Samedi 25 février

Le maire d’Ylisse a porté plainte contre un chroniqueur politique qui a affirmé lors d’un débat qu’Ylisse, ce n’est pas la France, que la loi des caïds y règne et que la police n’ose plus y entrer.

Sentiment de colère, de lassitude, et de déception mêlée. Car ces personnes, dont le discours est largement relayé dans les médias, ne passent finalement leur temps qu’à débiter des platitudes, enrobées dans quelques apparats rhétorique, afin de donner à leurs discours des apparence de profondeur et de “casser” l’interlocuteur. Exactement ce que font nos élèves lorsqu’ils tentent de débattre, la seule différence étant le vocabulaire employé.

Avec le temps, ce ne sont même pas le racisme ou l’instillation perverse de la peur de l’autre qui me navrent dans ce genre de discours, mais tout simplement leur médiocrité. Leur absence totale de curiosité, et donc, finalement, d’efforts pour changer une solution selon eux intenable. 

Oui, Ylisse est une ville complexe, et une forme de violence diablement sexy pour les médias y éclate parfois. Et se repaissent à grandes goulées les chroniqueurs les “polémistes”, comme ils aiment à se faire appeler. Aucun pour chercher à comprendre, et à brandir autre chose que des slogans. Aucun pour, comme le font les adultes du bahut, et la quasi-totalité des citoyens d’Ylisse, essayer d’analyser ce qui, parfois, embrase les voitures. 

Aucun pour que les choses aillent mieux.

En vérité, les flammes sont pour ces gens un cadeau. Et notre indignation une médaille qu’ils portent au veston avec toute la fierté des martyrs en voix de développement, ceux que l’on brime, parce que eux, eux, osent parler.

En effet. À Ylisse nous ne parlons pas. Nous faisons. Nous agissons. Tout les matins, en prenant le RER D et en traversant le grand parking où des voitures sont garées là parfois depuis des années. Ça n’est pas très joli. La caméra ne pourrait pas en faire grand-chose. 

Mais c’est là que se fait l’important.

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