
C’est avec un léger – et désormais familier – vertige que je me rends
compte qu’il me reste 48 heures pour repasser mon costume de prof, qui
repose quelque part dans la panière à travail, entre un voyage en
Bretagne et une cannette de bière.
Je change totalement de méthode
de boulot en vacances. Je ne ferai pas de mon rythme un axiome, mais je
me sens beaucoup mieux dans mes baskets et nettement plus efficace
depuis que je concentre mon boulot sur les affaires courantes en semaine
(copies à corriger, entretiens, sanctions…) et que je m’occupe de
préparer mes cours le week-end et surtout pendant ces fameux congés.
Renouer
exclusivement avec le côté le plus intellectuel de ce boulot est
essentiel, de temps à autres. C’est une tendance naturelle que j’ai
observée chez moi : à force d’individualiser les cours, de prendre du
temps, de m’adapter à chaque classe, je finis par perdre en exigence. Le
fait de ne plus voir les chiards, de me concentrer uniquement sur des
impératifs didactiques me permet de préparer des cours plus pointus, et,
oui, plus difficiles. Que l’énergie que je puiserai au contact des
élèves me permettra de faire passer. Ne jamais se contenter, c’est ce que les vacances me rappellent.
Parfois, la meilleur façon d’aider les mômes, c’est de ne plus les voir.