
Donc aujourd’hui :
– Deux remises de bulletins de parents qui ne pouvaient pas se déplacer samedi. (et qui me posent deux splendides lapins)
– Une réunion
– Quatre (4) heures de cours avec la même classe (Bon, d’accord, les 6èmes Glee, mais quand même…), parce que les collègues ayant participé au voyage en Espagne créent aujourd’hui un grand festival-spéciale-voyage-Espagne avec les 3èmes,, ce qui implique que leurs heures soient prises en charge par des collègues qui, eux, n’ont pas connu les joies de l’ambiance vamos-a-la-playa featuring des ados de 3ème.
– Deux heures de 3èmes Daleks.
Autant dire qu’à la fin de la matinée, je suis déjà épuisé. D’autant plus que, pendant les deux heures de 6ème Glee, un élève de la classe d’en face pète un plomb et décide de contester les injonctions de V., qui lui demande de descendre en Vie Scolaire pour se calmer. Scène surréaliste, durant laquelle V. descend en quatrième vitesse chercher le CPE, pendant que je surveille du couloir sa classe et la mienne, avant que ne remonte le môme en question, que je finis par accueillir dans ma classe, en attendant qu’il soit pris en charge. Autant dire qu’après ça, jongler avec des assiettes tout en construisant un réacteur nucléaire ne me pose que des problèmes minimaux.
Déjeuner avec T. et M. Vivi, qui vouent une bonne partie des 3èmes Daleks aux gémonies. À tel point que je finis par flipper ma race de leur faire cours. Et ça ne s’arrête pas. S. a été totalement blasée, J. insupportable, K. pénible… Je ne peux pas. Je ne peux pas, tout seul, me retrouver face à ces mômes pendant deux heures. Je ne peux pas, je vais me faire bouffer.
Je me retrouve dans les toilettes des profs, le visage baigné d’une sueur froide. La sonnerie a retenti, je dois aller les prendre. Et je retrouve mon corps totalement incapable de faire le moindre mouvement. J’ai le bide en vrac et des spasmes qui m’agitent dans tous les sens façon marionnette.
Putain. J’ai trente-quatre ans et je suis en train de piquer une crise d’angoisse comme un stagiaire.
Je mobilise tout ce que je peux de volonté. Ce n’est rien. Juste de la fatigue. Il est hors de questions que vingt-six mômes mal élevés te foutent dans des états pareils. Tu es plus fort tu vaux mieux que ça. En avant, et marche.
Pendant deux heures, je lutte.
Ils sont intelligents, ces 3èmes Daleks. Mais difficiles. SI difficiles. Blasés de tout. Il faut être ferme et ludique, intransigeant et drôle. Avoir à coeur le cours et ne pas les quitter des yeux. Ils acceptent ce que je leur propose uniquement parce que je ne peux pas faire plus.
Je sors épuisé. Fini la journée à bout de souffle, de course, d’envie. Profonde tristesse. Zéro perspective réjouissante à l’horizon, hormis un cours voyage demain, et des vacances qui permettront de remettre la jauge de ras-le-bol à zéro. Se lever demain sera un défi. La dernière semaine, toujours celle de trop.
Ça n’est que passager. Stagiaire ou vétéran, sois-en persuadé. Et pas si grave que ça. Mais il faut traverser ces océans gris.