Vendredi 18 novembre

Deuxième jour de formation CREA. L’un des exercices : la danse coryphée. Le principe est simple, il suffit de mimer les actions du chef de groupe, l’exécution fort complexe. J’observe les participants dont c’est le tour. Morgane, la fée qui dirige le stage, remarque doucement : “Tout le monde suit le même mouvement, personne ne fait les mêmes gestes. On ne s’ennuie pas en les regardant;”

Je décide que j’ai sous les yeux un aspect de mon idéal de classe. Je crois totalement à la différenciation, au fait que chacun fera avec ses moyens et ses possibilités. Et que ce sera beau. Mais il y a un objectif, un geste à suivre. Et sur celui-là, je refuse de transiger. Je suis sans doute déjà un dinosaure, mais l’harmonie vient de ce but poursuivi par chacun, dans la mesure de ses moyens, avec ses mouvements propres.

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Ça tombe brutalement.

“Tu devrais pas t’en faire pour ta voix. J’ai lu que tu l’aimais pas. Mais t’as une belle voix baryton.”

Je regarde Monsieur Vivi qui a lâché son compliment avec la lassitude particulière qui vient après les bonnes et longues journées. 

Je parviens à attendre qu’il se soit éloigné pour pleurer de soulagement, et de violent complexe anéanti par deux jours de fuite loin du boulot, et un ami.

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