
Plus qu’un week-end avant de retrouver les mômes.
Et cette sensation dont je ne parviens jamais à me départir, avant une reprise : celle que je ne vais pas savoir comment faire.
J’ignore s’il s’agit d’un mécanisme de défense, de la fatigue ou tout simplement de quelque chose de très banal, mais c’est un fait : j’ai l’impression d’oublier. Je ne sais plus comment mener un cours, comment me positionner avec les élèves. Je ne vais pas trouver le ton juste. Tout le monde me verra pour ce que je suis : un imposteur.
Bien sûr il ne s’agit que d’un fantasme : depuis le temps, je sais qu’en descendant dans la cours, tous les réflexes seront là. Mon champ de vision s’élargira dans des proportions surnaturelles histoire de repérer les mômes qui traînent dans les couloirs, j’aurais sous le bras mon paquet de photocopies et dans ma poche la clé USB avec les documents qui vont bien. Je monterai en classe et me rappellerai où placer ma voix pour les inviter à entrer.
Mais toujours ce vertige : et si, au fond, je n’étais pas un prof ?
Alors, à chaque vacances, à nouveau, s’avancer jusqu’au bord. Et sauter.
En espérant que l’on se rappelle comment déployer ses ailes.