Dimanche 15 mai

Et le Dimanche on s’évade.

Last week tonight est ce que j’aurais aimé que soit le Petit Journal.

Chaque semaine, le britannique John Oliver se penche sur l’actualité et les travers de son pays d’adoption, les États-Unis. C’est avec le flegme des sujets de sa Gracieuse Majesté et la dinguerie de leurs cousins d’outre-Atlantique qu’il égratigne les travers de l’Amérique. En invitant l’acteur Steve Buchemi à danser la claquette sur le plateau, en promouvant l’utilisation du “Drumpfinator” (qui remplace sur internet toutes les occurrences du nom “Trump” par le vrai nom du candidat républicain, “Drumpf”) ou en participant à un concours de géographie pour écoliers.

Alors certes. C’est parfois facile, John Oliver se donne souvent le rôle du gentil chevalier blanc déjanté contre les monstres multinationaux sans coeur.

Mais, contrairement à certains de ses collègues, il y a chez John Oliver (et dans son équipe), un sens de l’éthique et de la recherche tout à fait louable. Il ne se contente pas de brocarder de petites phrases ou un discours modifié grâce à un montage vidéo (suivez mon regard et appuyez sur la touche 4 de votre télécommande), mais prend souvent le temps de recontextualiser ce dont il nous parle avant de dézinguer avec une précision impressionnante.

Et surtout, John Oliver ne ment pas. Il est l’un des représentant de cette vilaine activité qu’on affuble de l’encore plus vilain vocable d’infotainment. Mais il l’accepte. Qu’on apporte les paillettes, les cotillons et un éléphant. Cependant, on peut être un clown honnête, il fut un temps ou le mot de bouffon désignait une activité des plus subtiles. À sa façon, John Oliver le rappelle.

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