
L’autre jour, N. entre en cours comme à son habitude, c’est à dire en braillant de façon tout à fait joviale (je crois qu’il s’agit de la seule personne pour qui il me faille faire un effort conscient pour comprendre si elle se plaint ou se réjouit) :
“Monsieeeeeur je suis trop contente !
– Oui, je vois. Et puis j’entends aussi. On peut savoir ce qui provoque ce sonore émerveillement ?
– Quoi, elle vous a pas dit, Mme E. ?
– Bah non.
– J’ai eu une super note au dernier devoir ! Pfff vous les profs, vous vous intéressez jamais à nous !”
L’après-midi, nouvelle heure de cours avec N.
“… Et là nous allons revoir les connecteurs logiques, qui vous serviront aussi en Histoire-Géo. Mme B. m’a expliqué que ça vous posait souvent problème donc…
– Olalala, mais les profs ils aiment TROP parler sur nous !
– … Faudrait savoir à un moment non ?
– Oui mais… Euh en fait… les profs ont aimerait qu’ils parlent de nous mais sans qu’on le sache, et qu’ils soient fiers de nous, mais sans demander !
– Qu’on soit télépathes en fait.
– Ben monsieur, si vous vouliez faire un métier facile, fallait pas choisir prof !”
Pas faux.