
Message de parent d’élève.
“M. Samovar je voudrais savoir si ma fille doit venir en cours jusqu’à la fin de l’année parce qu’on prend les billets d’avion pour les vacances et ca serait plus pratique de partir avant.”
Ce genre de message ou de demande n’est pas rare à Ylisse, où les familles des élèves sont souvent réparties entre deux pays. Au meilleur des cas – au point de vue scolaire – elles font de leur mieux pour se retrouver lors des vacances, en s’accommodant tant bien que mal du calendrier des vacances.
Mais parfois c’est plus compliqué : quand le père ou la mère franchit tout seul la mer, laissant derrière lui la famille aux soins de la plus grande, de plus grand de la fratrie.
Dans ces moments là, je me retrouve démuni. Même mentalement. Laisser le côté humain prendre le dessus sur le côté scolaire ? Laisser tranquille B. qui s’occupe de ses petits frères et soeurs, depuis trois semaines, au détriment de ses devoirs ? S’arranger avec les CPE et la direction pour que les vacances étendues de certains mômes n’empiètent pas sur leur parcours scolaire ou opposer un refus catégorique ?
Je lisais ce matin un article de Daniel Pennac encourageant les profs à enseigner avant tout, écrivant que notre matière peut aider, peut guérir et qu’il ne faut pas chercher plus loin. J’aimerais, je veux y croire. Mais parfois, le monde extérieur fait tellement de bruit que j’ai l’impression que même les rires de Gargantua ne suffisent pas à le couvrir.