Samedi 18 mars

Le conseil de classe des 3èmes Dalek est passé. Pour beaucoup d’entre deux, le bilan a été (en termes nettement plus diplomatiques, mais ce serait faire insulte aux mômes de se dire que là, ils ne comprennent pas l’implicite) : “Non mais tu veux aller en seconde et tu travailles pas en troisième ? Non mais allô quoi ?”

Du coup, une bonne proportion des mômes réagit en mômes et décide de prendre tout un tas de bonne résolution. Comme A., accompagnée de sa copine J. et de R. qui viennent me réclamer une liste de bouquins à connaître “pour la culture monsieur, pas pour le plaisir !” (en fronçant les sourcils).

Je mords l’intérieur de mes joues tant il y aurait à dire sur cette phrase et me lance dans la rédaction de ladite liste. Une petite voix me murmure que c’est peine perdue, que d’ici deux semaines, ces bonnes résolutions se seront envolées.

Peut-être.

Mais l’une des tâches primordiales du prof est peut-être justement de réussir à capter, à un instant précis, une bonne volonté, et de l’enraciner chez les élèves. Les chances de réussite sont minimes. Mais, bossant à Ylisse, ce n’est pas vraiment ça qui me décourage. Faire feu de tout bois, pour les aider : même de leur immaturité, même de leurs doutes, même de leur peu de foi en eux.

Liste il y aura, et elle sera bien rédigée, donnée en début d’heure avec une présentation (”Oui vous avez le droit de faire une fiche de lecture, oui vous aurez une bonne note”), et non pas balancée comme ça entre deux documents administratifs.

Pour les faire accéder au pouvoir des mots, je n’ai aucun scrupule.

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