
Nous sommes sept à aider J. à la préparation de son oral de l’école de cinéma de la Fémis. Examen blanc, face à nous, elle développe ses idées et ses envies, tandis que nous incarnons le jury.
“On a été très gentils, par rapport au vrai jury.” conclue l’un d’entre nous à l’issu de cet exercice.
Le débriefing, lui, l’est beaucoup moins. Presque inconsciemment, nous nous acharnons à lui désigner les manques, les failles dans son discours, de façon totalement paralysante. Sois plus spontanée mais pas trop. Parle des films que tu aimes vraiment, mais sois objective, évoque ton parcours, mais ne parle pas trop de toi, sois technique, mais pas chiante…
“C’est très français, cette façon de faire.”, rigole E. à la sortie, alors que nous regagnons le métro “À croire qu’on n’arrive pas à dire ce que les candidats savent bien faire.”
Je me demande s’il en est de même pour les élèves qui passent bientôt leur oral d’Histoire des Arts. Ou qui sont interrogés en général. Je commence à comprendre comment pointer leurs faiblesses, et les aider à les combattre. Mais mettre en avant leurs points forts, de façon lucide et efficace, sans basculer dans la démagogie ? Sacré défi.