
L’autre jour, sortie scolaire, durant laquelle T. et moi encadrons la 3ème A(pocalypse). En 3ème A(pocalypse), il y a I. et M. Qui, depuis le début de leur collège, ont été trimballées de classes dysfonctionnelles en classes dysfonctionnelles. Elles sont la caution “nos classes sont hétérogènes” d’Ylisse. Deux mômes adorables, cultivées et matures, dont les résultats crèvent perpétuellement le plafond. Qui, en quatre ans, se sont toujours révélées d’une égalité d’humeur parfaite.
Autant dire qu’à Ylisse, personne ne s’en occupe.
Il n’y a pas de raison. Elles n’ont pas besoin de nous. Elles n’ont pas de soucis scolaires, des familles aimantes, des vies pas trop en morceaux.
Je trouve ça un peu triste, parfois.
Alors ce matin-là, parce que nous sommes en sortie, qu’il y a un quart d’heure d’attente avant l’entrée dans la salle et que les élèves sont calmes, on offre à I. et M. un petit cadeau, avec T.
Nous discutons, tous les quatre. Sortant un tout petit peu du costume de l’enseignant, échangeant avec elles des plaisanteries que nous pourrions avoir dans le RER ou à un terrasse. Parce qu’elles le méritent, une fois dans l’année, et nous ont donné maints gages, qu’elles n’abuseront pas de cette ouverture consentie, et qu’elles l’apprécient à sa juste valeur. Nous rions de bon coeur, quelques instants, nous chambrant mutuellement avec gentillesse, un peu à l’écart du reste de la classe. Ouais, pour une fois, les privilégier elles.
On rentre dans le noir de la salle de spectacle.
Et c’est terminé.