
Aujourd’hui, nous travaillons sur la dictée avec les mômes de l’école ouverte. La kryptonite de beaucoup d’entre eux, et la mienne en tant que prof.
Sans fausse modestie, après huit ans d’enseignements, je sais faire progresser les chiards qui me sont confiés dans pas mal de domaine. Mais la dictée, je n’y arrive pas. Je me perds dans des conseils de bon sens (”Relisez-vous” “Voyez comment les mots et les propositions s’accordent entre eux.” “Prenez l’habitude de lire.”), dont l’inefficacité n’a d’égale que le manque de conviction avec lequel je les énonce.
La dictée reste l’un de ces exercices extrêmement discriminants. Et je ne parle même pas des troubles d’apprentissage du genre dyslexie, qui commencent à être – plutôt bien – pris en compte.
Mais c’est un fait que j’ai constaté : la plupart du temps, les élèves qui s’en sortent en dictée sont ceux qui ont été entourés, depuis toujours. Par des parents concernés et ayant les moyens d’aider leurs enfants, par des bouquins, par des mots.
La dictée est un exercice d’escrime, sur lequel l’esprit peut jubiler, mais son apprentissage ne me semble pouvoir passer que par une imprégnation quotidienne à la langue. Et clairement, à Ylisse, l’imprégnation ne se fait pas.
Du coup je travaille sur la concentration, j’essaye de montrer aux élèves qu’ils n’écrivent pas un mot après l’autre, mais qu’ils insufflent la vie à un grand corps de lettres. Souvent en vain.
Et toi ? C’est quoi ton histoire avec la dictée ?