hasard total, ils se sont retrouvés, tout enfants, échoués simultanément sur une petite île au large du Japon, sur laquelle ils ont passé deux ans.

Retrouvés par le plus grand des hasards, ils retrouvent la civilisation, à laquelle ils se réadaptent doucement. Mais il reste dans leur regard une part d’étrangeté. Ils ne seront plus jamais totalement de ce monde. Hitsujiko ne perçoit plus la réalité de la même façon. Quant à Touta, la musique n’évoque plus rien pour lui. Une région de son cerveau est mystérieusement dévastée.

C’est à travers leurs regards que Soundtrack décrit une lente apocalypse du Japon – peut-être du monde entier – livré à des problèmes qu’il a refusé d’affronter avec courage ou humanité : écologie, crise des migrants, chômage…

Soundtrack aurait facilement pu devenir un roman sociologique : ce n’est pas le cas. Parce que nous suivons l’itinéraire de deux enfants sauvages, les petits ennuis humains prennent une dimension mythologique. Notre civilisation se bat avec des dragons tout aussi terrifiants que ceux d’un passé légendaire. Et nous refusons de nous montrer à la hauteur.

Soundtrack se déploie lentement, tout d’abord, puis de plus en plus vite. Sans jamais juger ou discourir, il se contente de tirer les conclusions mathématiques, impitoyables, de notre façon de vivre.

Et se souvient de la magie.

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