
La fatigue.
Comme chaque année, lourde et poisseuse, à ces quelques jours des vacances. Les bonnes résolutions s’étiolent, les mauvaises habitudes reviennent.
Perte de patience et cris sur J., qui reste, après un trimestre de sixième, incapable de gérer sa prise de parole, que ce soit pendant un cours classique, des travaux de groupe ou des exposés. J. ne veut pas, ne peut pas prendre en compte les conseils. J’ai été jusqu’à lui mettre en place un système d’élèves “tuteurs” qui lui posent la main sur le bras quand il commence à trop s’agiter. En vain. Alors je lui hurle dessus.
Perte de vigilance. Quelques collègues qui baissent les bras et les épaules, je ne m’en rends pas toujours compte. Heureusement, d’autres prennent magistralement le relai, comme T., capable de discerner un souci à un froncement de sourcil, ou M. qui atomise tout vague à l’âme par une répartie modèle char d’assaut.
Perte d’énergie. Impression de passer sa vie au collège. Départ du bahut à 20h-21h, parce que conseils, parce que CA, parce que réunion, parce que remise des bulletins, retour le lendemain dès 7h45. Moins de douze heures hors d’Ylisse et de ses tours, c’est chaud, un peu.
Alors comme d’habitude, pour compenser, je rajoute de la fatigue à la fatigue : en lisant, écrivant, jouant trop tard. Parce que, dans ces moments là, il me reste la nuit pour me reconstruire et rêver d’ailleurs.