Lundi 3 avril

Correction de copies des vacances. Les 3èmes Daleks m’ont rendu leur premier gros devoir sur Antigone. Et comme toujours, je me retrouve dans l’inconfortable position du prof de 3ème. Clairement, cette oeuvre passionne la plupart des mômes, et les activités proposées ont eu l’heur de leur plaire. Du coup, ils ont parfaitement compris les questions, le sujet d’écriture, et même la réécriture n’est pas si ratée.

Il faut se rendre à l’évidence : la moyenne des notes va être très haute. Et ça ne m’arrange pas.

D’abord parce que présenter un 14 de moyenne en français en 3ème, ça ne fait pas sérieux, surtout à Ylisse. Même aux yeux des élèves, ça passe pour un “contrôle bonus”. 
Ensuite, parce que, même si je passe une bonne partie de la correction à expliquer que le brevet de français portera sur un texte inconnu, qu’ils auront sans doute moins révisé, qu’il y aura peut-être des lacunes dans leurs connaissances, les Daleks vont se prendre pour des boss et se mettre en tête que le français est une matière qui ne nécessite pas autant d’effort que les autres.
Enfin, parce que ces notes peuvent être au détriment des mômes. Je me rappelle l’année dernière : M., un gamin adorable, mais qui commençait déjà à en avoir assez de l’école en fin de troisième et qui avait tout à fait le profil pour s’épanouir en pro. La maman, persuadée qu’un bac pro est un bac pour teubés, s’est servie des notes du bulletins, qui étaient correctes, pour le faire passer en générale. Moralité, aux dernières nouvelles, M. n’était pas spécialement heureux – euphémisme – en seconde. 

Du coup, j’ai jusqu’aux vacances pour réfléchir à une autre solution que la facilité habituelle : enchaîner sur des évaluations bien vicelardes, dans lesquelles le par coeur primera sur la réflexion, et qui permettront de niveler un peu la moyenne de la classe.

Je continue à défendre les notes comme manière d’évaluer. Parce que c’est une solution simple et élégante, compréhensible par le plus grand nombre. Mais il serait bon d’arrêter de croire que les nombres peuvent à eux seuls déterminer l’avenir des élèves, de leur faire porter un poids qui n’aurait jamais dû être le leur.

Et puis surtout, j’aime pas les entendre râler, les 3èmes Daleks.

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