
Message d’élève :
“Monsieur, est-ce qu’il y aura encore latin l’année prochaine, parce que j’aimerais faire le latin mais mes parents ils disent que ça n’existe plus le latin.”
Bonne question.
Plus ça va, et plus les cours de latin ressemblent à un cénacle. Isolés dans le temps (deux heures à la suite pour chaque classe, de 16h à 18h), isolés par la catastrophe qu’a été sa réforme (Je persiste à clamer que débuter une langue ancienne sous cette forme est indigne), isolés aussi par ma fatigue et ma flemme : j’en ai assez de devoir aller faire la retape pour une matière battue en brèche, et dont je suis le seul représentant.
La seule chose qui l’ouvre sur le monde, ce sont les mômes qui ressortent, chaque fin de cours, avec la banane et expliquant avec enthousiasme la quatrième déclinaison ou la façon dont les gladiateurs s’éventraient parfois accidentellement “parce que faut arrêter, c’était pas si sanglant que ça !”
Heureusement que j’ai encore ça, parce que c’est pas tous les jours faciles, de maintenir la petite flamme des lettres classiques.