
E. ne s’est pas bien comportée durant ce cours des 3èmes A(pocalype), E. a des côtés super attachants mais aussi très pénibles. E. peut se montrer ultra performante mais d’une insolence crasse.
“Elle a vécu des moments pas faciles.” me dit T. alors que nous discutons de l’heure.
Et comme souvent je me pose la question. E. a en effet une histoire personnelle abominable : fuite d’un pays en guerre, adaptation difficile, harcèlement de la part de camarades, mythomanie possible…
Toujours ce dilemme : faut-il s’adapter aux difficultés de l’élève ou lui montrer que le cadre est le même pour tous ?
Ma position oscille entre les deux, avec une préférence pour la seconde solution. Oui, nous sommes des êtres humains, nous les enseignants. Oui, nous la comprenons. Mais E. doit aussi savoir qu’elle évolue dans un monde aux limites fixes, non mouvantes, qui ne s’adaptent pas toujours à elle. Et il n’y a là aucune volonté de rigorisme. Juste l’envie, dans son monde fuyant et chaotique, de lui fixer des contours immuables, contre lesquels elle pourra s’appuyer, et se construire.