
L’année dernière, j’ai étudié le fantastique en projetant à mes élèves “Blink”, l’un des épisodes classiques de Dr Who.
Alors oui. Malgré l’amour démesuré que je porte à cette série, je suis le premier à reconnaître qu’elle appartient davantage à la culture populaire qu’à la culture “classique”. Celle dont, à Ylisse, les élèves sont cruellement dépourvus, celle qui sert de marqueur social, celle que je m’acharne à transmettre de cours en cours. Et bien entendu, la question de la légitimité de ma séance se pose.
Parce qu’on fond, si je prépare cette séance, c’est avant tout pour me faire plaisir.
Mais pas que. Parce que ce cours-là aura particulièrement besoin de légitimité. Parce que je me sentirai obligé de montrer à quel point ce qu’on fronce souvent le nez à nommer culture populaire descend des grands classiques. Sally Sparrow voyage dans une chronologie délirante, parce que la diégèse le permet. Références, intertextualité : le tissu des séries télé sur France 4 est tricoté à partir des concepts que je râle à faire apprendre aux élèves.
Cette étude, une fois l’an ou le trimestre, c’est aussi une leçon d’indépendance : apprendre aux mômes à réfléchir sur ce qui les divertit. Donner un contexte, une ambition.
Et bien sûr, ne pas bouder son plaisir.